Les bijoux antillais sont profondément chargés d'histoire, puisant leurs origines dans les cultures africaines et la période de l'esclavage. Bien que les esclaves n'aient pas porté de bijoux, et encore moins de bijoux en or, les bijoux antillais contemporains portent en eux des significations multiples : signes d'émancipation, d'élégance, de pouvoir et de charme.

L'Évolution des Bijoux Antillais
Les bijoux antillais ont considérablement évolué, fusionnant les traditions avec la modernité. De nombreux bijoutiers de la région, souvent originaires des Antilles, font preuve d'une grande ingéniosité, d'imagination et de créativité. L'apparition de nouveaux modèles, tels que le "ka", témoigne de cette dynamique.
Les Créoles et autres Joyaux Emblématiques
Les boucles d'oreilles, connues sous le nom de créoles, existent aujourd'hui sous diverses formes et tailles. Les bagues, quant à elles, étaient moins fréquemment portées dans le passé, en raison desLaboureurs dans les champs. Le collier "chou", originaire de la Martinique, était porté avec élégance par les "Mabos" ou "Dâs" lors des baptêmes.
Ces différents bijoux peuvent être assemblés en parures complètes, comprenant collier, bracelet, bague et boucles d'oreilles. Certains peuvent être montés sur des pierres noires, ajoutant une touche d'originalité. Les colliers sont parfois portés en plusieurs exemplaires, en sautoirs enroulés autour du cou.

Symbolisme et Identité Culturelle
Les bijoux représentent une part essentielle de l'identité culturelle antillaise. Ils sont portés avec une grande fierté et élégance, marquant l'attachement aux racines et à ce que l'on est. Historiquement, les maîtres et leurs enfants offraient des grains d'or à leurs esclaves préférées en guise de récompense, soulignant ainsi une forme de reconnaissance, même dans un contexte d'asservissement.
La Martinique : Un Cadre Culturel Inspirant
La Martinique, "l'île aux fleurs", avec son paysage varié allant du volcan à la mangrove, et son carnaval animé, est un terreau fertile pour l'expression de la culture créole. Cette culture vivante et métissée se manifeste à travers la musique, la cuisine et les arts. Les bijoux d'inspiration martiniquaise célèbrent cet héritage insulaire, intégrant des motifs de la flore tropicale, des symboles créoles et des éléments marins des Caraïbes. Qu'ils soient portés comme un souvenir ou une déclaration d'appartenance, ces bijoux capturent l'âme chaleureuse et colorée de l'île.
Semaine de l'artisanat : focus sur la création de bijoux
Histoire et Société aux Antilles Françaises
Le Peuplement et la Société Coloniale
Au XVIIe siècle, les Antilles françaises attiraient des nobles, des marchands et des maîtres artisans venus du royaume, ainsi que des travailleurs engagés. Les premiers colons étaient souvent originaires de Normandie et du Nord-Ouest de la France. Au XVIIIe siècle, les Antilles françaises continuaient d'attirer de jeunes gens en quête de fortune et d'ascension sociale, bien que la propriété foncière nécessitât des capitaux importants.
Les Européens nés dans ces colonies étaient désignés par le terme de "créole", les distinguant des colons nés en Europe. L'élite des planteurs sucriers tendait à adopter des pratiques sociales et culturelles européennes, visibles notamment dans leur culture matérielle.
La Culture Matérielle et le Luxe
Le vestiaire masculin du début du XIXe siècle se composait de pantalons en drill, de cravates de soie, de bas et de gilets de satin, complétés par des chapeaux en paille d'Italie pour se protéger du soleil. Le vestiaire féminin privilégiait les robes de soie, les robes montantes, les tissus de moire et les châles de mérinos, bien que peu adaptés au climat chaud et humide.
Les bijoux étaient des ornements indispensables pour démontrer une réussite économique. L'ameublement et les arts de la table reflétaient le désir de suivre les modes venues de métropole et le goût de l'élite pour le luxe. Les demeures des Habitations et les maisons de ville étaient ornées de mobilier garni de marbre, de porcelaine, de cristal et d'argenterie, souvent d'origine française.

Entre Culture Européenne et Adaptation Créole
Éducation, Savoir et Pratiques Religieuses
Les Blancs créoles étaient parfois décrits comme peu intéressés par la culture ou les livres. Cependant, la présence de cabinets de curiosités et de bibliothèques, contenant des ouvrages précieux, permet de nuancer ce constat. Des études révèlent la présence d'ouvrages de droit, de livres des Lumières tels que Voltaire et Montesquieu, ainsi que de romans libertins.
En 1848, la perte de bibliothèques lors d'incendies en Martinique témoigne de l'importance accordée à ces collections par les propriétaires. Ces éléments reflètent les pratiques d'une classe dominante reproduisant les normes élitaires de la société française.
Le contexte caribéen créait une tension avec le respect des normes sociales européennes, particulièrement sensible dans les pratiques religieuses. L'hostilité des propriétaires d'esclaves envers les missionnaires, craignant que l'éducation religieuse n'alimente le désir d'émancipation, est documentée. Le clergé critiquait le peu d'intérêt des planteurs pour la pratique religieuse et leur immoralité.
La piété des épouses de planteurs est également mentionnée, avec une adhésion aux principes de charité chrétienne et des soins prodigués aux esclaves. Cependant, une tension existait entre une pratique religieuse austère, perçue comme européenne, et une pratique plus dévote aux saints et à la Vierge, plus permissive et considérée comme une adaptation créole.
Musique, Langue et Adaptation Matérielle
Cette tension entre culture traditionnelle et culture créole se retrouvait dans la musique, oscillant entre airs à la mode en Europe et airs créoles, notamment ceux des carnavals. Certains témoignages montrent un attachement des enfants créoles à la culture créole partagée avec les descendants d'esclaves, comme les comptines en créole.
La culture matérielle elle-même était soumise à une adaptation locale. Si le mobilier suivait les modes françaises, sa fabrication se faisait sur place avec des artisans et des matériaux locaux, notamment le bois d'acajou.
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