En bijouterie et en orfèvrerie, le poinçon argent, également appelé poinçon de garantie, est un cachet apposé par un bureau de garantie après un contrôle sur les bijoux et ouvrages en métaux précieux. La marque est appliquée sur les ouvrages neufs par l'orfèvre à l'aide d'un outil spécifique appelé pointeau.
La plupart des objets et bijoux en argent portent un poinçon de titre argent qui permet de reconnaître le type d'alliage et de garantir la pureté de l'argent utilisé pour leur fabrication. L'apposition d'un poinçon argent certifie la qualité. Apposé par les douanes françaises, le fabricant ou l'importateur, il authentifie les bijoux en argent véritable et les pièces d'argenterie de plus de 30 grammes, c'est-à-dire les objets de grande taille.
La forme du poinçon lui-même revêt une signification. En plus des poinçons de garantie déterminant le titre, les orfèvres peuvent apposer leur propre poinçon de maître, souvent sous forme de losange avec une gravure. Les lettres à l'intérieur de ce poinçon représentent alors la marque de l'artisan.
À titre d'exemple, la maison Christofle fabrique exclusivement des objets en argent plaqué et non en argent massif. L'Angleterre, quant à elle, possède ses propres poinçons de garantie, tels que ceux pour l'argent sterling. Tous les autres pays utilisent des systèmes de poinçons argent similaires, indiquant le titre de l'argent. Ainsi, un poinçon argent 925 signifie que l'objet est fabriqué à partir d'argent à 92,50%.
Il est souvent nécessaire d'utiliser une loupe pour distinguer correctement les poinçons, car ils sont généralement de seulement deux ou trois millimètres et presque invisibles à l'œil nu.
Le poinçon argent peut être apposé sur les couverts en argent, cuillères ou fourchettes d'une ménagère en argent massif de fabrication française, généralement sur la face juste au-dessus du manche. Pour les fabrications anglaises, il se trouve au dos des manches.

Une Histoire Ancrée dans le Contrôle de Qualité
Le contrôle des pièces d'orfèvrerie remonte au Moyen Âge. En 1275, Philippe le Hardi a demandé à chaque ville d'apposer un poinçon sur les pièces d'orfèvrerie produites localement. Cependant, c'est depuis 1672 que les réalisations des orfèvres font l'objet d'une réglementation nationale. Les inscriptions ont été simplifiées à partir de 1798, suite à la Révolution française.
L'orfèvrerie regroupe les objets créés à partir de matériaux précieux comme l'or ou l'argent. En 1275, un système de poinçons est mis en place pour contrôler le titre des alliages et éviter les fraudes. Pour l'argent, il existait initialement un poinçon unique, le poinçon de ville.
En 1355, il est devenu nécessaire d'ajouter un deuxième poinçon comme signature du maître orfèvre. Ce poinçon d'orfèvre se compose des initiales de l'orfèvre.
Le poinçon de ville a été remplacé par le poinçon de communauté ou poinçon de jurande au XVème siècle et ce, jusqu'en 1676. Il représentait une lettre-date qui changeait chaque année de typographie et de lettre couronnée.
En 1674, Colbert a mis en place un système à quatre poinçons, ajoutant au poinçon de communauté et au poinçon d'orfèvre, le poinçon de charge et le poinçon de décharge.
- Le poinçon de charge était apposé pendant la fabrication de l'objet pour engager l'orfèvre à s'acquitter de la taxe sur les métaux précieux. Il consistait en une lettre couronnée dont la graphie changeait à chaque modification du Sous-Fermier Général chargé du recouvrement de l'impôt. Chaque lettre correspondait à une ville, permettant de connaître aisément le lieu de fabrication de la pièce. Les poinçons de charge représentaient la lettre monétaire de la ville (par exemple, « A » pour Paris et « K » pour Bordeaux).
- À la fin de la fabrication, le poinçon de décharge prouvait que l'orfèvre avait bien payé l'impôt. Il s'agissait d'un symbole qui changeait régulièrement et dépendait également du poids de l'objet.
