Le poinçon argent, également connu sous le nom de « poinçon de garantie », est une marque apposée sur les ouvrages en métaux précieux, notamment l'argent, afin d'en authentifier la qualité et la composition. Utilisé depuis le Moyen Âge, il constitue un élément essentiel en bijouterie et en orfèvrerie, permettant de garantir la présence de métal précieux et la valeur de la pièce.
Qu'est-ce que le Poinçon Argent ?
Le poinçon est une marque visible sur la plupart des objets et bijoux en argent, en or et en platine. Il permet d'estimer la valeur de la pièce et d'identifier le type d'alliage d'argent, garantissant ainsi la pureté du métal utilisé dans sa fabrication. Réalisé à l'aide d'un outil appelé pointeau, le poinçon argent aide à déterminer la valeur du métal en fonction de sa teneur dans les alliages.
Il s'agit d'une garantie de qualité apposée par les professionnels des douanes françaises, l'importateur ou le fabricant pour authentifier les bijoux en argent véritables ainsi que les pièces d'argenterie de 30 grammes et plus. Pour les objets de moins de 30 grammes, le poinçon argent n'est pas obligatoire, le poinçon de titre suffit.

Un Peu d'Histoire : L'Évolution des Poinçons
L'histoire des poinçons pour le contrôle des pièces d'orfèvrerie remonte au Moyen Âge. En 1275, le roi de France Philippe III le Hardi demanda que chaque ville française appose un poinçon sur les ouvrages d'orfèvrerie fabriqués sur son sol. Il fallut cependant attendre 1972 pour que les poinçons des créations des orfèvres français soient reconnus à l'échelle nationale. Dès lors, les collections d'orfèvrerie devaient obligatoirement présenter les poinçons suivants : le poinçon de maîtres orfèvres, le poinçon de jurande, le poinçon de charge et le poinçon de décharge.
Au fil du temps, les poinçons anciens ont été simplifiés, notamment en 1798, après la Révolution française. Le poinçon de charge, le poinçon de décharge ainsi que le poinçon de jurande ont été supprimés, puis remplacés par le poinçon de titre (poinçon de fabricant) et le poinçon de garantie (poinçon de responsabilité).
La « garantie » du métal précieux en France a été mise en place par les souverains par étapes successives, menant à la création des maisons communes de la corporation, chargées de garantir le taux de métal précieux. Avant l'apparition de marques stylisées sur les pièces, certains orfèvres signaient leurs pièces. Afin d'éviter les abus liés à l'utilisation de métaux précieux, Étienne Boileau, prévôt de Paris sous Louis IX, procède en 1260 à la réglementation des corporations des métiers d'art. La charte parisienne des Orfèvres impose alors de garantir le titre des ouvrages. En 1272, les poinçons des maisons communes d'orfèvres commencent à apparaître. En 1275, Philippe III le Hardi ordonne que chaque communauté d'orfèvres (jurande en maison commune) marque par un poinçon propre les ouvrages en argent. La définition des poinçons de maître (par Jean II le Bon en 1355 ou Charles V en 1378) impose à tout orfèvre d’apposer sur ses œuvres un poinçon spécial représentant une fleur de lys couronnée, muni d’un symbole personnel (ses initiales et un « différent », symbole propre à chaque jurande). En 1460, il est demandé deux poinçons : celui de l'orfèvre et celui de la jurande à laquelle appartient l'orfèvre.
Le 22 novembre 1506, Louis XII impose les modalités concernant l'essai d'argent, avec des tableaux officiels de mesure et de correction. Henri III impose en mars 1554 le titre auquel doivent travailler les orfèvres, confirmé à 11 deniers 12 grains pour Paris, mais avec des tolérances pour les provinces rattachées postérieurement à la couronne, en fonction de leurs coutumes. Le vermeil est alors fait sur de l'argent à 10 deniers (833 ‰). Il crée également en 1579 le « droit de remède », une taxe sur les ouvrages précieux en or et argent destinée à harmoniser le prix des ouvrages avec le taux de la monnaie. Colbert rationalise ce dispositif en 1674 lors de sa réforme des impôts, en imposant le droit de marque et de contrôle par la Ferme générale. Cet ensemble de quatre poinçons variait suivant les années (attribution à l'orfèvre ou perte par le décès, poursuite de l'activité en veuvage ; changement de fermier général, renouvellement annuel de la jurande, changement de la loi, etc.). Un cinquième poinçon pouvait également exister, celui de recense, apposé par un nouveau fermier général pour contre-marquer les pièces poinçonnées par son prédécesseur. Les quatre poinçons peuvent changer de taille (et donc de dessin) en fonction de la taille des ouvrages (poinçons dits de « gros ouvrages » ou de « petits ouvrages »). De 1672 à 1798, il est possible pour les orfèvres ou les communautés d'orfèvres habitant loin d'une jurande ou d'un bureau de marque de souscrire un abonnement de droits auprès du fermier général ou de la maison commune. L'abonnement est payé par quartiers ou à l'année, sur la base d'une estimation de leur production. Il existe des cas d'orfèvres abonnés dans des villes ayant un bureau de jurande, mais pas de bureau de marque (Sens, de 1687 à 1768).
