Les recherches visant à identifier ou vérifier des poinçons sur des pièces de joaillerie, souvent initiées à la demande de lecteurs, peuvent s'avérer utiles pour un public plus large. Ces marques, véritables signatures des créateurs, témoignent de l'histoire et du savoir-faire des artisans.
Poinçons de célèbres maisons et fabricants
Certains poinçons appartiennent à des maisons joaillières de renom, dont l'histoire est jalonnée de créations exceptionnelles.
Maison Marchak
La maison Marchak a vu passer plusieurs fabricants marquants. Le poinçon de Samuel Manassevitz, l'un des fabricants pour la maison Marchak, est difficile à identifier, souvent réduit à "S.M." et un sabot. Il débuta à Caluire, dans le Rhône, résidait à Paris en 1914 au 31 rue Sébastien, puis retourna à Lyon en 1818. Il était spécialisé en petite joaillerie : bagues dormeuses, barrettes, épingles de cravate.
Actuellement, la maison Marchak a été reprise par Madame Dominique De Blanchard et Maître Grégoire Marchak.

Cartier
La prestigieuse maison Cartier possède également ses poinçons distinctifs. Les recherches ont permis d'identifier des poinçons de Cartier, y compris celui des Must de Cartier datant de 1973.

Dusausoy et Albert Chapillon
Un bracelet extraordinaire de la maison Dusausoy présentait un poinçon de fabricant difficile à identifier. Il s'est avéré que le créateur de ce bracelet, capable de 27 combinaisons différentes, était Albert Chapillon et Cie. Albert Chapillon a inscrit son poinçon en 1920. Son atelier était situé à Nanterre, puis à Paris, rue de Cléry et enfin rue du Temple. Son poinçon comportait une fourmi, les lettres "C.A." et "&Cie". La maison fut reprise par Marcel Albert en 1925, date à laquelle le poinçon fut biffé.
La maison Dusausoy est également connue pour ses coffrets de clips joailliers, dont un ensemble de quatre clips en or gris, platine et diamant, pouvant former 28 combinaisons, fut acquis par Andy Warhol.

Les frères Bellin
Jean et Pierre Bellin, joailliers reconnus internationalement, sont associés à un poinçon portant les initiales J.B. et une roue à 10 branches. Ils étaient installés au 16 rue d'Aguesseau à Paris. Sotheby's a d'ailleurs revendu une pendule des frères Bellin.

Georland
La SARL Georland, située rue Danielle Casanova à Paris, était un grand fabricant. Son poinçon se caractérise par la lettre "G" accompagnée d'une corne d'abondance. La société a malheureusement été mise en liquidation en 2013.

Falize
La maison Falize a laissé plusieurs poinçons notables. Le poinçon de Bapst & Falize, ainsi que ceux de Falize Frères, sont documentés. Le poinçon de Lucien Falize en 1892 a également été décrit.

Halphen
Le poinçon de Halphen, orfèvre installé en 1854 rue de Valois au Palais Royal, est attesté. Halphen est cité parmi les contributeurs généreux de l'Exposition universelle de 1867, ayant abandonné le dividende au Musée des arts décoratifs. Sa veuve a continué l'activité en 1877.

Poinçons de joailliers et leurs caractéristiques
Au-delà des grandes maisons, de nombreux joailliers indépendants ont marqué leur œuvre par des poinçons uniques, souvent associés à des symboles personnels.
Les Candas : Jacques et André
Le poinçon de Jacques Candas, grand joaillier ayant travaillé pour de prestigieuses maisons françaises et suisses, est difficile à photographier. Son poinçon était composé des initiales C.C. et d'un as de trèfle dans un cercle. Son atelier était situé au 60 rue Richelieu à Paris.
Le poinçon d'André Candas est similaire. Installé au 12 rue Sainte Anne, il a inscrit son poinçon le 4 juin 1920, biffé en 1925. Ses initiales étaient A.C. et le symbole un as de trèfle. Son fils Gaston a repris l'activité le 12 août 1925, utilisant un as de trèfle dans un cercle, et le poinçon fut biffé en décembre 1942 avec la maison Candas & Cie. Jacques Candas a collaboré avec René Boivin, Mellerio, et Meister à Zurich.

Thomas Cléricetti
Le poinçon de maître de Thomas Cléricetti se caractérise par les initiales T.C. et un symbole de clé. Thomas Cléricetti exerçait au 11 rue de Beaujolais à Paris. Il est intéressant de noter l'association fréquente du nom Cléricetti avec Fontana, possiblement lié à Maria Clericetti, mère de Thomas Fontana.

Wolf Batchever
Le poinçon de Wolf Batchever, souvent identifié par les initiales W.B. et une autruche, correspond à ce fabricant. Ouvrier bijoutier en 1899, il fut naturalisé en 1951 et s'installa au 3 rue Geoffroy Marie à Paris, où il fut retrouvé en 1930, 1948 et 1954.

