L'étude des arts précieux, des arts décoratifs et des manifestations artistiques à travers l'histoire révèle des liens complexes et fascinants entre différentes cultures et époques. Les découvertes archéologiques, les analyses méthodologiques et les interprétations iconographiques contribuent à enrichir notre compréhension de ces patrimoines.
L'art et les échanges culturels
Les échanges culturels et artistiques entre la France et l'Italie ont toujours été un objet d'étude important dans le champ de l'art médiéval, notamment pour l'époque gothique. Les interactions entre les deux pays ont été constantes et souvent favorisées par les relations politiques ; en outre, les déplacements des artistes et des œuvres, tout comme les transferts artistiques, bien qu'il reste à les préciser et quantifier, ont eu un rôle novateur dans les développements de l'art gothique en Italie. Les arts précieux ont été reconnus parmi les volets comme l'un des domaines les plus importants de ce phénomène.
Ce volume constitue les actes du colloque annuel de l’AFPMA qui s’est tenu à l’École normale supérieure à Paris, en novembre 2015. Toichographologues, archéologues, conservateurs, restaurateurs… ont présenté vingt-six contributions, discuté et confronté leurs travaux devant - et avec - un large public d’étudiants, chercheurs et amateurs, français et étrangers. La première partie, l’actualité de la recherche, regroupe des études sur des ensembles issus de fouilles récentes, mais aussi plus anciennement dégagés, et maintenant revisités, qui enrichissent un corpus déjà conséquent dans les Gaules, en Germanie, en Helvétie, en Italie. La deuxième partie aborde la méthodologie, les analyses et les expérimentations, la conservation et la restauration, et la diffusion des peintures et des stucs, à travers des technologies innovantes, l’usage de la 3D, les bases de données… Enfin, deux analyses iconographiques et trois ensembles réétudiés avec un nouveau regard attentif terminent ces actes qui, cette année encore dessinent un panorama de la recherche en cours dans le domaine des revêtements antiques, la toichographologie, en Italie et dans les provinces de l'Empire romain.

Manifestations artistiques dans l'Antiquité et le Paléolithique
Le site Épigravettien de l’Abri Dalmeri, situé sur le bord nord-est du plateau des Sette Comuni (Trentin, Italie), est devenu au cours des quinze dernières années un site clé pour la reconstitution de l'exploitation des territoires de montagne par les groupes humains de la fin du Paléolithique supérieur. Les fouilles, menées entre 1991 et 2005, ont mis au jour une séquence de niveaux anthropiques du récent Épigravettien, datés au radiocarbone de l'interstade d'Alleröd. Les paléo-surfaces bien conservées ont permis une analyse approfondie des restes faunistiques et lithiques, permettant de reconstituer la paléoéconomie, la fonction et l'organisation interne du site. Au cours des cinq dernières années, la découverte d'une quantité notable de pierres peintes à l'ocre rouge, liées à la phase d'occupation la plus ancienne, a révélé différentes représentations, tant des peintures naturalistes que des signes. Suite à cette découverte, l'interprétation du site a commencé à toucher la sphère artistique et religieuse, apportant de nouvelles perspectives sur l'art épigravettien.

L'étude se concentre sur les traces de peinture sur les stèles ornées de Mongolie, datant de la fin du IIe millénaire à la mi-Ier millénaire avant J.-C. La peinture a été réalisée dans diverses nuances de rouge. Dans tous les cas, des restes de peinture ont été trouvés sur des facettes protégées de l'altération par l'effondrement ou la réutilisation des stèles. Une protection supplémentaire a pu être fournie par une croûte de calcite formée là où les stèles étaient en contact avec le sol. Sur la base du rôle de la peinture dans l'imagerie visuelle, deux groupes de peintures sont décrits : de soutien (remplissant les figures gravées ou les délimitant) et indépendantes. Le premier groupe est le plus important. En termes de composition, les stèles se répartissent en deux types : 1) celles dont la face avant se trouve sur la facette verticale étroite, portant des images de cerfs dans le style mongol-transbaïkal ; 2) et celles dont la face avant se trouve sur la facette verticale large, où le registre supérieur est accentué, et où ne figurent ni cerfs ni ceintures avec des armes. La chronologie relative des deux types est établie par le fait que dans certains cas, des stèles du premier type ont été remodelées en celles du second type. De plus, le premier type est lié aux sites funéraires et commémoratifs de la culture Khereksur et des Pierres de Cerf de Mongolie centrale ; le second, aux sépultures de la culture des Tombes Plates.
L'épigraphie et les inscriptions
Plusieurs empreintes de sceaux-cylindres de la Ville II de Mari (périodes EDIII - Akkad ancien), publiées par D. Beyer en 2007, portent une inscription en cartouche. Des améliorations dans la lecture du nom du propriétaire et/ou de la disposition du décor peuvent être proposées pour certaines de ces empreintes, notamment du « Chantier H » et du « Chantier F ». Une nouvelle vision du décor du sceau-cylindre appartenant à l'épouse de l'« EN de Mari », documentée par des empreintes du « Chantier H », sera examinée. Ensuite, le nom de certains « serviteurs de la fille » connus par des empreintes de leur sceau-cylindre, découvert dans le « Chantier H », peut être amélioré. Du « Chantier F » (niveau Ville II), une seule empreinte de sceau avec un cartouche inscrit a été découverte. Par de nouvelles images de sceaux, il semble possible de lire le nom et la fonction du propriétaire du sceau-cylindre.