L'abolition des privilèges lors de la nuit du 4 août 1789 supprime les privilèges des orfèvres, et, par truchement, celui de la garantie sur l'or et l'argent. Cette disposition est renforcée par la loi Le Chapelier du 2 mars 1791, qui interdit les associations professionnelles et institue la liberté du travail. En avril 1791, les impôts indirects sont supprimés. La « loi relative à la surveillance du titre et à la perception des droits de garantie des matières et ouvrages d'or et d'argent » du 19 Brumaire an VI (9 novembre 1797) remet en place le système de garantie, de titres et de perceptions. Cette loi est la base des dispositions ayant actuellement cours en France et à Monaco. Des fonctionnaires sont chargés d'essayer les ouvrages présentés et d'y apposer le poinçon de garantie (poinçon de l'État et poinçon de valeur du titre). Un poinçon différent permet de reconnaître les bureaux de contrôle. En 2001, la direction de la garantie et des services industriels disparaît. Ses missions sont intégrées au service des douanes. Un titre à 999 millièmes est créé pour l'or, l'argent et le platine.
Principaux Types de Poinçons Argent
Il existe plusieurs types de poinçons argent, chacun ayant une signification spécifique :
Le Poinçon du Maître Orfèvre
Le poinçon du maître orfèvre est un cachet dont la forme permet d'identifier le maître orfèvre créateur de l'objet ou du bijou en argent. La forme du poinçon est souvent symbolique, généralement en forme de losange avec une gravure à l'intérieur. Elle contient des lettres propres à chaque artisan, qui peut même y graver directement son nom ou le nom de sa marque en toutes lettres. Le poinçon de maître est apposé par l'artisan bijoutier-joaillier qui fabrique le bijou et prend la forme d'un losange complété de ses initiales, lui servant de signature.
Le Poinçon Carré (ou Rectangulaire)
La présence du poinçon carré ou rectangulaire sur un bijou en argent ou une pièce d'argenterie fait référence à sa composition en métal plaqué argent et non en argent massif. Ce type de marquage réduit considérablement la valeur de l'ouvrage, car il est simplement recouvert d'une couche d'argent par-dessus un autre métal.
Les Poinçons Internationaux
Ce dernier type de poinçon est une marque pouvant changer en fonction des pays. Par exemple, l'Angleterre dispose de ses propres poinçons de garanties, comme l'argent sterling ou « sterling silver ». Néanmoins, il existe des systèmes de poinçons argent communs à d'autres pays pour renseigner le titre du métal. On parle alors du poinçon argent 925, qui garantit la présence d'argent à 92,50% dans le bijou ou le produit argenté. La convention internationale de Vienne du 15 novembre 1972 a permis d'uniformiser les poinçons internationaux en argent.

Comment Reconnaître un Poinçon Argent ?
Le plus souvent, le poinçon argent est invisible à l'œil nu, car il mesure à peine 2 ou 3 millimètres. Pour le distinguer, il convient d'utiliser une loupe. Sur les couverts et pièces d'argenterie ancienne, le poinçon argent est généralement apposé sur la face des cuillères ou des fourchettes en argent massif, particulièrement pour les ouvrages de fabrications françaises. Sur les couteaux, le poinçon argent prend place sur la lame ou le manche de l'objet. En ce qui concerne les plats, la petite marque est souvent gravée en dessous ou en bordure au niveau des contours.
Le métal argent pur, aussi surnommé « argent fin » avec un taux de pureté de 99,9%, n'est proposé que sous la forme de lingots d'argent fin ou de plaque d'argent. Il ne dispose pas de poinçon, vu que le titre argent en millième y est déjà apposé. Pour les pièces en argent made in France, composées de métal 680 ou 900 millièmes, il n'y a également aucun poinçon ou inscription mentionnant sa composition. Il est rappelé que le marquage est exclusivement réservé aux gros ouvrages. Les objets de petits carats ou de petites tailles de moins de 30 grammes, tels que les bijoux en argent, sont exemptés de poinçons.
