La fleur de lys, profondément associée à la royauté, revêt plusieurs significations dans le langage des fleurs. Ses pétales aux courbes voluptueuses incarnent la puissance et la pureté, faisant du lys un emblème de noblesse et de féminité. Il est intéressant de connaître la signification du lys afin de profiter pleinement de sa beauté. On associe le lys au pouvoir, à la souveraineté et à l’honneur. Cette fleur à la beauté opulente évoque aussi la pureté du corps et de l’âme. Il n’est donc pas rare de le retrouver dans les bouquets de mariée, les décorations de mariage ou les cérémonies en tous genres.
Origines Botaniques et Caractéristiques
Le lys est une plante à bulbe de la famille des Liliacées. Sa fleur, très parfumée, est disponible dans une large palette de couleurs. Elle possède trois pétales et trois sépales semblables. Il existe une centaine d’espèces et de types de lys, tantôt originaires d’Europe, d’Amérique du Nord ou d’Asie du Sud. Toutefois, certains types de fleurs de lys sont très odorants et peuvent incommoder les personnes sensibles aux senteurs puissantes, comme les femmes enceintes.

Le Lys, Symbole de Noblesse et de Royauté
Fleur éminemment associée aux saints et aux monarques, le lys revendique son rang de fleur noble. À juste titre qualifié de « roi des fleurs » en écho aux légendes bibliques et à son passé royal, le lys s’unit harmonieusement à la rose rouge, incarnation de l’amour passionné.
La Fleur de Lys comme Emblème Royal
Le lys ou fleur de lys est l’emblème de la royauté française depuis le XIIe siècle, lorsque le roi Louis VII, fasciné par cette fleur exotique, décida de l’utiliser comme symbole royal sur ses armoiries, blasons et sceaux. C’est ainsi qu’est née la fleur de lys, devenue partie intégrante de l’héraldique européenne. La fleur de lys figure également sur les armoiries et autres symboles de l’Empire allemand.
La fleur de lys, ou fleur de lis (⚜), est un meuble héraldique. C'est l'une des figures les plus populaires avec les multiples croix, l'aigle et le lion. La fleur de lys ne représente pas le lys (Lilium sp.) que l'on trouve dans les jardins (utilisé plus rarement en héraldique sous le nom de lys de jardin). Certains auteurs, comme Charles Bruneau et le frère Marie-Victorin, y voient plutôt une représentation stylisée de l'iris des marais. Du fait de sa valeur dans la tradition chrétienne, la fleur de lys était symboliquement très présente sous la forme d'aigrette trifide, dans l'Empire byzantin puis dans les royaumes francs et le royaume lombard. Ce symbole fut utilisé par les souverains carolingiens puis par leurs successeurs, empereurs ottoniens et rois capétiens. C'est sous le règne de Louis VII que l’expression « fleur de lis » apparut et que les fleurs de lis d'or sur champ d'azur devinrent les armes de France et l’emblème spécifique des rois de France. Aujourd'hui délaissée en France, elle est encore en Amérique du Nord un symbole de la présence francophone, en particulier au Québec où elle fait office de symbole national.

Origines Légendaires et Historiques
Parmi les hypothèses donnant à la fleur de lys des origines religieuses, on peut citer cette légende hagiographique : dans l’ancienne forêt de Cruye (actuelle forêt de Marly), près du château de Montjoie où la tradition a fait séjourner Clovis et son épouse, vivait près d’une fontaine un ermite que la très chrétienne reine Clotilde avait l’habitude de venir consulter. Un jour qu’elle était en prière avec le saint homme, un ange leur serait apparu et lui aurait demandé de remplacer l’écusson de son mari portant trois croissants ou trois crapauds par trois fleurs de lys qui brillaient d’une couleur d’or sur la plaine de l’actuel Joye-en-Val.
Une autre légende rapportée par Louis Girard rappelle que la fleur de lys est un iris stylisé dont Clovis a fait sa fleur favorite : lors de la bataille de Vouillé en 507, les armées de Clovis sont repoussées dans les marécages de la Vienne par les Wisigoths d'Alaric II. Une biche au son de l’armée traverse alors la Vienne en crue au niveau d’un gué environné de grands iris dont les rhizomes contribuent à la stabilisation des berges et vasières des cours d’eau, indiquant ainsi que ce passage au sol stable pouvait être franchi par les armées franques qui vont pouvoir battre les Wisigoths.
