Géographie et Histoire Ancienne de la Lozère
Le Gévaudan, territoire historique dont la Lozère est issue, a connu une histoire mouvementée, marquée par les bouleversements de l'histoire nationale. Tantôt intégré au royaume de France dans les pays de langue d'oc, tantôt protégé dans une autonomie de principauté épiscopale jusqu'à la Révolution, le Gévaudan a traversé les âges.
Lors de la conquête de la Gaule, Jules César soumet la tribu celte des Gabales qui occupait la région. La cité de Javols et le mausolée de Lanuéjols témoignent encore aujourd'hui de cette période de romanisation. Le Moyen Âge a profondément marqué l'histoire et le milieu naturel de cette contrée.
Intégré au VIIe siècle dans le royaume Franc, le Gévaudan connaît les soubresauts de la féodalité naissante. Pendant ce temps, ses évêques obtiennent du pouvoir royal des privilèges qu'ils conserveront jusqu'à la Révolution. Les châteaux et les églises romanes jalonnent encore aujourd'hui les sites stratégiques et les chemins de pèlerinage, témoins silencieux d'un riche passé.
Du XVIe au XVIIIe siècle, les guerres de religion ont gravement meurtri le pays. Malgré ces épreuves, l'économie demeure prospère à la veille de la Révolution. Le système agro-pastoral, enrichi par l'industrie lainière, a facilité le développement de la région, même si la légendaire Bête du Gévaudan a fait régner un vent de panique sur le diocèse pendant quatre longues années.
La crise des activités textiles, survenue à la fin du XIXe siècle, a provoqué un marasme économique persistant. Le reboisement des terrains en pente et le développement des voies de communication n'ont pas réussi à enrayer l'exode rural. L'hémorragie démographique a été accentuée par la Première Guerre mondiale.
Le premier peuplement de la Lozère remonte à l'époque de l'Homme de Tautavel, il y a environ 400 000 ans. Les premiers hommes vivaient exclusivement de chasse et de cueillette. La forêt primitive qui couvrait les Causses a disparu sous la pression agro-pastorale.
La Lozère compte plus de 300 dolmens, sépultures collectives utilisées pendant plus de cinq siècles. Les menhirs, dont la vocation était sans doute cultuelle, sont également présents en grand nombre, répartis sur les massifs granitiques et dans le nord du département.
À l'Âge de Fer, l'homme délaisse définitivement les grottes pour des sites d'habitat fortifiés, proches des terrains qu'il exploite.
L'Époque Gallo-Romaine en Gévaudan
L'époque gallo-romaine a laissé de nombreux témoignages en Lozère, qui se nommait alors le Pagus Gabalicus, le pays gabale, du nom de la tribu gauloise qui l'habitait avant la conquête. Anderitum en était la cité. Au cours de la romanisation, elle devient Gabalum, l'actuelle Javols. Le mot Gévaudan tire d'ailleurs ses origines de ces différentes appellations.
Javols : Vestiges d'une Cité Antique
Les fouilles archéologiques pour mettre au jour l'ancienne civitas de Javols ont commencé au début du XIXe siècle et se sont poursuivies jusqu'à nos jours. Des quartiers d'habitation ont été reconnus en de nombreux points du site. Les monuments publics, tels que le théâtre, les thermes et la basilique, ont également été repérés, offrant un aperçu fascinant de la vie romaine dans la région.

Le Mausolée de Lanuéjols
Le Mausolée de Lanuéjols, unique en France avec celui de Saint-Rémy-de-Provence, est remarquablement conservé. Il fait partie d'un ensemble architectural construit dans la seconde moitié du IIe siècle, témoignant du savoir-faire et de l'esthétique de l'époque romaine.
Banassac : Artisanat et Poterie
La fabrication de la poterie, pratiquée par les Gaulois, s'est développée après la conquête romaine. Vers 30-40 après J.-C., l'atelier de La Graufesenque, près de Millau, donne naissance à des ateliers satellites à Banassac et au Rozier, contribuant à l'essor économique de la région.
Le Moyen Âge et la Renaissance en Gévaudan
Saint-Privat, premier évêque connu du Gévaudan, aurait été, selon la tradition, martyrisé par les Alamans au IIIe siècle, sur les pentes du Mont-Mimat qui domine Mende. Intégré au VIIe siècle au royaume Franc d'Austrasie, le Gévaudan demeure proche des Wisigoths, dont la frontière traverse le Mont-Lozère et les Cévennes.