En bijouterie, le poinçon est un petit outil utilisé pour apposer la marque du même nom sur un bijou. Chaque poinçon se compose d'un symbole et d'une bordure. Le poinçon de garantie peut être apposé par le professionnel fabricant, par le bureau de garantie (aujourd'hui, le service des douanes) ou par un organisme de contrôle agréé (OCA).
Les Poinçons les Plus Utilisés en Bijouterie et Orfèvrerie
Plusieurs poinçons permettent d'identifier les ouvrages en argent massif, par leurs symboles et leurs chiffrages. Voici les plus courants :
Les Symboles des Poinçons
Les poinçons argent ci-après sont utilisés pour certifier l'origine incertaine et les caractéristiques des pièces fabriquées en argent massif :
- Le poinçon Amphore, dédié à l'argent 999/1000ème.
- Le poinçon Tête de Minerve, pour distinguer l'argent 925/1000ème.
- Le poinçon Tête de Minerve, poinçon de 2ème titre, pour l'argent 800/1000ème.
- Le poinçon Cygne, destiné à l'argent de moins de 500/1000ème.
- Le poinçon Crabe, pour l'argent 800/1000ème.
- Le poinçon Tête de Sanglier, servant d'identification à l'argent 500/1000ème.
- Le poinçon Lion, pour l'argent 925/1000ème.
- Et le poinçon Britannia, pour l'argent 958/1000ème.
Dans la mesure où l'ouvrage a été créé avec un alliage d'argent et d'autres métaux comme le cuivre et le zinc, il est courant d'observer une ou deux barres obliques sur le poinçon argent.

Le Chiffrage des Poinçons
Comme les symboles, le chiffrage des poinçons argent est un moyen de garantie de la pureté du métal précieux à l'aide de chiffres allant de 1 à 3. Il trouve sa place directement dans le poinçon et permet de définir la teneur en argent du bijou et de l'objet. Le chiffre « 1 » signifie poinçon de 1er titre, l'argent à 925/1000, et le chiffre « 2 » le poinçon de 2ème titre pour désigner l'argent 800/1000.
La convention internationale de Vienne du 15 novembre 1972 a permis d'uniformiser les poinçons internationaux en argent. Sous forme de chiffre, ces poinçons permettent facilement de déterminer la qualité de l'objet en argent. Pour les poinçons de titre, représentant la pureté du métal précieux, un chiffre (de 1 à 3) est apposé dans le poinçon. Une lettre majuscule peut également être ajoutée.
Cas Particuliers et Objets en Métal Blanc
Il est important de distinguer l'argent massif du métal argenté. Les objets en métal blanc, souvent marqués de poinçons tels que "MINERVA" et "METAL BLANC", indiquent qu'il s'agit de métal plaqué et non d'argent massif. Ces objets, bien que pouvant présenter un aspect similaire, ont une valeur intrinsèque beaucoup plus faible. Un exemple notable est un serviteur (pour huile, vinaigre, moutarde) en métal blanc avec un poinçon "MINERVA" et une tête dans un écusson carré, suivi de "METAL BLANC". Ce type de poinçon peut parfois imiter le poinçon officiel de la Tête de Minerve pour induire en erreur, mais il s'agit bien de métal argenté, souvent à base de régule (alliage de plomb) et d'inspiration néoclassique, datant probablement du début du XXe siècle.
Le poinçon « Amphore » représente de l'argent pur d'au moins 999 millièmes. Ces poinçons d'État doivent être obligatoirement inscrits si l'objet en argent pèse plus de 30 grammes. Le poinçon de maître de forme losange ou le poinçon d'importateur de forme ovale est obligatoire et doit être apposé auprès du poinçon de garantie.
Pour fabriquer des objets en argent, comme des bijoux, on utilise d'autres métaux communs pour faire des alliages, comme le cuivre, afin de renforcer les propriétés de l'objet, le rendant plus résistant et plus solide. L'argent est en effet un métal précieux malléable et très ductile, ce qui signifie qu'il peut être manipulé et se déformer facilement.