Il a aussi été affirmé que la fleur de lys serait un ancien symbole des Francs saliens qui étaient originaires de Flandre où l’iris Faux-Acore ou iris des marais (Iris pseudacorus L.), plante hélophyte à fleurs jaunes spectaculaires, pousse en abondance sur les rives de la Lys, le cours d’eau le plus important de Flandre après l’Escaut. Le seigneur d’Armentières, une ville où coule cette rivière, en fit le motif de son blason. Lors de l’annexion de son fief par le roi des Francs, celui-ci décida à son tour de l’ajouter à son propre blason.
On a découvert dans ce qui reste de l’église de Saint-Denis, construite par l’abbé Fulrad à la fin du règne de Pépin le Bref et au début de celui de Charlemagne, des colonnes dont les bases étaient ornées d’une frise de lys et rinceaux. Le Christ de l’évangéliaire de Godescalc, peint vers 782 à la cour de Charlemagne, est environné de lys blancs. De nombreux manuscrits carolingiens présenteront des lys blanc et or, parfois sous la forme de rinceaux et associés au monde stellaire. Les lys sont appréciés par Charlemagne qui les place en tête du capitulaire De Villis, règlement des villae royales, grandes exploitations agricoles carolingiennes.
Il semble que Louis VII ait joué un rôle déterminant dans l'adoption de la fleur de lys comme symbole spécifique de la royauté française. Avant Louis VII, à la suite des souverains carolingiens, les premiers rois capétiens imitaient la robe talaire bleue semée d’astres et de constellations du grand prêtre d’Israël. On sait par Helgaud en sa Vie du roi Robert que Charles II le Chauve avait un ornement appelé orbis terrarum. Le ciel cosmique a été changé en ciel des élus, ciel spirituel, et le manteau royal est devenu bleu semé de fleurs de lys d’or, composition assurée pour l’ordo de 1200 environ, reflet probable du sacre de Philippe II Auguste en 1179. Ce changement se serait fait sous l'influence des idées que Bernard de Clairvaux a exprimé dans ses Sermons sur le Cantique des cantiques, pour qui dans le monde spirituel, les Élus sont assimilables à des lys ; le lys n'est pas en lui-même un symbole marial mais un signe de ressemblance avec le Christ. Cette influence aurait pu transiter par l'intermédiaire du frère du roi, le prince Henri, qui avant d'être archevêque de Reims, fut simple moine à Clairvaux entre 1145 et 1149 ; dans cette optique, le Cosmos du vêtement du roi ne doit plus être celui du monde matériel des astres, mais le monde spirituel des saints ; dès lors, une bannière semée de lys peut concrétiser la parole de la Sagesse selon laquelle tout l'Univers (spirituel) combat avec le juste. Dès avant Bernard de Clairvaux, le ciel fleuri, évocation des élus, est omniprésent dans l'art occidental, par exemple dans la Chanson de Roland, ou sur les églises comme celle de la Lande de Fronsac. Sur les vêtements du sacre de Jean II le Bon, les deux cosmos matériel et spirituel coexistent.
Le gisant de Louis VII à l’abbaye cistercienne de Sainte-Marie de Barbeau. Le tombeau date de 1180-1206 : la dalmatique du roi y est ornée de bandes décorées d’un réseau losangé comblé de fleurs de lis, de même que la tunique ; on peut penser que son épouse Adèle de Champagne n’aurait pas fait installer des fleurs de lis sur la tombe de son mari si celui-ci ne les avait pas assumées.
Le baron François-Marie-Claude Richard de Hautesierck (1713-1789) fit établir cette borne-frontière portant fleur de lys près de la cité Bois-Richard de L'Hôpital (Moselle).

Évolution Héraldique et Symbolique
L’aspect botanique et floral de ce symbole royal apparaît, notamment, dans les fines nervures sur les fleurs de lys des contre-sceaux des rois de France à partir de Philippe II Auguste : le graveur de ce roi a mis deux étamines stylisées qui apparaissent aussi dans la fleur tenue par la main droite de ce roi sur son sceau de majesté. Un emploi du semis de lys attesté se trouve sur un sceau du fils de Philippe II Auguste, le prince Louis, futur Louis VIII, en 1211. La France du Moyen Âge sera symbolisée par des pavillons aux armes de France sur les portulans : des navires ont utilisé cet emblème dès 1270 sur un manuscrit.
