Le site de Locronan est occupé depuis la Préhistoire. La commune doit d’abord sa renommée et son nom à saint Ronan (loc signifie le lieu consacré en breton) qui se serait installé comme ermite dans la forêt du Nevet au VIe siècle. Locronan s’étend sur le côté nord-ouest de la « montagne », côté le plus humide où surgissent de nombreuses sources. La position de Locronan, en fond de baie de Douarnenez, lui donne accès aux voies du commerce maritime.

Avec le déclin de l’industrie toilière à la fin du XVIIIe siècle, la ville n’évolue pas et se fige, préservant ainsi son caractère unique. Les Petites Cités de Caractère® valorisent le patrimoine, accueillent du public et proposent des animations locales. Tout au long de l’année, prenez le temps de pousser leurs portes, de les visiter et d’y apprécier un certain art de vivre.
L'Église Saint-Ronan : Joyau Architectural
L’église de style gothique flamboyant, classée au titre des monuments historiques en 1845, est édifiée entre 1420 et 1480. Un grand porche permet d’accueillir les pèlerins. L’intérieur, très harmonieux, est couvert de voûtes d’ogives ornées d’hermines et de fleurs de lys. La mise en place en 1480 illustre la Passion du Christ. À gauche du chœur se trouve le retable du Rosaire daté du XVIIe siècle. La chaire à prêcher polychrome, datée de 1707, raconte l’histoire de saint Ronan. À droite de l’église, la chapelle du Penity abrite le cénotaphe, tombeau vide, de saint Ronan.

Elle a conservé ses dispositions d’origine avec son arc diaphragme, séparant la nef du chœur, et un bel ensemble de statues. Son clocheton a été reconstruit au XVIIIe siècle. Les vitraux abstraits et colorés, datés de 1982, sont l’œuvre d’Alfred Manessier. En contrebas, la fontaine-lavoir Saint-Eutrope, financée par un marchand de toile, porte l’inscription « don de I. ».
La Troménie : Une Tradition Vivante
La grande troménie est un pardon de douze kilomètres ayant lieu tous les six ans. Au sommet de la « montagne » de Locronan se trouve la chapelle Ar Zoñj (du souvenir) sur le parcours de la troménie où fut d’abord installée une chaire extérieure de granit en 1887. La chapelle actuelle est édifiée en 1977.

Au cœur du Finistère, la petite cité de caractère de Locronan vous accueille tel un livre ouvert sur l’histoire bretonne. Imaginez-vous déambuler sur les pavés usés par le temps, bordés de maisons en granit si typiques que même le vent semble raconter leur passé. La place centrale, écrin de la ville, est dominée par l’imposante Église Saint-Ronan, joyau architectural où se mêlent art gothique et Renaissance. Ne manquez surtout pas la charmante chapelle du Pénity attenante à l’église. À l’intérieur, laissez-vous conter la légende de Saint Ronan au travers des vitraux colorés et lumineux qui semblent murmurer les mythes ancestraux à ceux qui prennent le temps d’écouter.
Au cœur de la Bretagne, Locronan, ce petit bijou d’architecture qu’on surnomme parfois la « cité de granit », éveille les papilles autant que le regard. Entre ses ruelles pavées et ses demeures historiques, on découvre un patrimoine culinaire aussi riche que son passé. Qui dit Bretagne dit forcément festin maritime. À Locronan, on ne plaisante pas avec la fraîcheur des produits ! Et puis il y a cet or liquide couleur ambre : le cidre breton.
Au cœur de la Bretagne, là où le temps semble s’être arrêté, se niche Locronan, un village d’une beauté à couper le souffle. Premièrement, enroulez-vous dans l’étoffe des légendes et pensez à vérifier les prévisions météo ; la région est connue pour ses caprices célestes. Capturez chaque instant avec votre appareil photo ! Les vieilles pierres du village ont des histoires étonnantes à raconter. Et qui sait ? Locronan est reconnu comme un joyau architectural grâce à son remarquable ensemble de bâtiments datant du Moyen Âge et de la Renaissance.
Locronan, Cité des Tisserands
À partir du XVIe siècle, la place prend l’aspect d’un véritable centre urbain. Les principaux aménagements se font entre le milieu du XVIIe siècle et le début du XVIIIe siècle. Les maisons sont construites en pierre de taille de granit dont les façades symétriques sont surmontées de grandes lucarnes à frontons. La rue du Prieuré, face à l’église, n’est percée qu’en 1875 par la destruction d’une imposante demeure. C’est dans cette rue pentue, animée et populaire, abritant de petits ateliers que vivaient les tisserands. On en comptait cent cinquante en 1750.