Un siècle plus tard, son appartenance au royaume d'Aquitaine lui fait connaître les soubresauts de l'anarchie et les rivalités seigneuriales, avant d'être rattaché au comté de Toulouse. Cette lointaine et fragile suzeraineté résiste mal à l'ambition et au sens politique des évêques de Mende, qui renforcent leur pouvoir temporel et s'approprient le titre comtal.
La "bulle d'or" accordée par Louis VII à Aldebert du Tournel consacre la domination temporelle des évêques. Après la croisade des Albigeois, les rois de France, héritiers des possessions aragonaises, reconnaissent ces privilèges.
Les ravages de la guerre de Cent Ans, sur fond de peste noire, ont profondément marqué le XIVe siècle. L'évêque de Mende possédait sous l'Ancien Régime des revenus considérables. Au début du XVIIIe siècle, son évêché était l'un des plus lucratifs du Languedoc.
Les guerres de religion du XVIe siècle se traduisent surtout par des escarmouches, des pillages et des sièges de villes. La reconquête catholique ne parvient pas à convertir durablement les protestants cévenols, qui se révoltent au cours de la guerre des Camisards (1702-1705).
La Lozère à l'Époque Moderne et Contemporaine
Le département de la Lozère a été créé lors de la Révolution française, le 4 mars 1790, en application de la loi du 22 décembre 1789. Il correspond approximativement à l'ancien évêché du Gévaudan, qui faisait partie de l'ancienne province du Languedoc.
Le terme "Lozère" trouve son origine dans "lausa", un terme pré-indoeuropéen désignant une pierre plate, mot que l'on retrouve chez les Gaulois. L'histoire de la Lozère s'inscrit ainsi dans la continuité de celle du Gévaudan.
Le département a été créé le 4 janvier 1790 par l'Assemblée constituante en remplacement des provinces de France jugées contraires à l'homogénéité de la Nation. Dans un souci de rationalité, les départements reçurent une architecture semblable : une portion de territoire suffisamment petite pour être gérée facilement par un chef-lieu.
Il a longtemps été question de diviser la Lozère, jugée trop petite en superficie pour constituer un département, entre ses voisins (Cantal, Haute-Loire, Aveyron et Gard). Au moment de choisir un nom (celui de Gévaudan étant trop associé à la pauvreté du pays), plusieurs propositions furent faites, comme « Hautes Cévennes » (nom très prisé à Paris) ou « Sources » (le surnom du département de « pays des sources » lui vient de ses nombreuses résurgences et du fait qu'aucun cours d'eau majeur n'entre dans le département).
Un maquis d'antifascistes allemands a combattu l'armée allemande, les armes à la main, en 1943 et 1944, témoignant de la résistance locale durant la Seconde Guerre mondiale.

Pierre : Étymologie, Histoire et Symbolique du Prénom
Le prénom Pierre trouve son origine dans le nom de l'apôtre Simon Bar-Iona, interpellé par Jésus qui l'appela Képha, "pierre" en araméen : "Tu es Pierre, et sur cette pierre je bâtirai mon église." Ainsi, Simon le pêcheur devint Pierre l'apôtre, premier chef de la chrétienté, premier évêque et premier pape.
Témoin de la Transfiguration et des miracles de Jésus, torturé par ses reniements lors de la persécution du Messie, saint Pierre, l'un des disciples préférés du Sauveur, fut le premier à annoncer la Résurrection. De Jérusalem à Antioche, il évangélisa et annonça la bonne nouvelle, avant d'être crucifié tête en bas à Rome, en 64, sous Néron. Sur son tombeau fut érigée la basilique du Vatican.
Il nous laisse, outre l'Église elle-même, deux épîtres. Près de deux cents autres saints et bienheureux portèrent son nom.
Le prénom de Pierre fut, jusqu'au XIIe siècle, le plus en faveur en France, où il fut ensuite concurrencé par celui de Jean. Le "Pierrot" est depuis le Moyen Âge une désignation du moineau, tandis que le perroquet se rattache également au nom de l'apôtre.
Peter, que les Normands introduisirent en Angleterre, marqua le pas avec la Réforme, celle-ci le tenant pour un nom "papiste", avant de resurgir au XXe siècle grâce à la vogue de Peter Pan (1904), roman de l'Écossais J. M. Barrie.