Ainsi, les armes d'azur semé de fleur de lys d'or et d'azur à trois fleurs de lys d'or sont si étroitement liées à la monarchie française que la langue du blason utilise les expressions de France ancien (pour le semé) et de France moderne (pour les trois fleurs de lys) pour économiser une description archi-connue de tous.
En France, les bonnes villes, c’est-à-dire celles qui avaient le droit de se faire représenter par leurs « mayeurs » (ou maires) au sacre du roi de France, avaient le droit de porter sur leur blason un chef de France, c’est-à-dire « d'azur semé de fleurs de lys d'or » (France ancien) ou « d'azur à trois fleurs de lys d'or » (France moderne). Le chef de France est une augmentation accordée aux armes de ces villes. Un terme proche est l'expression chef d'Anjou qui désigne un chef d'azur fleur-de-lysé d'or brisé d'un lambel de gueules utilisé surtout dans l'héraldique italienne.
C'est Charles V qui réduisit le nombre de fleurs de lys à trois (1376), en l'honneur de la Sainte Trinité. Le passage de France ancien à moderne a conduit à de nombreuses armes irrégulières, à enquerre. En effet, le fleurdelisé primitif est un semis, qui n'est pas soumis à la règle de contrariété des couleurs. Il peut donc être associé à des pièces ou des meubles de tout fond.
La Fleur de Lys dans les Traditions Religieuses
Dans la Bible, à l'entrée du Temple de Salomon "Les chapiteaux qui étaient sur le sommet des colonnes, dans le portique, figuraient des lis et avaient quatre coudées." (1 Rois 7:19). Le lys forme une corolle pure ouverte vers le haut symbolisant la réception du divin. Le quatre est le symbole de la Terre.
Sous le règne de Charles V, le rédacteur de la Charte de Limay indiquait que les fleurs de lis étaient « trois pour exprimer la Trinité, afin que, à la façon où le Père, le Verbe et l’Esprit des trois fleurs préfigurent mystérieusement un signe unique ; et à la manière où le soleil de la divinité illumine du haut de l’empyrée le monde entier, ainsi les trois fleurs d’or, placées sur un champ céleste ou d’azur resplendissent plus glorieusement sur toute la terre et éblouissent d’une clarté vive, et afin que le sens du signe s’adapte correctement aux personnes de la Trinité, la puissance des armes, la science des lettres et la clémence des princes correspondent très parfaitement au groupe des trois lis par lesquels le royaume de France a brillé aujourd’hui et conserve en cela les marques de la Trinité.
Dans un texte paru un siècle plus tard, il est précisé que « les fleurs de lys sont au nombre de trois parce que ce nombre est complet, qu’il contient en lui le commencement, le milieu et la fin ; de même que dans la très Sainte-Trinité, au Père est attribuée la puissance, au Fils la sagesse et au Saint-Esprit la clémence, attribut nécessaire du prince.
L'Empreinte Religieuse de la Fleur de Lys
Parce que son histoire est intimement liée au judaïsme et à la religion chrétienne, la fleur de lys porte en elle une aura mystique. Dès l’Antiquité, des fleurs de lys étaient délicatement sculptées sur les tombes juives. La fleur de lys est même à l’origine de l’étoile à six branches. Dans la religion chrétienne, le lys est un symbole de pureté, emblématique de la Vierge Marie. La Bible le relie à Eve, mais aussi au peuple d’Israël.

Significations Culturelles et Symboliques Diverses
La signification attribuée à la fleur de lys varie d’une culture à l’autre. Les égyptiens et les grecs lui ont attribué une forme de puissance divine en l’associant aux notions d’au-delà et d’éternité. En Amérique latine et plus précisément dans la culture aztèque, le lys représente le féminin sacré, qu’incarne à merveille une variété de lys rouge vif originaire du Mexique : le Sprekelia formosissima.
La Fleur de Lys à Travers le Monde
La fleur de lys se retrouve notamment sur des villes dont le nom évoque les mots lys ou fleurs, on parle d'armes parlantes. À l'origine le blason de Lille est un iris des marais (d'argent sur champs de gueules, analogue à celui d'or sur azur de Bruxelles-Capitale). La transformation en lys (aux formes très proches) serait due à une intervention de Louis XIV à la prise de la ville, en en faisant, volontairement ou non, des armes parlantes (Lille, lilium).