L'objectif de l'article suivant est de mettre en lumière les inscriptions métriques de l'Antiquité tardive composées par le clergé italien, bien au-delà de son représentant le plus célèbre, l'évêque romain Damase (366-384). Près de 150 témoignages épigrammatiques, inégalement répartis - tant géographiquement que chronologiquement -, sont connus dans toute la péninsule. Cependant, les regroupements se situent principalement à Rome, Milan et Ravenne et appartiennent majoritairement aux Ve et VIe siècles. Plusieurs possibilités existent pour attribuer une épigramme au clergé, la plus évidente étant la mention explicite d'un grade ecclésiastique dans l'inscription elle-même. Parmi l'ensemble du clergé, les évêques sont de loin le groupe le mieux représenté dans les inscriptions métriques, très probablement pour des raisons éducatives et financières. Ils utilisaient le genre épigrammatique essentiellement pour les inscriptions funéraires et de construction, qui étaient souvent exposées dans des lieux publics et constituaient ainsi un élément essentiel de l'auto-promotion de leurs auteurs. La contribution se termine par la présentation de huit témoignages métriques particulièrement intéressants. Ceux-ci illustrent la grande variété et l'hétérogénéité de ce genre pour le clergé en particulier et pour l'Antiquité tardive en général.
La céramique sigillée et les inscriptions
La céramique belge correspond à deux catégories (terra rubra et terra nigra) et comprend un répertoire de vaisselle de table issu de la terre sigillée italique, de la céramique celtique et de la vaisselle métallique. Après une caractérisation globale de l'estampillage de cette céramique, l'estampillage spécifique à certaines régions (Champagne, Moselle et Rhénanie, Nord) est examiné sous l'angle de la chronologie, du répertoire et de la qualité. Les formes de l'estampillage (épigraphique ou non, avec cadre, ligature, abréviation, etc.) dépendent des potiers, de leur origine et de leur dépendance aux répertoires imités, ainsi que de leurs exigences et de leur environnement. En Champagne et dans les villes de Moselle, les potiers qui imitent la terre sigillée précoce montrent une proximité avec la culture méditerranéenne de l'écrit, de même que les potiers septentrionaux qui s'inspirent de produits métalliques dans la seconde moitié du Ier s. Voici la liste des personnes indexées dans les registres qui ont été numérisés et hébergés sur Geneanet sur Paris. N'hésitez pas à contribuer au projet en dépouillant vous-même une partie de registre, ou en corrigeant un patronyme mal transcrit via le lien en haut à droite des registres.

L'héritage du Château de Richelieu
Ensemble de boiseries : deux portes, (divers montants moulurés) - et quatre panneaux centrés d'un médaillon. Bois sculpté, mouluré à panneaux et entrelacs. Décor peint. Porte : Haut. 288, Larg. 103 cm. Panneaux : Haut. 45,5, Long. 133 cm. Provenance : Château de Richelieu (Indre-et-Loire). Remontées postérieurement dans une maison particulière, rue de la gare, à Richelieu. Ces portes appartiennent au même ensemble de boiseries vendu au château de Cheverny le 11 juin 2006.
Château de Richelieu en 3d
Richelieu est une ville aux confins de la Touraine et du Poitou. La seigneurie de Richelieu appartenait à la famille du Plessis depuis 1468. Armand du Plessis, cardinal de Richelieu dès 1622 et devenu premier ministre du roi Louis XIII en 1624, fait ériger la seigneurie en duché. Simple village, Richelieu se développe sous l'impulsion et l'œil averti du cardinal. Après la difficile journée des Dupes en 1631, Richelieu lance la construction du château familial ainsi que la reconfiguration de la ville dont il veut en faire la capitale de son duché. Ce château au projet ambitieux est achevé en 1640 et devient l'archétype des châteaux du XVIIe rivalisant d'audace et de magnificence. Aujourd'hui seuls les murs du parc et les canaux restaurés témoignent de la réalisation d'une demeure quasi royale que l'Europe visitait et admirait.
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