Le spectacle Cosmos 1969, conçu par le compositeur Thierry Balasse et la chorégraphe Chloé Moglia, se présente comme un objet stellaire unique, fusionnant musique, installations multimédias et conférence hybride. Cette création inédite explore les confins de la science et de la poésie, invitant le public dans un vide traversé d'ondes et d'avenir.
Il s'agit d'un concert ambitieux pour six musiciens, doublé d'un orchestre de haut-parleurs, qui narre l'aventure spatiale à travers la performance d'une danseuse suspendue au-dessus du vide. La composition musicale elle-même gravite autour des secrets de la physique quantique, faisant résonner la "musique des sphères" et la "musique des ondes". Le spectacle propose une plongée en apnée dans le vide environnant, un espace bombardé de particules et envahi par la mémoire.

Une Réinterprétation Artistique de la Mission Apollo 11
Produit par la Compagnie Inouïe, Cosmos 1969 s'inscrit dans la lignée de Pink Floyd, qui avait accompagné en direct l'événement lunaire en 1969 depuis les studios de la BBC. Thierry Balasse et ses complices s'inspirent de ce premier pas sur la Lune, en intégrant les découvertes sonores ultérieures, telles que l'enregistrement de la collision de deux trous noirs. Archéologue des technologies contemporaines, Balasse reconduit la mission Apollo 11 avec une approche poétique et plastique.
Dans cette nouvelle production, Yves Godin est chargé de faire vibrer la lumière, créant de nouveaux matins pour le corps en apesanteur de la danseuse-circassienne Fanny Austry. Parallèlement, Thierry Balasse et cinq autres musiciens reprennent des morceaux emblématiques de David Bowie, The Beatles, King Crimson et Pink Floyd, tissant ainsi une trame sonore mémorielle.
La Danse en Suspension : Un Sommet Artistique
L'artiste circassienne, Fanny Austry, incarne l'apesanteur par une chorégraphie en suspension. Sa performance, parfois assurée d'une seule main à six mètres du sol, sur une rampe profilée comme une courbe infinie, est décrite comme le sommet artistique du spectacle, offrant une expérience fascinante.

Une Double Perspective sur l'Événement Historique
Présenté comme un "regard sur la mission Apollo 11", Cosmos 1969 tente un double point de vue sur cet événement historique. D'une part, il propose une reconstitution fidèle, étayée par l'expertise d'un groupe d'experts. D'autre part, il offre une interprétation libre, enrichie par la contribution de créateurs spécialisés dans les arts de la scène, de la lumière et du son.
L'articulation entre le passé et le présent se manifeste dès le plan musical. Les chansons de l'époque, notamment celles de Pink Floyd, s'intègrent à une trajectoire électro-acoustique, domaine de prédilection de Thierry Balasse, également exploré aux côtés de Pierre Henry. L'introduction du spectacle, plongée dans le noir, fait entendre le vent se transformer en souffle, puis le souffle en voix, une progression graduée qui prépare l'entrée des interprètes.
Mise en Scène et Structure du Spectacle
Sur scène, les musiciens - batterie, basse, guitare électrique, claviers et chanteuse - apparaissent en combinaison bleu d'acier sur la gauche du plateau. Thierry Balasse, en chemise blanche et cravate sombre, se tient sur la droite, entouré de ses synthétiseurs et consoles de mixage, assumant le rôle de commandant de bord. Le voyage, d'une durée d'environ une heure et demie, est divisé en cinq phases distinctes, rythmées par neuf plages musicales.
En toile de fond, une animation abstraite, conçue par l'éclairagiste Yves Godin, accompagne la progression du spectacle, enrichissant l'expérience visuelle et thématique.