L'histoire et l'évolution de la lavallière et de l'ascot

L'idée de porter un ornement autour du cou, similaire à un foulard noué et retombant au milieu de la poitrine, a émergé sous le règne de Louis XIV. Cette mode serait apparue suite aux régiments de mercenaires croates, le terme "cravate" étant une déformation de "croate". Auparavant, c'étaient de grands collets de dentelle qui ornaient l'encolure.

Sous Louis XIV, une sorte de cravate aux aspects variés fait son apparition. Les représentations de l'époque montrent souvent la superposition d'un papillon assez volumineux et horizontal en velours coloré, avec une retombée verticale de dentelle écrue. Cette double encravaterie baroque disparaît sous Louis XV et Louis XVI, marquant la naissance de la lavallière au sens historique.

La naissance de la lavallière

La lavallière, dans son acception historique, se présente comme un long ruban de lin très fin. Après plusieurs tours de cou, remontant à la manière d'un col roulé, il est noué au milieu ou légèrement sur le côté. Sa forme s'inspire du nœud papillon, à la différence que ses extrémités sont laissées longues et tombantes. Techniquement, la lavallière peut être décrite comme un nœud papillon généreux dont les extrémités retombent à la manière d'un foulard, formant un nœud qui se déploie à l'horizontal.

Représentation historique de la lavallière portée sous Louis XIV

L'évolution vers le nœud régate et l'ascot

À la fin du XIXe siècle et au début du XXe siècle, ce nœud volumineux de la lavallière ne fait plus l'unanimité. Bien que des personnalités comme Baudelaire ou Rimbaud affectionnent encore les petites lavallières, proches du nœud papillon, la bourgeoisie recherche une expression moins artistique. C'est alors qu'est inventé le nœud simple, projeté vers le bas, appelé nœud régate.

Au début du XXe siècle, en Angleterre, une simplification de la lavallière donne naissance à l'ascot, une cravate appréciée avec la jaquette (morning coat), également appelée "day cravat". L'ascot est associé à un nœud très simple, presque comme si l'on nouait deux lacets sans faire les boucles, laissant les deux pans retomber sans volume. Tout le panache de l'ascot réside alors dans l'épingle de cravate, qui lui confère du volume avec maîtrise.

Illustration comparant la lavallière et l'ascot

L'ascot : symbole social et évolution de son port

Pour la haute bourgeoisie et l'aristocratie, l'épingle de cravate, ainsi que les boutons de col, de plastron et de manchette, étaient des indicateurs sociaux permettant de lire le niveau de richesse. Peu à peu, l'ascot a perdu son usage de cravate pour devenir un foulard de cou, porté non plus sur la chemise mais sous le col. Les années 1930 semblent consacrer cet usage décontracté et chic. Parallèlement, le mot a changé de genre : l'ascot féminin (dans le sens de cravate) est devenu l'ascot masculin (dans le sens d'un foulard).

Il est important de noter que ce que les Français portent souvent lors des mariages avec une jaquette n'est pas une lavallière, mais un ascot. De plus, porter un ascot à un mariage, à moins d'adopter une tenue d'époque avec une chemise amidonnée et un vrai col cassé séparable, peut être considéré comme très costumé. Le règlement du Royal Ascot stipule d'ailleurs qu'il est désormais interdit de porter un ascot avec une jaquette, seule la cravate (tie) étant autorisée.

La cravallière : une hybridation critiquée

Dans le même esprit d'évolution des accessoires de cou, il faut évoquer la "cravallière", décrite comme un croisement hideux entre une cravate et un morceau de soie sauvage. Si ce bandeau n'est plus pertinent, il est à retirer.

Caractéristiques et utilisation de la lavallière

La lavallière est un type de cravate large et bouffante, nouée pour former une boucle ample. Elle tire son nom de la Duchesse de La Vallière, favorite du roi Louis XIV, qui aurait popularisé cette façon de nouer les rubans au XVIIe siècle. Dans le contexte du mariage, la lavallière apporte une touche d'élégance et de formalité à la tenue du marié, se situant entre la cravate traditionnelle et le nœud papillon en termes de formalité.

La lavallière se compose généralement de deux pans larges qui se croisent et se nouent pour former une boucle ample à la base du cou, laissant pendre les deux extrémités de part et d'autre. Elle se porte généralement avec une chemise à col cassé ou un col officier. Pour les mariages formels ou à thème historique, la lavallière est un choix idéal pour son élégance intemporelle et son raffinement, permettant aux mariés de se démarquer des cravates conventionnelles ou de rappeler une tradition.

En bref, la lavallière est une alternative élégante à la cravate traditionnelle pour le marié souhaitant une touche d'originalité ou de nostalgie dans sa tenue. Elle est associée au nom de la duchesse de La Vallière depuis que les peintres ont commencé à représenter cette cravate large au nœud flottant et souple vers la fin du XIXe siècle. La lavallière est également portée par certains personnages de westerns lorsqu'ils s'habillent de façon chic et est associée à des personnalités comme Frédéric Savard, animateur québécois.

Réaliser un noeud d'ascot, de cravalière ou de lavallière

La cravate Ascot : origine et port

La cravate Ascot tire son nom du champ de course anglais d'Ascot. Créée au XIXe siècle, elle est une version simplifiée de la lavallière, composée de deux larges extrémités, plissées ou non, et d'un ruban de cou, qui n'ont pas vocation à former un nœud. Il est possible de lui donner du volume avec une épingle (en or, argent, ou sertie de pierres précieuses), permettant ainsi d'afficher son statut social.