Ce système a persisté jusqu'à la Révolution française, où il fut aboli, tout comme le système de corporation et la taxe sur les métaux précieux. Durant la période révolutionnaire (1789/1791 - 1798), il n'y a plus eu de contrôle du titre du métal, ce qui a conduit à de nombreux abus et fraudes, ainsi qu'à des productions de moindre qualité. Une tentative de contrôle par l'Association des Orfèvres a été notée.

L'Ère des Bureaux de Garanties et des Nouveaux Symboles
En 1797, le Directoire a imposé des contrôles, et les bureaux de garanties ont remplacé les jurandes, qui existent toujours aujourd'hui. Ainsi, de 1798 à 1809, le poinçon de titre a connu deux variantes :
- Un coq avec la tête tournée à gauche, précédé d'un chiffre 1, garantissait le premier titre (95% d'argent).
- Un coq combattant, suivi du chiffre 2, correspondait au deuxième titre (80% d'argent).
Le poinçon de garantie prenait la forme d'une tête de vieillard de face dans un ovale pour la "grosse garantie".
De 1809 à 1819, le poinçon de titre est resté un coq, communément appelé "deuxième coq". Les productions parisiennes comportant au moins 95% d'argent (le 1er titre) portaient un coq tourné vers la droite dans un encadrement octogonal horizontal à double listel et avec le chiffre 1 en bas à droite.
De 1819 à 1838, le système des trois poinçons a persisté sans changement majeur concernant le poinçon d'orfèvre. Cependant, le poinçon de Paris pour le 1er titre est devenu une tête de vieillard (dit aussi "Michel Ange") tournée vers la droite avec le chiffre 1, le tout dans un octogone. Pour le 2ème titre, il s'agissait d'une tête de vieille femme tournée à droite, avec le chiffre 1 à gauche.
Les poinçons de garantie variaient alors selon la taille de l'ouvrage.
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La Simplification et la Modernisation des Poinçons
Une simplification du système des poinçons a eu lieu en 1838, passant de trois à deux poinçons :
- Le poinçon d'orfèvre, toujours dans un losange depuis 1797.
- Un poinçon unique fusionnant le poinçon de titre et de garantie, qui faisaient double emploi.
C'est à cette période qu'est apparue la fameuse tête de Minerve pour les gros et moyens ouvrages. Pour les petits ouvrages, on trouvait une tête de sanglier (en vigueur jusqu'en 1962 pour Paris) ou un crabe (toujours en vigueur pour les départements).
Pour les gros et moyens ouvrages, la Minerve du 1er titre se plaçait dans un encadrement octogonal, tournée vers la droite, avec le chiffre 1 devant son front. La Minerve garantissant le 2ème titre figurait dans un rectangle aux grands côtés arrondis, également tournée vers la droite.
Les derniers changements significatifs ont eu lieu en 1973. À cette date, le premier titre est passé de 950 à 925 millièmes. La Minerve 1er titre a changé d'aspect, le chiffre 1 passant de devant le front en bas à gauche. De plus, une lettre a été ajoutée sous le menton pour faciliter la datation des pièces, changeant par ordre alphabétique tous les 10 ans, commençant par le "A" de 1973 à 1982.
Les Principaux Types de Poinçons Argent
Il existe plusieurs types de poinçons argent qui permettent d'identifier les ouvrages en argent massif, les symboles et les chiffrages.
Les Symboles des Poinçons
Les poinçons argent suivants sont utilisés pour certifier l'origine et les caractéristiques des pièces fabriquées en argent massif :
- Le poinçon Amphore : dédié à l'argent 999/1000ème.
- Le poinçon tête de Minerve : pour distinguer l'argent 925/1000ème (1er titre).
- Le poinçon tête de Minerve : poinçon de 2ème titre, pour l'argent 800/1000ème.
- Le poinçon cygne : destiné à l'argent de moins de 500/1000ème.
- Le poinçon crabe : pour l'argent 800/1000ème (souvent utilisé pour les objets importés).
