L’aluminothermie est un procédé pyrométallurgique qui permet la production de métaux purs. Il repose sur la réduction exothermique de divers oxydes métalliques par de l'aluminium en poudre. Cette réaction produit une quantité importante de chaleur, atteignant des températures élevées, souvent supérieures à 1800°C et pouvant approcher les 3500°C selon le métal ou l'alliage traité. L'aluminothermie est un principe chimique qui permet la production de hautes températures par une réaction dite exothermique, c'est-à-dire qu'elle produit de la chaleur. Une fois amorcé, ce processus ne peut être stoppé et doit aller à son terme par la combustion complète des métaux mis en œuvre. L'apport d'eau, ou même l'immersion complète, ne peuvent s'opposer à cette réaction.

Principes fondamentaux de l'aluminothermie
L’aluminothermie est un principe chimique qui permet la production de hautes températures, par une réaction dite exothermique, c'est-à-dire qu’elle produit de la chaleur. Cette réaction est obtenue sur les métaux au moyen d’aluminium en poudre, et est déclenchée par la combustion d’une mèche de magnésium, que l’on met à feu par une étincelle ou une flamme.
L'oxydoréduction au cœur du procédé
Au cœur de l'aluminothermie se trouve une réaction d'oxydoréduction, également appelée réaction redox. Il s'agit d'une réaction chimique qui consiste en un transfert d'électrons, impliquant une espèce qui s'oxyde (perd des électrons) et une autre qui se réduit (gagne des électrons). Dans le contexte de l'aluminothermie, l'aluminium agit comme agent réducteur, captant l'oxygène des oxydes métalliques. L'oxydation signifie « combinaison avec l'oxygène », tandis que la réduction est « l'extraction d'un métal de son oxyde ». Chaque atome d'un composé est associé à un nombre d'oxydation, qui symbolise la valeur de la charge portée. Une oxydation est une perte d'électrons (donc une augmentation du nombre d'oxydation), tandis qu'une réduction est un gain d'électrons (donc une diminution du nombre d'oxydation).
Dans ce processus, l'aluminium est dit « oxydant » dans le sens où il capte l'oxygène, tandis que le minerai qui cède son oxygène est dit « réducteur ». L'aluminium, en captant l'oxygène, est lui-même oxydé, formant de l'alumine (Al₂O₃).

Minerais utilisés et réactions types
De nombreux minerais existent à l’état naturel sous forme d’oxydes, tels que le fer, le zinc, le chrome, le manganèse ou le vanadium. L'aluminothermie est un procédé efficace pour en extraire les métaux purs utilisés dans l'industrie. Le minerai est mélangé à de la poudre d’aluminium dans des proportions bien déterminées, et une combustion est créée au moyen d’une mèche en magnésium, ce qui déclenche la réaction. Il se produit une fusion au cours de laquelle l’oxygène est capté par l’aluminium. À la fin du processus, le minerai laisse place à un métal pur, et l’aluminium est oxydé.
L'une des utilisations les plus courantes est le soudage des rails de chemin de fer. Pour cela, un mélange de poudre d'hématite (un oxyde de fer rouge, de formule Fe₂O₃) et d'aluminium est utilisé, selon la réaction suivante :
Fe₂O₃ + 2 Al → 2 Fe + Al₂O₃
Ce mélange est fréquemment nommé « thermite » dans les pays anglo-saxons. Outre l'hématite, on utilise également couramment comme oxydant la magnétite, un oxyde de fer noir ou bleu, de formule Fe₃O₄. Le fer obtenu ainsi est pur.
Un dosage précis est recherché pour une réaction aluminothermique optimale, en fonction du métal utilisé.
Applications de l'aluminothermie
L’aluminothermie trouve de nombreuses applications, notamment grâce à sa capacité à produire des températures très élevées et à sa nature exothermique, qui ne nécessite pas d'apport d'énergie externe une fois la réaction amorcée.
Soudage des rails de chemin de fer
L'application la plus emblématique de l'aluminothermie est le soudage des rails de chemin de fer. Ce procédé permet un assemblage de haute qualité, quasi-inaltérable, exempt de porosité, et très résistant à l’oxydation. Les pièces sont amalgamées de façon totalement homogène. La mise en œuvre du processus ne nécessite pas d’énergie autre que celle produite par la réaction chimique elle-même, ce qui permet des réalisations de soudures sur chantier en toute autonomie.

