Un passage piéton, parfois appelé passage clouté, est une partie de la route spécialement aménagée pour permettre aux piétons de traverser la chaussée en toute sécurité.
Ces zones sont généralement positionnées à des intersections, mais peuvent également être créées à d'autres endroits où la traversée pourrait s'avérer dangereuse, notamment à proximité des écoles ou des lieux fréquentés par les enfants.
La matérialisation des passages piétons varie en fonction du trafic routier. Pour les routes à faible circulation, une simple signalisation horizontale (marquage au sol) peut suffire. Cependant, dans les zones à trafic important, les passages piétons sont souvent accompagnés de panneaux lumineux à diodes ou de lampes clignotantes, et dans certains cas, l'activation d'un panneau peut nécessiter d'appuyer sur un bouton. Pour les routes à très fort trafic, des solutions alternatives telles que des passerelles ou des tunnels piétonniers peuvent être aménagées.
Des marques spéciales, généralement des bandes, sont apposées sur le revêtement routier pour informer les piétons et inciter les automobilistes à ralentir. Ces marques peuvent différer d'un pays à l'autre.

Histoire et évolution des passages piétons
L'idée d'aménagements pour faciliter la traversée des piétons remonte à l'Antiquité. Des passages surélevés pour piétons existaient déjà il y a plus de 2 000 ans, comme en témoignent les vestiges de la ville romaine de Pompéi.
Le premier signal lumineux destiné à réguler la circulation des piétons est apparu en décembre 1868 dans la rue Bridge Street à Londres. Conçu par l'ingénieur ferroviaire John Peake Knight, ce signal initialement constitué d'un sémaphore articulé manœuvré par un policier, visait à améliorer la sécurité des piétons. Par la suite, des lumières vertes et rouges ont été ajoutées pour assurer la visibilité nocturne, alimentées par un éclairage au gaz.
Au milieu du XXe siècle, les passages piétons étaient connus sous le nom de "passages cloutés". En France, après des expériences de passages matérialisés par des bandes rouges en 1923, l'utilisation de gros clous plats en cuivre puis en acier forgé, d'environ 10 cm de diamètre, s'est répandue en 1925. Ces clous, inventés par François Forissier, étaient conçus pour refléter la lumière des phares et étaient plantés entre les pavés des chaussées. Cette mesure, initialement adoptée à Paris, s'est progressivement généralisée en province.
Les premiers passages zébrés semblent dater de 1949 et leur généralisation a été facilitée par le remplacement des pavés par des surfaces plus planes comme l'enrobé et le béton, ainsi que par les avancées dans les techniques de peinture.

Réglementation et sécurité
La réglementation concernant les passages piétons évolue pour renforcer la sécurité des usagers les plus vulnérables. En Belgique, par exemple, le concept de trottoir traversant a été introduit. Initialement, les conducteurs devaient céder le passage aux piétons déjà engagés sur la chaussée. Depuis 2011, cette obligation s'étend aux piétons "s’engageant régulièrement", c'est-à-dire ceux qui manifestent clairement leur intention de traverser, même s'ils n'ont pas encore quitté le trottoir.
Le mot "régulièrement" souligne que le piéton doit s'assurer que la distance le séparant des véhicules est suffisante pour permettre leur arrêt. En ville, à 50 km/h, une distance de 30 mètres est considérée comme appropriée.
Une autre modification importante, introduite en 2011, stipule que les conducteurs doivent également céder le passage aux piétons qui "manifestent" clairement leur intention de traverser, par leur posture (être près du bord, regarder la circulation, etc.).
Le non-respect de la priorité au passage piéton peut avoir des conséquences graves, allant jusqu'à la mort du piéton. En France, une proportion significative des piétons tués en milieu urbain le sont sur un passage piéton. Les sanctions pour le conducteur comprennent des amendes, la perte de points sur le permis de conduire et des peines de suspension du permis.
La loi Mobilités, promulguée en France le 24 décembre 2019, interdit tout stationnement (à l'exception des vélos) à moins de 5 mètres d'un passage pour piétons. Cette mesure vise à garantir la visibilité des piétons, notamment des enfants, et à prévenir les accidents.

Marquage et aménagement des passages piétons
Le marquage réglementaire des passages piétons, conforme aux arrêtés en vigueur, comprend généralement des bandes rectangulaires blanches parallèles à l'axe de la chaussée. En ville, la longueur minimale de ces bandes est de 2,50 mètres, tandis qu'en campagne ou dans les traversées de petites agglomérations, elle varie de 4 à 6 mètres. La largeur des bandes est de 0,50 mètre, avec un espacement de 0,50 à 0,80 mètre entre elles.
Au droit des passages pour piétons, des "abaissés" de trottoir, également appelés "bateaux", sont aménagés pour faciliter l'accès.
La matérialisation des passages piétons peut être réalisée par un marquage additionnel ou, en milieu urbain éclairé, par la constitution de la chaussée elle-même, par exemple avec des pavés. Dans ce dernier cas, la rétroréflexion n'étant pas obligatoire, les pavés peuvent être utilisés.
Pour signaler le danger potentiel d'une traversée de route, des bandes d'éveil de vigilance, constituées de surfaces podotactiles, sont disposées en limite du passage piéton. Ces surfaces sont reconnaissables au toucher, permettant ainsi aux personnes aveugles ou malvoyantes de détecter la présence du passage.
En Suisse, les passages pour piétons sont jaunes.
Avant certains passages piétons, une ligne interdisant l'arrêt, généralement jaune et continue, d'une longueur d'au moins 10 mètres, est marquée parallèlement au bord droit de la chaussée. Cette ligne interdit tout arrêt volontaire sur la chaussée et sur le trottoir adjacent.
Des signaux spécifiques, tels que le signal "Emplacement d'un passage pour piétons" (4.11) et le signal "Passage pour piéton" (1.22), alertent les conducteurs de la présence d'un passage piéton, notamment lorsqu'il n'est pas immédiatement visible en raison d'un virage, d'un dos d'âne, ou lorsqu'il se trouve sur des routes à trafic dense et rapide.

Statistiques d'accidents impliquant des piétons
Les statistiques d'accidents mettent en évidence la vulnérabilité des piétons, en particulier sur les passages dédiés. En France, en 2019, 25 % des piétons tués en un lieu connu ont perdu la vie sur un passage piéton. De plus, 46 % des piétons impliqués dans un accident en un lieu connu l'ont été sur un passage piéton.
Au Royaume-Uni, bien qu'il soit légal pour un piéton de traverser la rue n'importe où, il est fortement recommandé d'utiliser les passages piétons lorsqu'ils sont disponibles.