L’art de la haute joaillerie illustre parfaitement l'adage selon lequel toutes les bonnes choses prennent du temps. Durant la semaine de la Haute Couture parisienne, les grandes maisons ont présenté des bijoux qui représentent le summum du savoir-faire artisanal, offrant aux clients prestigieux, journalistes, stylistes et célébrités une leçon d'excellence dans des suites aux boiseries dorées entourant la place Vendôme.
L'Héritage et l'Innovation chez Boucheron
Le collier Boucheron de la Collection Untamed Nature fait référence au célèbre collier « Point d’interrogation », qui a non seulement remporté le Grand Prix à l’Exposition universelle de 1889 à Paris, mais qui a également libéré les femmes grâce à son design révolutionnaire sans fermoir. Ce collier est sans aucun doute la plus longue pièce de haute joaillerie proposée cette année. Son design ultra-moderne fait directement référence à un modèle d’archive qui n’avait jamais été réalisé jusqu’à présent.
Chez Boucheron, où la mutabilité est reine, la pièce a été pensée pour se porter de multiples façons. À l’image du lierre que l’on bouture, les « cuttings » issus de cette création monumentale donnent naissance à un collier plus court, un ras-de-cou, une broche et un ornement de cheveux.

Cartier : Cohérence, Héritage et Savoir-Faire
La présentation du troisième et dernier chapitre de la collection de Haute Joaillerie En Équilibre de Cartier a été une véritable leçon de cohérence et d’héritage de la marque. Outre ses nouvelles créations, la Maison a exposé des pièces issues du patrimoine Cartier, un trésor légendaire de chefs-d’œuvre couvrant la majeure partie des deux derniers siècles.
Il a fallu 616 heures pour réaliser le collier et 267 heures pour les boucles d’oreilles. 34 diamants blancs parfaitement assortis imitent un ruban de lumière glissant le long de la clavicule.
David Morris : L'Éclat des Diamants Roses
Si le savoir-faire artisanal de David Morris est incontestable, c’est la manière dont la marque met en valeur sa collection de diamants roses « fancy pink » qui distingue ses bijoux haut de gamme. Le directeur artistique Jeremy Morris nourrit une passion instinctive pour les pierres précieuses rares.
Avec ses 41,38 carats, la perle de la bague est la plus grande perle naturelle sphérique du monde. Les boucles d’oreilles Kismet se composent de deux perles, chacune pesant plus de 20 carats, l’une brun grisâtre et l’autre blanche.

De Beers London : L'Inspiration des Canyons
Plus de 193 carats de diamants blancs ronds et taille baguette entourent le diamant bleu et s’enroulent autour du cou de celle qui le porte, à l’image d’une rivière traversant les célèbres canyons de Namibie. Le design modulaire comprend une tiare, un bracelet et un collier en diamants bruts et polis, ainsi que deux pendentifs amovibles qui se transforment en boucles d’oreilles.
Dior : Fantaisie et Excellence
La collection de Haute Joaillerie Belle de Dior illustre la manière dont les obsessions personnelles d’une créatrice - à l’image de la divination - rencontrent l’excellence des savoir-faire pour donner naissance à des pièces à la fois spectaculaires et empreintes de fantaisie.
Graff : Des Créations Mythiques
Le nom de la suite Hero de Graff sied parfaitement à la haute joaillerie, tant les efforts herculéens pour achever leur dernière création frôlent des proportions mythiques. Les artisans hautement qualifiés de Graff ont passé des centaines d’heures à perfectionner cet effet.
Scala di Luce : L'Élégance du Théâtre Milanais
Le célèbre théâtre milanais La Scala a inspiré Scala di Luce, une collection de Haute Joaillerie qui allie la rigueur de l’édifice théâtral à la vivacité des représentations sur scène. L’atelier milanais a travaillé plus de 240 heures pour créer cette parure, entièrement à la main.
Une ligne de 266 diamants taille brillant longe le collier, dont la chaîne s’inspire d’un modèle des années 1970 issu des archives. Le motif central est composé de 13 diamants taille fantaisie, notamment baguette, poire et princesse.

L'Art du Bijou Contemporain : Expression et Questionnement
Ces créations, qui se situent entre le bijou et l’art contemporain, sont l’œuvre de 55 artistes français et étrangers. Parmi eux, Emmanuel Lacoste, influencé par le mouvement du body art, expose des bijoux de langue, un moulage de langue en or fin.
Dans son œuvre « L’or bleu », Aurélie Lanoiselée a retravaillé une grande blouse d’ouvrier indigo avec des broderies, des feuilles d’or posées sur le col et les épaules.
David Roux-Fouillet met à contribution des vers à soie : l’artiste crée une structure-cage dans laquelle il glisse l’insecte qui crée peu à peu son cocon.