Les toiles à voiles et d’emballage, qui équipaient la marine royale française, la marine anglaise ainsi que celle d’Espagne, étaient fabriquées à partir du chanvre cultivé et tissé aux alentours de la cité. Elles étaient ensuite collectées par des marchands et revendues dans les foires. Construite en 1693, cette imposante maison témoigne de la richesse de son occupant. L’exportation des toiles de Locronan était un enjeu majeur.
C’est dans cet édifice, construit en 1669, qu’un officier du roi vérifie, à partir du milieu du XVIIIe siècle, la qualité des toiles avant la vente, puis appose la marque « visité à Locronan ». Les toiles tissées à Locronan sont acheminées par cette rue vers Pouldavid, port d’exportation.
La maison la plus ancienne de la place date du début du XVIIIe siècle, dont le nom est gravé sur le linteau de la porte.
Locronan et les Arts
Locronan a attiré de nombreux artistes grâce à ses paysages préservés. La Maison de Jehan-Prigent, qui abrite le musée, ouvre en 1934. Le bâtiment présente une belle porte en accolade surmontée d’un blason. Un clocheton perce le toit.
Le village est lié à des figures artistiques comme la mère d’Yves Tanguy (1900-1955). Pierre et Jacques Prévert ont également fréquenté Locronan. Mathurin Méheut s'est inspiré de la baie de Douarnenez et de la montagne du Menez Hom.
Sur son bas côté, on peut encore voir la Kroaz (croix) Keben. Le monument aux morts du Porzay, fut bâti en 1907 par Charles Daniélou.
Le maire de Locronan, ministre de la IIIe République et amateur d’art, œuvra pour la préservation de Locronan.
Le Calendrier de Coligny : Une Fenêtre sur le Temps Celtique
Le calendrier de Coligny, ou « calendrier gaulois », est une grande table de bronze trouvée en morceaux à Coligny, dans l’Ain, en France, et datée du IIe siècle. Sa reconstitution a révélé qu'il s'agit d'un calendrier servant à fixer les dates des fêtes religieuses ainsi que les jours fastes et néfastes. C'est une source épigraphique capitale pour la connaissance de l’Antiquité celtique, qui renseigne sur la conception que les Celtes avaient du temps, leurs connaissances en astronomie et la tradition druidique.

