Les Débuts Prometteurs et le Succès des "Georgettes"
La Maison Altesse, forte de son histoire centenaire et labellisée Entreprise du Patrimoine Vivant, a connu un renouveau significatif grâce au succès immédiat des bijoux Les Georgettes dès leur lancement en novembre 2015. En seulement deux mois, 40 000 de ces bracelets fantaisie, personnalisables et au design graphique, surnommés "Manchettes", ont été vendus, atteignant même le poignet de personnalités telles que Brigitte Macron.
Ce succès a été crucial pour relancer la Maison Altesse, qui avait été placée en redressement judiciaire avant d'être reprise en 2015 par le groupe Renaissance. À la tête de ce groupe, Eric Lefranc, un expert en reprise d'entreprises en difficulté, a trouvé dans le secteur de la bijouterie un nouveau challenge pour redonner vie à Altesse.

Le Cœur de la Production : L'Ardèche et un Savoir-Faire Unique
Le cœur de la production de la Maison Altesse réside dans ses deux usines situées en Ardèche, à Saint-Martin-de-Valamas et au Cheylard. Ces sites, fruit du regroupement de deux entreprises créées au début des années 1900 par les frères Marius et Georges Legros, constituaient autrefois le pilier de l'entreprise, employant jusqu'à 1 200 personnes.
Aujourd'hui, les effectifs se sont réduits à 240 employés, hommes et femmes en proportions quasi égales, qui parviennent à produire jusqu'à 50 000 bijoux par semaine. Le savoir-faire de ces ateliers couvre des techniques essentielles telles que le préfilage, le polissage, la soudure, et une spécialité reconnue : le placage. Eric Lefranc souligne la transparence quant aux matériaux : "Les plaques de laiton utilisées pour les manchettes viennent d'Italie mais tout le processus de fabrication et le plaquage est en Ardèche. Ainsi, 90 % de la valeur sont créés dans nos ateliers".
Une Présence Internationale et des Ambitions de Croissance
Les lanières de cuir qui accompagnent les manchettes Les Georgettes proviennent de l'atelier breton de la maison Texier, également acquise par le groupe Renaissance. Actuellement, la gamme Les Georgettes génère un chiffre d'affaires de 24 millions d'euros, représentant 60% des ventes totales de la Maison Altesse. Les 40% restants proviennent des autres marques du groupe, Altesse et GL.
Les bijoux sont distribués en France à travers 70 corners dans les grands magasins et chez 1 500 bijoutiers. À l'échelle internationale, Altesse est présente dans 3 000 points de vente répartis dans 50 pays, incluant l'Europe, les États-Unis, la Chine et le Japon. Eric Lefranc exprime sa volonté de renforcer cette présence mondiale : "On veut reproduire le succès français ailleurs. La première boutique Les Georgettes en propre devrait voir le jour d'ici la fin de l'année à Paris".

Les Défis et les Reprises : Naviguer à Travers les Difficultés
L'entreprise Altesse, fabriquant et distribuant les bijoux de la marque "Les Georgettes", a connu des moments critiques, échappant de peu à la liquidation judiciaire. L'avenir de ce fleuron de la bijouterie fantaisie ardéchoise a été incertain jusqu'à ce que le tribunal de commerce de Paris, fin septembre, choisisse une société dirigée par Olivier Bègue, Laureen Michel et Fabien Royer pour reprendre le fabricant basé au Cheylard.
Cette reprise a été accueillie avec soulagement par les salariés, qui craignaient pour leurs emplois. Nathalie Fioravanti, assistante commerciale avec près de 30 ans d'ancienneté, a exprimé sa joie de conserver son poste, soulignant la difficulté de trouver du travail dans le bassin ardéchois à son âge.
La société Altesse est le résultat du regroupement d'entreprises fondées en 1905 par les frères Marius et Georges Legros. Malgré un savoir-faire centenaire et le label Entreprise du Patrimoine Vivant, la maison avait rencontré d'importantes difficultés une décennie auparavant. Le trio de repreneurs affiche des ambitions, notamment pour le produit phare de la maison, "Les Georgettes".
Pour se désendetter, l'Etat revend son patrimoine et c'est problématique - Documentaire
Le Renouveau de "Les Georgettes" : Adapter la Marque aux Tendances Actuelles
Le nouveau groupe dirigeant souhaite rajeunir l'image de la marque "Les Georgettes", fabriquée par GL Bijoux mais dont la promotion et la distribution étaient assurées par Altesse. Bien que les deux entreprises aient été séparées en 2022, elles appartenaient toujours au même groupe.
"On veut conserver l'essence même des Georgettes tout en lui redonnant un souffle nouveau. Remettre au goût du jour (ces bijoux), qu'ils soient plus liés aux tendances, à l'effet de saisonnalité. On va produire pour 2025, des bijoux plus fins, plus dans l'air du temps", a expliqué Olivier Bègue, Président de la société "Un bijou à Paris".
Le succès initial des "Georgettes" reposait sur le concept de personnalisation : la taille du bracelet, le style, les motifs, et la couleur de la lanière de cuir réversible. Au fil du temps, la gamme s'est élargie pour inclure des bagues et des colliers. La marque, lancée fin 2015, a atteint son apogée en 2019 avec 40 millions d'euros de chiffre d'affaires et 170 salariés.
Impact de la Crise Sanitaire et des Défis Économiques
La pandémie de Coronavirus a marqué un coup d'arrêt au développement d'Altesse, qui avait connu une forte croissance principalement grâce à la marque "Les Georgettes". Le chiffre d'affaires de la société a reculé de 30%, et les ventes à l'export ont été divisées par cinq. Eric Lefranc a souligné les difficultés : "Le Covid a été très difficile pour nous. On a dû notamment arrêter toute la démarche export engagée sur laquelle on avait beaucoup investi. Ça a coïncidé aussi un peu avec le palier de la marque. Sur les dernières années, on avait une décroissance assez forte".
En plus de la pandémie, Altesse, comme d'autres acteurs de la mode et de l'accessoire, a dû faire face à une baisse de la consommation et à l'inflation.
Offres de Reprise et Perspectives Futures
Placé en redressement judiciaire le 30 mai, le fabricant de bijoux Altesse, qui développait et distribuait les bijoux des marques Les Georgettes et les Cadettes, a fait l'objet de plusieurs offres de reprise partielle. Parmi les candidats figuraient des spécialistes du bijou comme Paucot et Coque de Nacre, ainsi que Philippe Sayada.
La société Paucot, active depuis 1950 dans l'horlogerie, la bijouterie et la joaillerie, a proposé de reprendre neuf boutiques et kiosques, ainsi que leurs stocks, pour renforcer son empreinte retail. Coque de Nacre, leader français de l'import-export de bijouterie fantaisie, a proposé de reprendre 35 postes sur 61, ainsi que certains actifs et stocks, pour un montant de 911 000 euros, sans concerner l'activité retail.
Il est à noter que la société Altesse (anciennement GL Bijoux) a été reprise par le groupe Renaissance en mars 2014, suite à une cessation de paiement. Ce groupe est également propriétaire des Ateliers de Vitré (ex-Texier).

tags: #bijouterie #altesse #nice