On trouve également des bagues et des colliers, plus proches des bijoux que l’on trouve en boutiques. Cependant, « on n’est pas dans le bijou classique, portable », souligne le commissaire de l’exposition Frédéric Bodet. Les artistes « font du bijou un objet de questionnement, sur la métamorphose du corps, sur l’histoire même du bijou », poursuit-il.
Cette exposition est organisée dans le cadre de l’opération « Circuit bijoux » lancée par l’organisation professionnelle des Ateliers d’art de France. Cet événement permet à plus de 400 créateurs de bijoux contemporains de montrer leur travail à Paris, aux Arts Décos, mais aussi dans des galeries et des centres culturels.
Le Monde des Pipes : Artisanat et Passion
La section dédiée à la vente de pipes Andreas Bauer sur Bollitopipe.com met en avant des pipes renommées pour leur qualité supérieure, leur savoir-faire impeccable et leur design élégant. Ces pipes sont fabriquées à la main par les meilleurs artisans, en utilisant uniquement de la loupe de bruyère de haute qualité. Elles sont connues pour leur durabilité et leur résistance à la chaleur, offrant une expérience de fumage unique et incomparable.
Riccardo Pagliarino, pipemaker depuis 37 ans, a développé sa passion pour l'artisanat dès son enfance. Approché de ce monde fascinant à 20 ans par son père, il a commencé à fabriquer des pipes avec les moyens à sa disposition, dans une période d'expérimentation continue. Aujourd'hui, chaque pipe qu'il réalise est le fruit de nombreuses années d'expérience et d'un désir constant d'explorer de nouvelles idées.
Salvatore Amorelli a commencé à produire des pipes en 1982 par passion et a rapidement acquis une grande réputation pour ses pipes d'excellente qualité à des prix raisonnables. Dans son petit laboratoire en Sicile, Salvatore crée des pipes classiques et des séries spéciales telles que "Busbee", "Frac", "Nail", "Ghibli", "Lyra".
L'histoire de Ardour commence en 1911 lorsque les frères Cornelio, Federico et Carlo Rovera décident de produire eux-mêmes des pipes sous le nom de « Fratelli Rovera ». Destinées principalement à l'exportation, la plupart des pipes datant de cette période étaient fabriquées à la machine, laissant un nombre très limité de pièces à la production artisanale.
La section dédiée à la vente de pipes Ascorti sur Bollitopipe.com présente des pipes synonymes d'excellence artisanale, de qualité supérieure et de design distinctif. Fabriquées à la main par les maîtres artisans de la famille Ascorti, elles utilisent les meilleures racines de bruyère et offrent une expérience de fumage supérieure.
William "Ashton" Taylor, après vingt-cinq ans chez Dunhill, a lancé sa propre entreprise en 1983. Ses pipes ont trouvé des admirateurs dans le monde entier, conservant le style classique appris chez Dunhill. Les têtes de ses pipes sont trempées dans de l'huile bouillante pour éviter l'apparition du goût amer.
Le tuyau est une passion pour certains. Après des premières tentatives depuis 1965, c'est au milieu des années 70 que la rencontre avec un buraliste a permis d'apprécier les pipes artisanales. Dans les années 80, les premières expériences autodidactes ont mené à la création de pipes agréables à fumer, à tenir et à regarder.
Les pipes Baldo Baldi se distinguent par une attention obsessionnelle aux détails et des volumes asymétriques inspirés du cubisme et du futurisme. Depuis plus de quarante ans, cet artisan génois sculpte des œuvres d'art appréciées des collectionneurs du monde entier.
En 1968, Svend Bang ouvre sa propre entreprise de production de pipes. Deux artisans danois, Per Hansen et Ulf Noltensmeier, commencent à travailler pour Bang et connaissent rapidement le succès. Le nom "Bang" compte aujourd'hui parmi les dix marques les plus connues au monde.
Les pipes Big Ben sont fabriquées par Elbert Gubbels & Zonen aux Pays-Bas. La famille Gubbels, ayant débuté son activité dans le secteur de la pipe au début du siècle dernier, est aujourd'hui à sa troisième génération de fabricants.
La collection exclusive de pipes BlueBird, un projet de Piero Vitale en collaboration avec Molina, disponible sur Bollitopipe.com, se distingue par son design unique et sa finition à la main, offrant une expérience de fumage distinctive.
L'entreprise Giacomo Bollito, née en février 1958, est aujourd'hui gérée par ses petits-fils, Davide et Daniele Bollito, garantissant continuité, sérieux et passion. Pour célébrer 50 ans d'activité, une pipe de fête a été créée en collaboration avec la prestigieuse marque Castello.
En 1947, Enea Buzzi et son cousin Achille Savinelli fondent une usine à Brebbia pour produire des pipes sous le nom de Savinelli. L'usine est née autour d'une centrale hydroélectrique, l'une des plus connues apparues en Italie en 1890.