En novembre 1897, au lieu-dit « Verpoix » sur la commune de Coligny dans l’Ain, le long de l’antique route de Lugdunum à Lons-le-Saunier, un agriculteur trouve dans un champ ce qui ressemble au contenu d’une hotte dont les fibres ont été dissoutes par le temps. Il découvre également une statue gallo-romaine d'un mètre soixante-dix, fondue entre la fin du Ier siècle av. J.-C. et le début du IIe siècle apr. J.-C. La statue en bronze représente un dieu nu, glabre et chevelu, levant une main droite qui devait tenir une lance. Un hypothétique casque disparu l'identifie à Mars, possible avatar du dieu à la lance Lug.
Les fouilles récentes menées sur les lieux n'ont pas permis de retrouver d'autres fragments. Pour éviter des fouilles sauvages, la zone a été classée. Le calendrier et la statue sont exposés au Musée gallo-romain de Fourvière.
Structure et Organisation du Calendrier
Graphiquement, le calendrier s'organise en 16 colonnes de 8 blocs quinzaines, représentant 62 mois, et non 64. Comme sur d'autres calendriers trouvés à Rome, à chaque jour correspond un trou, où l’on place une goupille pour indiquer la date du jour. Les lettres et chiffres sont gravés en caractères latins, mais la langue est gauloise. Le document comporte environ 2 000 mots, avec environ 130 lignes par colonne, soit environ 2200 cellules : c'est le plus long connu en cette langue.
C’est un calendrier luni-solaire, semblable à tous les calendriers protohistoriques des zones tempérées, depuis la Chine jusqu'à Rome, qui présente un cycle de 5 années de 12 mois de 29 ou 30 jours, chaque mois étant divisé en deux quinzaines.
Les Mois du Calendrier Gaulois
- Riuros (30 jours, matu)
- Giamonios (29 jours, anmatu), hiver
- Simi
- Equos (30 jours, anmatv)
- Etrion (30 jours, matu)
- Elembius (29 jours, anmatu)
- Edrinios (30 jours, matu)
- Cantlos (29 jours, anmatu), chant
- Giamonios (29 jours, anmatu), hiver
- Riuros (30 jours, matu)
- Visonnios (30 jours, matu), mi-printemps
- Aedrinios (30 jours, matu)
Gestion du Temps et Périodes
L’ajout d’un mois intercalaire au début de la première année, et d’un second au milieu de la troisième, soit en fait un tous les deux ans et demi, aboutit au terme d’une période de trente ans, période qui correspond à un « siècle » gaulois de six lustres romains, à un nouveau décalage entre le calendrier lunaire et le calendrier solaire. On compte en effet par rapport à l’année tropique un retard de 4,789 jours par lustre de 5 ans, qui aboutissent à un écart de 28,734 jours par « siècle » de 30 ans. Le siècle gaulois pourrait alors se marquer par l’absence d’un de ces deux mois intercalaires pour rétablir l’alignement avec les saisons, ce qui s’accorderait avec l’inscription sonnocingos - traduite par « course du soleil », composée de sonno « Soleil » et cing- « courir, marcher ».
Les mots « matu » (issu du celtique *matos, breton mad) et « anmatu » (*an, marque du contraire) indiquent certainement les périodes (jours et mois) fastes et néfastes. Le mois d’Eqvos, noté « anmatv », rompt la régularité de l’alternance. Les fragments sur lesquels étaient inscrits trois des cinq occurrences de ce mois n'ont pas été retrouvés. Sur les deux qui l'ont été (années 1 et 5), Eqvos compte 30 jours. Une série de notations de jours (« ivos ») comptent en effet un nombre variable de jours, de 5 à 9. Or ce « ivos » est allongé de 2 jours la seconde année autour du mois « Eqvos » incomplet.
Le nycthémère gaulois, appelé « latis » (pluriel « lates »), se compose d’une nuit suivie d’un jour, et non l’inverse. Les mois sont divisés en deux quinzaines numérotant les jours de un à quinze, ou quatorze pour la seconde. Chaque quinzaine est séparée par le mot « atenoux », qui a été envisagé comme un « ateno VX », au sens de nouvelle quinzaine (en breton, gallois et irlandais quinze, XV, se dit cinq dix, VX) ; cependant la numérotation du dernier jour de chaque quinzaine est notée "XV". Ce mot a d'abord été compris comme désignant la pleine lune, mais Pline l'Ancien indique que les Gaulois démarrent leur mois le sixième jour de la lune montante, ce qui correspond au premier quartier.
Les mois de vingt-neuf jours se terminent par une indication « divertomv » qui signifie peut-être sans ultime, sous entendu sans jour ultime.
Fêtes et Rituels
La fête de Samain, Samonios en gaulois ou Trinox samoni (les « Trois nuits de Samonios »), se passe lors des trois premières nuits de la deuxième quinzaine du mois, marque le début de l’année gauloise. Cette identification de Samain sur le calendrier de Coligny autorise d'y projeter aux jours notés « ivos » les autres fêtes traditionnelles, celles dont les moines irlandais ont transmis le souvenir dans leurs efforts de christianisation, Beltaine, Imbolc, Lugnasad, aussi bien que celles dont les ethnologues ont retrouvé les traces, Eginane (« Au gui l'an neuf! »), douze jours suivant le solstice d'hiver, ou Calan haf au premier mai.
Cependant, le calendrier de Coligny démontre que c'est une erreur de vouloir fixer les dates de ces fêtes sur le calendrier solaire. Parce que calculées à partir de cycles lunaires, elles y étaient mobiles, comme l'est Pâques. La troménie de Locronan n'est pas le moindre exemple d'une christianisation d'un rituel fixé par un calendrier semblable à celui de Coligny. Son déroulement sextennal lui-même est une projection, dans un paysage composé d’une vallée ombrée et d’un coteau situé au midi, de la représentation résumée du cycle alterné de l’année luni-solaire telle que la décrit le calendrier de Coligny.
À plusieurs endroits du calendrier figurent des marques constituées de trois traits verticaux, dont l'un, plus long que les deux autres, est barré. Leur signification est inconnue mais elles notent vraisemblablement un évènement, fête ou cérémonie, dont la date se décale d'un lustre à l'autre. Trois lustres faisant un « demi-siècle » (soit une période de quinze ans), il est possible que les évènements notés par ces triples hastes aient servi également de repère pour l’année en cours dans le « siècle » gaulois, de la même façon qu'un eqvos de trente jours ou qu'un mois intercalaire permettent de situer l’année dans le lustre.
Contexte Historique et Archéologique
La graphie latine et les artefacts trouvés alentour indiquent un contexte gallo-romain de la fin du IIe siècle apr. J.-C., époque retenue pour dater la fabrication du calendrier. Cette date tardive est corroborée par la répugnance des druides à consigner leur savoir par écrit. La contextualisation archéologique à partir d'autres fragments de calendriers (sites du lac d'Antre sur la commune de Villards-d'Héria, d'Andésine, de Bibracte) révèle la résilience des conceptions religieuses celtiques dans la Gaule romaine.
La complexité du calendrier dénote de bonnes connaissances astronomiques, ainsi qu’une lente élaboration, probablement en plusieurs phases. Dès sa découverte en 1897, le calendrier de Coligny est reconstitué par Paul Dissard, conservateur de musée. Cette première publication fait connaître le calendrier aux spécialistes de la langue et de la civilisation celtiques. L'année 1920 voit la première transcription complète des inscriptions figurant sur le calendrier. Les années 1970 et suivantes voient une nouvelle reprise de l'approche scientifique.
Les recherches scientifiques menées sur le calendrier de Coligny ont donné prise à la récupération de ces données par différentes associations astrologiques et mouvements néo-druidiques. Certains ont tenté de mettre à jour ce calendrier, et de s'en servir pour renommer les jours et mois du XXIe siècle.