Le bracelet détecteur de GHB : un nouvel outil de prévention contre la "drogue du violeur"

La peur de la "drogue du violeur", également connue sous le nom de GHB (acide gamma-hydroxybutyrique), est devenue une préoccupation majeure lors des événements festifs. Pour faire face à ce phénomène, un bracelet détecteur de GHB a été commercialisé, offrant une nouvelle option de prévention aux consommateurs.

Schéma de fonctionnement du bracelet détecteur de GHB

Comprendre le GHB et ses dangers

Le GHB est un puissant psychotrope surnommé la "drogue du violeur" en raison de son utilisation fréquente dans les cas de soumission chimique. Il est particulièrement insidieux car il est incolore, inodore et insipide, ce qui le rend difficile à détecter dans une boisson. À faibles doses, il provoque relaxation et désinhibition, mais à doses plus élevées, il peut entraîner vertiges, vomissements, pertes de mémoire, voire un coma. Ses effets rapides (15 à 30 minutes) et durables (plusieurs heures) rendent la victime vulnérable à des agressions ou à une perte de conscience.

Les statistiques révèlent que 8 fois sur 10, les cas avérés de soumission chimique concernent des femmes. Cependant, il est important de noter que le GHB et son cousin le GBL sont également de plus en plus utilisés dans d'autres communautés, notamment la communauté HSH (Homme(s) ayant des rapports sexuels avec un (des) autre(s) homme(s)).

La difficulté de détecter le GHB dans les analyses traditionnelles (sang, urine) et le délai d'obtention des analyses de cheveux soulignent la nécessité d'outils de prévention immédiats.

Le bracelet détecteur de GHB : fonctionnement et caractéristiques

Le bracelet détecteur de GHB, commercialisé par l'entreprise Docteur B sous le nom de "Drink Safe", est conçu pour être un outil simple et accessible de prévention. Son principe de fonctionnement repose sur une réaction chimique simple :

  • Il suffit de déposer une petite goutte de la boisson à tester sur une zone spécifique du bracelet.
  • En cas de présence de GHB, une pastille sur le bracelet change de couleur, passant du jaune au bleu.

Ce dispositif, développé par Benoît de Montessus, cofondateur des laboratoires SBS (Santé, Bien-être et Sécurité) et de la marque Docteur B, est conçu pour une utilisation facile en milieu festif. Le bracelet peut être porté au poignet, mais aussi conservé dans une poche ou un sac.

Gros plan sur la pastille du bracelet qui change de couleur

Fiabilité et limites du dispositif

Le bracelet "Drink Safe" affiche un taux de fiabilité de 96%. Cependant, les spécialistes rappellent qu'il s'agit d'un outil de prévention et non d'un dispositif médical. Il est crucial de souligner ses limites :

  • Le bracelet détecte uniquement le GHB. Il ne réagit pas à d'autres substances couramment utilisées dans les cas de soumission chimique, qui représentent la majorité des cas.

Des associations féministes expriment des réserves, estimant que le bracelet ne permet d'identifier qu'une fraction des agressions (environ 20% des viols) et que le risque réside souvent dans la connaissance de l'agresseur, rendant l'usage du bracelet moins systématique dans des contextes privés.

Accessibilité et coût du bracelet

Le bracelet détecteur de GHB se veut accessible au plus grand nombre. Les packs de bracelets sont proposés à des prix abordables :

  • Un pack de deux bracelets, permettant jusqu'à 8 tests au total (4 tests par bracelet), est vendu environ 6 à 7 euros.
  • Le coût par bracelet se situe donc entre 3 et 4 euros, et le coût par test est d'environ 75 centimes.

Ce dispositif est disponible en pharmacie et peut également être acheté en ligne sur le site du fabricant. Des négociations sont en cours avec des enseignes de grande distribution, des organisateurs de festivals et des établissements nocturnes pour une distribution plus large, potentiellement incluse dans des packs événementiels.

Ce bracelet anti-GHB est-il vraiment efficace ?

Alternatives et dispositifs complémentaires

Bien que le bracelet "Drink Safe" soit une innovation notable, d'autres solutions existent pour se protéger de la soumission chimique :

  • Tests de détection alternatifs : D'autres entreprises proposent des dispositifs similaires, comme la capsule "Clear Drink" qui détecte non seulement le GHB, mais aussi la kétamine, l'ecstasy, la cocaïne et les benzodiazépines. Ces dispositifs sont cependant plus coûteux.
  • Couvercles et capuchons pour verres : Moins chers, ces accessoires permettent de couvrir son verre et d'éviter qu'une substance y soit introduite, tout en prévenant les renversements.
  • Vernis à ongles détecteurs : Certaines initiatives envisagent la distribution de vernis à ongles qui changent de couleur en présence de GHB.
  • Testeurs électroniques : Un nouvel appareil électronique, plus économique par test, est également annoncé.

L'Union des métiers et des industries de l'hôtellerie (Umih) étudie ces différentes options pour les proposer à ses adhérents, tout en espérant une industrialisation à grande échelle pour faire baisser les coûts.

Un engagement collectif pour la sécurité

L'émergence de ces outils de prévention témoigne d'une prise de conscience collective face au fléau de la soumission chimique. Des établissements comme le Café de la Poste à La Rochelle ont déjà investi dans ces bracelets pour les mettre à disposition de leur clientèle, soulignant l'importance de la vigilance et de la solidarité.

L'initiative de créer des outils de prévention est née de la volonté de pallier l'absence de dispositifs immédiats pour les victimes, comme l'a expliqué Benoît de Montessus, dont l'idée a été motivée par les témoignages de victimes de viol.

Malgré les doutes exprimés par certaines associations sur l'efficacité globale face à la complexité des agressions, ces bracelets représentent une aide précieuse pour une vigilance accrue. L'objectif est de rendre les agresseurs plus hésitants, en sachant que les potentielles victimes disposent de moyens pour détecter la présence de GHB.

tags: #bracelet #detecteur #ghb