- Le poinçon tête de Sanglier : servant d'identification à l'argent 500/1000ème.
- Le poinçon lion : pour l'argent 925/1000ème (souvent associé à la Grande-Bretagne).
- Le poinçon britannia : pour l'argent 958/1000ème (souvent associé à la Grande-Bretagne).
Dans la mesure où l'ouvrage a été créé avec un alliage d'argent et d'autres métaux comme le cuivre et le zinc, il est courant d'observer une ou deux barres obliques sur le poinçon argent.

Le Chiffrage des Poinçons
Comme les symboles, le chiffrage des poinçons argent est un moyen de garantie de la pureté du métal précieux. Il se place directement dans le poinçon et permet de définir la teneur en argent du bijou et de l'objet :
- Le chiffre "1" signifie poinçon de 1er titre, indiquant un alliage d'argent à 925/1000.
- Le chiffre "2" correspond au poinçon de 2ème titre, désignant l'argent 800/1000.
Le Poinçon de Maître et les Marques Spécifiques
Le poinçon de maître est propre à chaque orfèvre ou fabricant. Il est apposé par l'artisan bijoutier-joaillier et sert de signature. Traditionnellement, il prend la forme d'un losange complété de ses initiales et d'un symbole choisi par lui.
La Maison Christofle, par exemple, a utilisé différents poinçons au cours de son histoire. Le poinçon à la balance a été utilisé par la Maison Christofle de 1844 à 1935. Pour identifier des collections particulières, d'autres poinçons ont été employés, comme le coq pour la collection Gallia et la tête de chat pour les pièces réargentées ou redorées.
Depuis 1983, la France a normalisé les poinçons dits de qualité pour les ouvrages en métal argenté et doré, garantissant l'épaisseur du métal précieux déposé sur l'alliage. Ces poinçons sont de forme carrée avec l'indication de la qualité en chiffres romains : I ou II.
Le "poinçon millesimé" est propre à la Maison Christofle et se présente sous la forme d'un losange dans lequel se trouve une lettre ("A" pour le XIXe siècle, "B" pour le XXe siècle, "C" pour le XXIe siècle) entourée de chiffres indiquant la décennie.
Nos bijoux Boho Stones sont poinçonnés de notre poinçon de responsabilité, aussi appelé poinçon de fabricant. Il représente des cercles entrelacés et les initiales de la créatrice, et est enregistré auprès du Service Garantie du Bureau de Douane.
Les bijoux en or de plus de 3 grammes et ceux en argent de plus de 30 grammes reçoivent, en plus du poinçon de garantie de l'État, un poinçon de responsabilité apposé par le Service Garantie, qui contrôle le titre de l'ouvrage.
Identifier les Poinçons Argent : Un Guide Pratique
Le poinçon argent est le plus souvent invisible à l'œil nu, mesurant à peine 2 ou 3 millimètres. Pour le distinguer, il convient d'utiliser une loupe.
Sur les couverts et pièces d'argenterie ancienne, le poinçon argent est généralement apposé sur la face des cuillères ou des fourchettes en argent massif pour les ouvrages de fabrications françaises. Sur les couteaux, il prend place sur la lame ou le manche. Pour les plats, la marque est souvent gravée en dessous ou en bordure.
Le métal argent pur, surnommé "argent fin" avec un taux de pureté à 99,9%, n'est proposé que sous forme de lingots ou de plaques et ne dispose pas de poinçon, le titre étant déjà apposé. De même, pour les pièces en argent de fabrication française composées d'argent 680 ou 900 millièmes, aucun poinçon ou inscription mentionnant sa composition n'est présent.
Il est important de rappeler que le marquage est exclusivement réservé aux gros ouvrages. Les objets de petite taille, de moins de 30 grammes, tels que les bijoux en argent, sont généralement exemptés de poinçons de garantie.
Lors de l'évaluation de vos bijoux précieux avant une éventuelle vente, un expert utilisera une loupe pour reconnaître et authentifier le poinçon présent sur chaque objet, analysant ainsi sa composition et son origine.