À l'origine, l'ascot se portait par-dessus la chemise, complétant la redingote, et était plutôt de couleur grise ou à pois blancs. Alors qu'on parlait au départ de "cravate Ascot", on évoque davantage ensuite le "foulard Ascot", bien qu'il s'agisse du même objet, mais porté directement autour du cou et placé sous la chemise. Popularisée dans les années 1930 et associée dans les années 1980 à une image "m'as-tu-vu", elle a notamment été portée par Clark Gable ou Fred Astaire.

Comment nouer la lavallière et l'ascot ?

La cravate Ascot apparaît à la fin du XIXe siècle et est devenue l'accessoire incontournable de cet événement, se portant désormais également lors des cérémonies officielles comme les mariages. La cravate Ascot possède deux pans de même taille et se noue généralement comme une cravate, formant trois plis autour du cou une fois nouée. Il s'agit d'un nœud classique, identique à celui de la cravate.

Instructions pour nouer une lavallière :

  • Placez le long pan plus bas que le pan court.
  • Formez un nœud.
  • Passez le pan de droite (qui se situe en dessous) à l'intérieur de la boucle formée précédemment.
  • Placez le pan le plus long au-dessus des prémices du nœud.
  • Glissez le pan le plus long à l'intérieur du nœud.
  • Gonflez le nœud et formez un effet cruciforme en plaçant les deux pans sur celui-ci.

La lavallière est constituée de deux pans de même largeur, bien que l'un puisse être légèrement plus court que l'autre. Le nouage de la lavallière diffère légèrement de celui de l'ascot.

Instructions pour nouer un ascot :

  • Placez le long pan plus bas que le pan court.
  • Faites passer le pan de droite (qui se situe en dessous) à l'intérieur de la boucle formée précédemment.
  • Placez le pan le plus long au-dessus des prémices du nœud.
  • Laissez pendre votre ascot au-dessus du nœud.

La lavallière se porte impérativement avec une chemise à col cassé ascot de couleur blanche ou ivoire, à ne pas confondre avec la chemise à col cassé nœud papillon. En effet, la lavallière nécessite un col de chemise plus large que le nœud papillon. Le costume trois pièces, avec jaquette, est fortement conseillé pour une tenue élégante lors d'une cérémonie officielle telle qu'un mariage.

Il existe également une façon moins formelle de porter la lavallière avec le nœud en "demi-ruche". Dans ce cas, le choix de la lavallière et de la chemise est davantage libre, car la chemise à col cassé ascot n'est pas nécessaire. Il est également possible de jouer sur les contrastes de couleurs et de motifs.

L'épingle à lavallière : un accessoire historique

À l'origine, portée par les aristocrates anglais du XVIIIe siècle, l'épingle à lavallière avait pour but de maintenir les plis de la cravate. Fabriquée sur mesure, cet accessoire était souvent surmonté d'une perle ou d'une pierre précieuse. Si vous choisissez de porter un costume avec gilet, l'épingle se porte cinq centimètres au-dessus du premier bouton.

Cédric Villani, célèbre mathématicien, est un fervent défenseur de la lavallière. Baudelaire et Rimbaud l'affectionnaient énormément. Aujourd'hui, les mariés la nouent très souvent autour de leur cou. La lavallière est également connue pour être l'ancêtre du nœud papillon.

La lavallière et l'ascot : distinction et usage

Symbole de l'élégance décontractée, la lavallière voit le jour sous le règne de Louis XIV, la cour cherchant un nouveau tour de cou moins encombrant que la fraise. Dans un tissu doux, le plus souvent du lin ou de la soie, un long ruban très fin est entouré jusqu'à recouvrir entièrement le cou, puis noué au milieu de la gorge ou légèrement sur le côté. Aujourd'hui, la lavallière est considérée comme un accessoire à mi-chemin entre le nœud papillon, pour son large nœud horizontal, et le foulard, pour ses pans qui retombent de part et d'autre du nœud.

L'ascot, symbole de l'élégance britannique, a acquis sa notoriété sur les champs de courses. Plus simple et plus légère que la lavallière, l'ascot se noue soit très simplement comme un foulard, soit comme une cravate. L'ascot est aujourd'hui associée le plus souvent à la jaquette ou au costume de cérémonie.

Cravate, nœud papillon, lavallière ou encore ascot : les possibilités ne manquent pas pour accessoiriser sa tenue et habiller son cou. Certains accessoires sont même parfois confondus. La lavallière, moins répandue que le nœud papillon, est un morceau de tissu (foulard) généralement en soie que l'on noue autour du cou de façon à former un nœud sur le modèle du nœud papillon (deux coques tombantes et deux rubans libres). Contrairement au nœud papillon, traditionnellement masculin, la lavallière était et est encore portée aussi bien par les hommes que par les femmes.

Aujourd'hui, la lavallière est souvent confondue avec l'ascot. La lavallière n'est finalement qu'un foulard qu'il est possible de nouer de différentes manières. Le nœud papillon, quant à lui, est apparu pour la première fois sous diverses hypothèses et est devenu l'accessoire fétiche de certains hommes politiques comme Winston Churchill ou de personnages comme James Bond.

Pour un look jeune et moderne, le nœud papillon est un excellent choix pour accessoiriser une chemise. Pour un style plus classique et dandy, la lavallière trouve facilement sa place sur une chemise de mariage. Au quotidien, porter une lavallière conférera à un homme un look très dandy, tandis que le nœud papillon reste plus passe-partout tout en restant original.

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