Toute l'Europe, de l'Allemagne à l'Espagne, a fait un accueil favorable à Pierre, et des Pays-Bas à la Russie et à la Suède, le prénom fut et reste des plus répandus. À noter toutefois que le respect dû à saint Pierre a retenu l'Église d'utiliser Pierre comme dénomination des papes ; une tradition remontant à saint Malachie précise d'ailleurs que l'avènement éventuel d'un pape sous le nom de Pierre II annoncerait la fin du christianisme.
Per, Perig, Pierrick sont des formes bretonnes de Pierre.
Psychologie du Prénom Pierre
Celui qui porte le prénom Pierre se décrit comme exubérant et tendre, mais à prendre avec tact. Il aime l'élégance et l'indépendance, rejetant les dogmes et le conformisme. Bouillonnant, impulsif, sa fantaisie est parfois sans limites. Il oscille entre l'imagination et la force de la volonté, aimant faire le point par la politique de la table rase. On ne le convainc pas facilement, et il a le coup de tête facile et fonceur. Il voit dans l'action continue une routine et une vieille habitude, préférant l'improvisation neuve et l'innovation fulgurante.
Il est à la fois rêveur et curieux de savoir, indiscipliné et professionnellement responsable, instable et super-intuitif. Il excelle, devine les ressorts secrets des situations et des êtres avec le naturel et la promptitude d'une pythonisse inspirée. Cela le rend efficace, voire remarquable, en société : il joue, conte, séduit et entraîne. Reconnu pour sa générosité, les relations sociales et amicales n'ont pas de secret pour lui, à la réserve près que cette sociabilité n'a d'égale que son insolence : encore faut-il que la circonstance lui convienne, sinon il peut se montrer fort aisément rebelle.
Il peut se montrer timide, indifférent et jouer les refoulés fatalistes, alors qu'il a manifestement une âme d'aventurier volontiers bluffeur et bon vivant. Il laisse croire qu'il est de ceux qui commandent et règnent, mais au fond, il n'a pas la vocation d'un chef. Il se demande parfois si saint Pierre n'a pas légèrement bluffé Jésus en le lui laissant croire.
Fonder une Église avec ses désirs souvent débridés et son papillonnage toujours latent ? Pourtant, la discipline a des vertus constructives. Pour peu qu'il s'y soumette, pour peu qu'il rêve de stabilité, de cohérence, d'action étincelante, alors, en effet, la chance vient à lui. Du reste, il lui semble qu'elle vient sur le tard, avec la sagesse qui descend sur les ex-impulsifs et bourlingueurs impénitents.
Popularité du Prénom Pierre
En 1930, la popularité du prénom Pierre était à son apogée, avec 16 486 naissances. Bien que Pierre soit un prénom masculin, il a été donné à 336 filles depuis 1900, ce qui représente 0,1% des 347 791 naissances.
Pierre Lozère : Parcours Politique
En 1962, profitant de la décision de Félix Viallet, député UNR, de ne pas se représenter aux législatives, Pierre Lozère tente sa chance sous l'étiquette "indépendant paysan". Il affronte un candidat officiel de l'UNR peu implanté, mais aussi le maire de Mende, René Estoup, qui arrive en tête à l'issue du premier tour.
À l'Assemblée, il intervient principalement sur les problèmes liés à la ruralité : déficit d'équipement, problème de carte scolaire, défense des agriculteurs. À partir de 1964, il est vice-président de l'association nationale de défense des régions insuffisamment développées.
Il continue de défendre par tous les moyens le maintien, ou le développement, d'un réseau scolaire dense dans les zones rurales. Il propose ainsi de transformer en "collèges climatiques" les CEG de montagne risquant la fermeture faute d'effectifs.
Deux ans plus tard, de nouveau candidat aux législatives, il subit une forte contestation à droite, avec la dissidence de son ancien suppléant, Adrien Durand, sous l'étiquette du Centre démocratie et progrès, et celle du maire de Mende, Henri Trémolet de Villers, ancien député sous la Quatrième République, et soutenu par le CNI.
En 1977, il est élu maire de Mende, puis l'année suivante est réélu député. Il quitte alors progressivement la politique. En 1981, il laisse l'investiture de l'UDF à son ancien allié, puis rival, Adrien Durand, et ne se représente pas aux législatives.