La ville de Québec est l'une des villes nord-américaine les plus fleuries de lys. Dans le seul secteur de la vieille ville, plus de 650 fleurs de lys ornent l’extérieur des édifices : frontons, portes, enseignes commerciales, boîtes à fleurs, clôtures, etc. La fleur de lys figure sur le drapeau de la ville de Saint-Louis dans l'État du Missouri aux États-Unis. Elle est un héritage de la présence française dans la région de la rive orientale du Mississippi. D'autres villes, familles, organisations, villes, provinces ou États utilisent ou ont utilisé ce symbole. Quelques équipes sportives ont une fleur de lys dans leur logo officiel.
Le lys fut très présent dans le monde romain chrétien et le monde romain byzantin. On le trouve sur les mosaïques des églises de Ravenne et de Rome. Les monuments romains et byzantins ainsi que les diadèmes, sceptres et trônes des empereurs sont ornés d’aigrettes trifides. Les pétales sont le plus souvent directement accolés à leur base, mais pas nécessairement. Un pied, formé par le prolongement des pétales ou par une seule pièce trilobe.
La fleur de lis intervient assez peu dans les autres meubles. Ci-contre une croix et un trêcheur fleurdelysés ou fleurdelisés (mais on dit aussi florencés). Le double trêcheur fleurdelisé et contre-fleurdelisé du blason des rois d'Écosse est passé dans le langage héraldique de ce pays sous le nom de « trêcheur royal » (royal tressure). À noter que pour la croix comme pour le sceptre de Trieste, la fleur de lis perd sa partie inférieure. Elle est dite « nourrie » ou « au pied nourri » (on ne voit pas ses racines, si on les voyait elle ne serait plus « nourrie »).
Suivant les époques et les modes, la fleur de lys (comme pratiquement tous les autres meubles héraldiques) s'est vue figurée - et parfois défigurée - selon une très grande variété de styles, des plus simples silhouettes jusqu'aux représentations détaillées, en passant par des figures surchargées, peu compatibles avec la nature de l'héraldique, qui ne manipule que des symboles.
La Fleur de Lys dans l'Artisanat et la Joaillerie
Sur le plan anatomique, les fleurs de lys se distinguent par leur structure particulière. L’action continue de la salive contribue à les polir naturellement, leur conférant une patine douce et brillante. Cette surface nacrée, variant du blanc ivoire au brun doré selon l’âge de l’animal, est l’une des raisons de leur attrait esthétique. Elles accompagnent l’animal toute sa vie, ce qui leur donne une dimension symbolique de longévité et de fidélité. Ces dents ont rapidement attiré l’attention des joailliers et artisans. Leur éclat naturel en fait une matière noble, souvent mise en valeur dans des montures en or, en argent ou en cuivre. On les porte en pendentifs, en bagues, en broches ou en boutons de manchette. Dans certaines traditions, elles sont offertes comme gage d’amitié, de fidélité ou de bravoure.
Au-delà de leur beauté, les fleurs de lys portent une dimension symbolique qui traverse les cultures. Dans certaines régions d’Europe centrale, on croyait qu’elles protégeaient du mauvais sort et qu’elles pouvaient être utilisées comme amulettes de chasse. En Allemagne, elles étaient parfois offertes à la mariée comme signe de fidélité. Chez certains peuples d’Europe de l’Est, les canines de cerf étaient perçues comme des talismans de force et de fertilité. On en ornait parfois les ceintures ou les colliers afin d’assurer prospérité au foyer. Plus au sud, dans les traditions alpines, elles symbolisaient la chance : posséder une « fleur de lys » était censé protéger contre les maladies et attirer l’abondance. Aujourd’hui encore, nombre de chasseurs conservent ces dents non seulement comme trophée mais aussi comme porte-bonheur. Le fait qu’elles soient rares, difficiles à obtenir et toujours uniques renforce cette aura de mystère et de prestige. Ainsi, au fil du temps, les fleurs de lys sont devenues des objets chargés de mémoire. Elles incarnent à la fois la beauté de la nature sauvage, l’histoire évolutive des cervidés et le lien intime entre l’homme et l’animal. Dans certaines familles, elles se transmettent comme bijoux hérités, porteurs d’une tradition cynégétique ou d’un souvenir marquant. De simples canines vestigiales, elles sont devenues des symboles précieux, réunissant esthétique, histoire, croyances et artisanat.

Le Lys Blanc : Symbole de Pureté et d'Équilibre
Les lys blancs symbolisent la pureté, la fidélité et l’équilibre. La signification spirituelle de la fleur de lys est la beauté, l’espoir, l’équilibre intérieur et la prise de décision.