Les objets en argent pur ou massif sont plus souples et malléables que les objets en métal argenté (composés d'un autre métal plus rigide en leur centre). L'une des propriétés principales de l'argent est que, à l'image d'autres métaux comme l'or, le zinc, l'étain ou l'aluminium, il n'est pas magnétique. Une autre propriété majeure de l'argent massif est sa conductivité thermique (la plus forte parmi tous les métaux). Enfin, appliquer de l'eau de Javel au bout d'un coton-tige permettra, en présence d'argent, de noircir légèrement le métal (un simple nettoyage suffira à rendre son éclat au métal).
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L'Argent : Symbolisme et Usages
Le mot « argent » vient du latin « argentum », qui dérive lui-même de l'indo-européen « arg- », signifiant blanc, éclatant, lumineux. L'argent est indissociable de sa symbolique : il représente la divinité de la Lune. Chez les Grecs, trois divinités féminines sont associées à la Lune : Séléné, la déesse de la pleine lune ou de la naissance (Luna chez les Romains), est vêtue de robes argentées et mène un char en argent. Artémis, la déesse du croissant de lune et de la chasse, tire des flèches en argent. Enfin, Hécate est la déesse de la nouvelle lune ou de la mort. L'argent est également opposé dans la mythologie à l'or : il est blanc, pur et féminin, alors que l'or est jaune, masculin et actif.
Chez les Incas et les civilisations qui les ont précédés, la Lune est à la fois la sœur et la femme du Soleil. L'argent est utilisé pour les besoins des cultes officiels. Chez les Égyptiens antiques, on croit que les os des Dieux sont faits d'argent. L'argent a bénéficié de son attrait et de son abondance dans les sous-sols pour être utilisé de toutes sortes de manières. Il a été utilisé de tout temps pour frapper la monnaie, dans la joaillerie et dans l'argenterie. Il a été un des principaux outils de la puissance des anciennes civilisations. L'Empire chinois utilisait par exemple l'argent pour ses échanges extérieurs. En effet, il est considéré comme étant en terme de valeur seulement second après l'or. C'est pour cette raison que des médailles d'argent sont offertes pour des baptêmes et dans n'importe quelle compétition.
Aujourd'hui, il est également utilisé dans l'énergie solaire, l'automobile, la purification de l'air, la dentition, ou encore dans la photographie et l'électronique en tant que très bon conducteur électrique. On considère, grâce aux découvertes archéologiques, que de l'argent trouvé dans des mines en surface a pu être séparé du plomb dès 4000 ans avant Jésus-Christ dans les anciennes civilisations de Mésopotamie. En Europe, les principaux centres d'extraction sont en Sardaigne, avant que les Romains ne découvrent d'immenses gisements en Espagne. Ils en extrayaient alors 200 tonnes par an, un record qui ne sera battu que plus de mille ans plus tard avec la découverte de l'Amérique. Les colons espagnols découvrent alors de nombreux gisements au Pérou (principalement à la mine de Potosí) et en Bolivie. Aujourd'hui, le Mexique, la Chine et le Pérou sont les principaux producteurs d'argent, mais la Pologne et la Serbie sont aussi deux gros producteurs européens.
Les noces d'argent représentent les 25 ans de mariage. Les bijoux en argent sont donc des cadeaux préférés faits par les hommes à leurs épouses à cette occasion. Mais pas seulement ! Toutes les occasions sont bonnes pour offrir de tels précieux, abordables, chics et faciles à porter. Et ils ne manquent pas de choix. Les bijoux en argent sont en effet de tous types, que ce soient des gourmettes en argent, des bagues, des boucles d'oreilles en argent, des colliers, des pendentifs en argent, ou bien encore des bracelets en argent. Les bijoux en argent peuvent se résumer en trois mots : élégance, féminité et modernité. Quoi de mieux donc, qu'un bijou en argent ? La réponse est simple : une bague en argent mariée à une pierre fine ou précieuse. Pour ne pas dénaturer le côté pur et éclatant de l'argent, les principales gemmes utilisées avec des bijoux en argent sont l'ambre, le lapis-lazuli, le grenat et l'améthyste.
L'argent noircit naturellement à cause de l'oxydation et du contact avec l'air. Ce phénomène peut prendre plusieurs années comme quelques jours, en fonction de l'acidité de votre peau et des conditions dans lesquelles vous portez vos bijoux. Les bijoux en argent et, au-delà, n'importe quels produits faits de ce métal, nécessitent donc un entretien particulier et régulier. Un produit adapté et proposé par n'importe quel établissement fera rapidement l'affaire. Un nettoyage fait maison peut consister à appliquer du bicarbonate de soude, du citron ou du dentifrice à l'aide d'une brosse à dents souple.