Société Nouvelle Perles et Diamants
Un poinçon "Sté A.B." avec un symbole difficile à identifier est associé à la Société Nouvelle Perles et Diamants. Bien qu'introuvable dans l'annuaire de 1933, un acte de modification de cette société date de 1938.
Jean Desmarés
Le poinçon de Jean Desmarés, fabricant, se compose des initiales J.D. et d'une pensée avec deux feuilles. Ce poinçon a été inscrit le 11 avril 1919.

Georges Lenfant
Georges Lenfant, bijoutier créateur de nouvelles techniques, a inscrit son poinçon en 1909 et l'a fait biffer en mars 1939. Ses initiales sont G.L. et le symbole un dé à emboutir avec une aile d'oiseau. Son atelier était situé au 47 rue des petits champs à Paris. Georges Lenfant est également l'auteur de deux ouvrages importants sur les techniques de joaillerie.

Pierre Queillé et son fils
La maison Boucheron a vendu une suite de douze cuillères gravées, attribuées à Pierre Queillé. Cependant, une confusion est possible, car Frédéric Boucheron fonda sa maison en 1858, alors que Pierre Queillé exerça jusqu'en 1846. Il est probable que le poinçon P.Q. (N° 01562 des Archives de la Garantie, Paris) appartienne à son fils, qui partageait les mêmes initiales.

Poinçons et identités spécifiques
Certains poinçons, par leur originalité ou la personnalité de leurs créateurs, méritent une attention particulière.
Laurent (Lorenzo Marzo)
Le poinçon trouvé sur une timbale correspond à celui de Laurent (Lorenzo Marzo), actif de 1901 à 1921.

Les Fertey : Louis, Charles et Pierre
Louis Fertey, ancien collaborateur de Georges Fouquet, a poursuivi sa collaboration avec Jean Fouquet après 1936. Il était installé au 6 rue Royale à Paris comme façonnier. Né en 1895, il s'installe à son compte le 17 novembre, insculpant son poinçon L.F. avec une tour crénelée. Après la guerre, ses fils Charles et Pierre Fertey, tout comme son petit-fils Pierre, ont succédé à la lignée. Pierre Fertey reprend l'activité le 6 novembre 1953, conservant le symbole de la tour crénelée et utilisant les initiales P.F.
Un autre poinçon, avec les initiales J.F. et une cocotte en papier, est plus difficile à trouver car Ferriere travaillait à façon pour des bijoutiers boutiquiers. Il était installé dans les années 50 au 35 rue Coquillère à Paris.

Gaêtan De Percin
Le poinçon avec les initiales GP et une croix est celui de Gaêtan De Percin, un grand fabricant issu d'une noble famille. Il était un découvreur de fermoirs et de systèmes ingénieux, collaborant notamment avec Hermès. Son fils Olivier lui succéda, mais la maison est aujourd'hui fermée.

Désiré Bergerat
Désiré Bergerat, fabricant bijoutier, utilisait les initiales D.B. et le symbole d'une croix de Lorraine. Son poinçon fut inscrit le 24 septembre 1891 et biffé le 2 mars 1893. Il résidait au 29 rue des Blancs Manteaux à Paris.

Poinçons étrangers et identification
L'identification des poinçons ne se limite pas à la France. Des marques étrangères peuvent également être rencontrées.
Poinçon Polonais
Un poinçon interrogé par un ami chinois s'est révélé être d'origine polonaise.
Poinçons Italiens, Espagnols et Suisses
Pour identifier l'argent massif, plusieurs poinçons étrangers sont à connaître. Le lion, généralement de profil et en marche, est le poinçon utilisé en Italie pour attester de la qualité de l'argent. Le poinçon italien pour le bureau de vérification représente la tête de l'Italie couronnée, inscrite dans un cercle. En Espagne, les étoiles servent à prouver la qualité du métal : une étoile à 5 branches pour 915/1000 et une étoile à 6 branches pour 750/1000. Le poinçon national suisse est une tête de Saint-Bernard de profil, avec un "X" dans le cou.
Poinçons Portugais
Les poinçons portugais peuvent varier selon les villes. Pour les petites œuvres, ils représentent généralement une tête d'aigle.
Discussion sur les poinçons et l'argent massif
Une discussion en ligne entre membres d'un forum met en lumière les difficultés d'identification des poinçons. L'un des membres, Bully, interroge sur l'identification de poinçons sur des tasses supposées en argent massif.
Isma, un autre membre, suggère que le poinçon carré indique un métal argenté et lit "C&L" avec une étoile filante ou comète. Il note la présence de deux sortes de tasses et demande si elles portent le même poinçon.
Nucingen confirme qu'il s'agit de métal argenté et évoque la possibilité de Cincinnatus Lorillon.
Bully, s'excusant pour la mauvaise qualité des photos, renvoie vers un article sur les poinçons français sur leur blog et aborde la question de l'identification de l'argent massif pour des objets étrangers.