Autres applications industrielles
La soudure aluminothermique est également appliquée dans divers autres domaines :
- Construction navale
- Transformateurs électriques
- Câblage de lignes en haute et moyenne tension
- Protection cathodique
- Construction métallique en général
Outre cette propriété d’extraction de métal d’un minerai, l’oxydoréduction qui accompagne la réaction aluminothermique permet le retour d’un métal oxydé à sa forme pure initiale. De ce fait, la soudure aluminothermique permet, par exemple, de souder un câble de cuivre sur un piquet en acier, même si ces deux éléments sont fortement oxydés. Lors de la réaction, l’oxygène contenu dans le métal rouillé sera capté par l’aluminium. Il se produira alors une véritable régénération du métal, permettant un assemblage parfait et sans qu’aucune trace d’oxydation n’altère la conductivité.
Mise en œuvre de la soudure aluminothermique
La réalisation d'un raccordement électrique par soudure aluminothermique suit plusieurs étapes clés pour garantir un résultat optimal.
Étapes de réalisation
- Nettoyage méticuleux des matériaux à souder.
- Placement du moule à l'aide d'une pince.
- Chauffage du moule au chalumeau ou à la lampe à souder pour éliminer toute trace d'humidité.
- Positionnement des conducteurs à souder en veillant à une parfaite étanchéité du moule, l'utilisation de mastic peut être nécessaire.
- Placement du disque métallique au fond du creuset du moule.
- Versage du métal d'apport, suivi de la poudre d'allumage, en laissant déborder une partie au bord du moule pour favoriser l'allumage.
- Refermeture du moule et provocation d'une étincelle au moyen de l'allumeur vers la poudre d'allumage.

Compréhension approfondie des réactions d'oxydoréduction
Les réactions d'oxydoréduction, fondamentales pour l'aluminothermie, sont un pilier de la chimie et trouvent des applications bien au-delà de la métallurgie.
Définition et caractéristiques
Une réaction d'oxydoréduction ou réaction rédox est une réaction chimique au cours de laquelle se produit un transfert d'électrons. Elle consiste en une réaction oxydante, couplée à une réaction réductrice. L'espèce chimique qui capte les électrons est l'oxydant, tandis que celle qui les cède est le réducteur. La réaction est caractérisée par une variation du nombre d'oxydation (abrégé « n.o. ») de chacune des espèces en jeu.
L'oxydation est une perte d'électrons (augmentation du nombre d'oxydation), et la réduction est un gain d'électrons (diminution du nombre d'oxydation). L'oxydation d'un corps s'accompagne toujours de la réduction d'un autre, car les électrons ne peuvent circuler seuls et sont nécessairement captés.
Exemples et domaines d'application
La famille des réactions d'oxydoréduction est très large. Elles se produisent lors des combustions, pendant certains dosages métallurgiques, durant la corrosion des métaux, dans les phénomènes d'électrochimie, la respiration cellulaire et la photosynthèse. Par exemple, la réaction entre le cuivre et le dichlore peut s'écrire :
Cu + Cl₂ ⟶ CuCl₂
Les réactions d'oxydoréduction jouent un rôle important dans le domaine de la biologie, notamment dans la photosynthèse et la respiration cellulaire. Le métabolisme cellulaire des organismes vivants repose sur des réactions d'oxydoréduction, que ce soit pour des processus de biosynthèse, de dégradation de molécules biochimiques ou de production d'énergie.
Le nombre d'oxydation et l'électronégativité
Le nombre d'oxydation (n.o.) est un concept clé pour comprendre les réactions redox. Il symbolise la charge que porterait un atome s'il était ionisé. Une augmentation du n.o. indique une oxydation, et une diminution indique une réduction.
Dans certaines réactions d'oxydoréduction, notamment en phase sèche et à haute température, le transfert d'électrons n'est pas toujours évident. Cela s'explique par l'électronégativité, qui caractérise la capacité d'un atome à capter des électrons. Lorsque la différence d'électronégativité entre deux atomes est importante, les électrons de liaison sont fortement déplacés vers l'atome le plus électronégatif, formant une liaison ionique.
Par convention, on attribue fictivement tous les électrons de liaison à l'atome le plus électronégatif pour définir les nombres d'oxydation dans les composés covalents. Par exemple, dans la molécule d'eau (H₂O), l'oxygène est plus électronégatif que l'hydrogène. Les électrons de liaison sont attribués à l'oxygène, conduisant à des ions fictifs H⁺ et O²⁻. Ainsi, le n.o.(H) = +I et le n.o.(O) = -II. Une augmentation (en valeur algébrique) du n.o. correspond à une oxydation, et une diminution correspond à une réduction.
Calculer le nombre d'oxydation d'un élément dans une espèce chimique
Équilibrage des réactions redox
Une réaction d'oxydoréduction doit être équilibrée pour assurer un transfert exact des électrons. Cela implique souvent d'équilibrer les coefficients stœchiométriques des demi-équations d'oxydation et de réduction. Par exemple, pour équilibrer la réaction 4 Fe + 3 O₂ ⟶ 4 Fe³⁺ + 6 O²⁻, il faut s'assurer que le nombre d'électrons cédés par le fer est égal au nombre d'électrons acceptés par le dioxygène.
Le caractère « oxydant » ou « réducteur » d'un élément est relatif et dépend du contexte de la réaction. Il est possible de construire une échelle de force oxydante ou réductrice, basée sur le potentiel d'oxydoréduction.
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