En 1953, Enea Buzzi reprend la propriété de Pipe di Brebbia. La première pastille caractéristique est conçue en 1956, portant la marque MPB. Le succès arrive en 1960 avec les concours de fumage lent. En 1968, l'estampille passe de MPB à "Brebbia".
En 1875, Lucien Regad fonde son entreprise. En 1919, Arthur Berrod reprend la direction et l'entreprise devient la société A. Berrod-Regad. En 1951, Jean et Claude Berrod achètent la Société des Pipes Butz-Choquin, une marque née en 1858.
Wilson Wang et ses associés, initialement importateurs et distributeurs de pipes en Asie, ont développé une passion pour les pipes en bruyère faites à la main. Leurs designs se caractérisent par des formes sculpturales inspirées de la nature et de la culture chinoise.
Les pipes Calabash classiques avec des bols en gourde sont réputées pour leur design unique et fonctionnel. Les pipes Calabash en bruyère, célèbres grâce à Sherlock Holmes, sont synonymes de style et de classe.
À partir de 1986, la famille Ascorti reprend le nom de Caminetto et place la marque Ascorti sur les formes les plus libres et imaginatives, et la marque Caminetto sur les modèles classiques.

Accessoires pour Fumeurs et Curiosités
Le site propose une sélection d'accessoires pour fumeurs, incluant des pots à tabac en céramique et cuir, des porte-pipes, des cendriers modernes, et des pipes à tabac vintage. Des pièces de collection et des curiosités, telles qu'un pot à tabac rare de la Maison Longchamp attribué à Jacques Adnet, ou un presse-papier pour pipe en laiton de Carl Auböck, sont également disponibles.
Jean Schlumberger : Le Génie Discret de la Haute Joaillerie
L'histoire de Jean Schlumberger, né en 1907 à Mulhouse, marque l'histoire de la joaillerie du XXe siècle. Fréquentant la jet-set cosmopolite, il a créé des pièces iconiques pour des femmes de goût et d'argent, telles que Jacqueline Kennedy, Audrey Hepburn ou la baronne Philippe de Rothschild.
Après avoir exploré la finance, une filature et une banque, Schlumberger bricole des boutons chez Elsa Schiaparelli. Son briquet en forme de poisson devient l'accessoire fétiche des fumeuses élégantes. Diana Vreeland lui commande un "trophée de vaillance", une broche armure, bouclier, arc et flèches.
Durant la Seconde Guerre mondiale, coincé à Dunkerque, il échappe au siège de la ville et rejoint l'Angleterre. Arrivé à New York avec son associé Nicolas Bongard, il ouvre une première adresse au 745 Fifth Avenue. Il rejoint ensuite les Forces françaises libres, se passionnant pour la réalisation de tapis et de broderies artisanales.
Après la guerre, retour à New York au 21 East 63rd Street. Adoré du Tout-Manhattan, ses bijoux brillent dans les restaurants en vue. L'aventure Tiffany commence en 1956 lorsque Walter Hoving, PDG de Tiffany, lui souffle son nom. Nommé vice-président, Schlumberger révolutionne la maison en y apportant volume, couleur et fantaisie.
Il imagine en 1961 pour le Tiffany diamond un collier en forme d'entrelacs de rubans porté par Audrey Hepburn, avant de poser dessus un oiseau, le fameux « Bird on the Rock ». John Kennedy emprunte l'ascenseur privé pour acheter des bijoux à Jacqueline.
Charles Sterling écrit : « Les diamants, les perles, les rubis sont souvent réunis pour des effets lourds et faciles [...]. Personne, je pense, ne l’a aussi bien compris que Jean Schlumberger [...]. Il a rendu au bijou sa qualité d’objet tridimensionnelle qu’on ne caresse pas qu’avec les yeux, mais aussi avec les mains ».
Jean d’Ormesson écrit : « Les objets de Schlumberger ne doivent pas être seulement vus : ils doivent être touchés et caressés », ajoutant : « Je vois Schlumberger plutôt comme un chorégraphe, un botaniste, même un psychanalyste plutôt qu’un joaillier à la mode ». Botaniste passionné, il imagine pour son amie Bunny Mellon un pot de fleurs en or avec tournesol et feuilles d’émeraudes, ainsi qu'une broche-poisson et une boîte-concombre.
L'architecte Yann Weymouth se souvient de la discrétion de Schlumberger : « Johnny et Luc étaient élégants, toujours impeccablement habillés. Ils s’intéressaient à la nature, la botanique, la cuisine, l’art, à toutes les cultures du monde. Johnny pouvait être chaleureux, mais très secret aussi. C’était un véritable artiste, mais il n’a jamais voulu être une célébrité. »
