Introduction aux marquages et poinçons
Les symboles et poinçons présents sur les armes à feu, notamment les fusils de chasse, sont essentiels pour dater leur fabrication et comprendre leur origine. En effet, ces marques varient selon les pays et les fabricants, offrant des informations précieuses sur l'histoire et la conformité de l'arme.
Cet article vise à fournir une compréhension claire des symboles et poinçons présents sur les douilles d'obus et les canons d'armes à feu, en se basant sur des discussions et des informations techniques.
Cas spécifiques des douilles d'obus
Identification d'une douille de 105mm courte modèle 1935
Une douille d'obus découverte dans une cave a été identifiée comme étant une douille de 105mm courte modèle 1935. Il semblerait que l'atelier de construction soit Rennes. La douille date du premier lot de 1939 et le laiton proviendrait de l'entreprise Les fils de Victor Bidault et Cie (BD).

Marquages sur des obus
Plusieurs types de marquages peuvent être trouvés sur des obus, fournissant des informations sur leur fabrication et leur utilisation.
- Obus Antichar Hotchkiss modèles 1938 : Marquages en noir : S.F 56.27.11 -38 H25 6 38 S.LL. Marquages gravés : SF 38 2 I. Marquage à l'amorce : CF 230 37.
- Obus 37-85 PDPs : Le numéro "85" pourrait correspondre à l'année d'introduction. PDPs pourrait signifier PINCHART DENYS PARIS.
Les dessins comme une rose ou une fleur sur les obus peuvent avoir une signification symbolique ou décorative, particulièrement dans le contexte du Trench Art.
Poinçons et marquages sur les armes à feu
Poinçons Français
Les armes à poudre noire produites en France portent le poinçon F couronné lorsqu'il s'agit d'armes de Saint-Étienne.
Le poinçon PM (Poudre M) couronné est de Saint-Étienne et date de 1898 à 1914, concernant l'épreuve définitive avec poudre M (sans fumée).
Autres Poinçons et Marquages
- L'aigle a été utilisé de 1939 à 1945.
- Le S sous couronne est le poinçon spécifique aux armes à canon lisse de 1891 à 1939.
- Figure le poinçon BNP utilisé à partir de 1954.
Le Cas Spécifique du Poinçon "R sous Couronne"
Le poinçon du R à la grosse couronne serait instauré en avril 1756. Il est mentionné comme étant le poinçon de contrôle le plus ancien à la Manufacture de Klingenthal et se trouve sur des montures et des lames.
Il existe des variantes de ce poinçon, notamment un petit poinçon de charge ressemblant au C couronné utilisé dans l'argenterie, et un petit R à petite couronne qui pourrait s'agir d'un poinçon de décharge (d'impôt) sur le laiton.
L'interprétation de ce "R" couronné varie : il pourrait signifier "Rex" ou "Roi", bien qu'un monogramme "L" couronné pour "Louis" soit plus courant en France pour évoquer le roi. Une autre interprétation serait "reçu", dans le sens d'"accepté".

Poinçons Belges et Système de Datation
Dans l'ordre, les marquages belges typiques incluent ELG dans un ovale, le calibre, les lettres de contrôle P.V étoilée ou couronnée, et enfin la lettre de l'année.
Ce système de datation utilise une lettre pour désigner l'année de fabrication. Par exemple, en 1922, la lettre était 'a', en 1923 'b', et ainsi de suite jusqu'en 1946 ('y').
| Année | Lettre de datation |
|---|---|
| 1922 | a |
| 1923 | b |
| ... | ... |
| 1939 | r |
| 1940 | s |
| ... | ... |
| 1946 | y |

Convention Internationale Permanente (CIP) et Épreuves
La Convention Internationale Permanente (CIP), établie le 15 juillet 1914, a acté la reconnaissance réciproque des poinçons d'épreuve des armes à feu. Elle a unifié les pressions des épreuves dans divers pays.
La ratification de cette convention par la France le 14 mai 1926 a dispensé les armes portant les poinçons français de subir à nouveau des épreuves similaires dans les pays adhérant à la CIP.
Le caractère facultatif des épreuves, introduit par la Loi de 1885, a été supprimé par le décret du 12 janvier 1960, rendant obligatoire l'épreuve de toutes les armes à feu portatives (lisses ou rayées) pour un contrôle de la fabrication.
Sécurité et Épreuves : Le Banc National d'Épreuve
L'épreuve des armes est l'activité historique du Banc National d'Épreuve, un service unique en France créé en 1782 à Saint-Étienne. En 1960, l'épreuve est devenue obligatoire pour toutes les armes à feu civiles, et en 2010, l'institution a été désignée « Banc National d’Épreuve ».
L'épreuve vise à vérifier la résistance de l'arme pour assurer la sécurité de l'utilisateur. Elle comprend un examen par un contrôleur assermenté, qui vérifie l'état du canon, les cotes intérieures, les mécanismes de fermeture et de percussion, suivi d'un tir de cartouches de surpression.
Conseils aux chasseurs et tireurs sportifs :
- Vérifiez que votre arme soit éprouvée par un Banc d’Épreuve de la C.I.P.
- Toute modification ou réparation d’une pièce de sécurité rend la ré-épreuve obligatoire.
- Le Banc National d’Épreuve conseille une ré-épreuve après 30 ans.
Les 4 règles de sécurité lors de l'utilisation d'une arme à feu
Types de munitions et leurs caractéristiques
Les munitions peuvent être classées selon divers critères, notamment la pression, le type de projectile et le mécanisme d'explosion.
Cartouches et Pressions
Les cartouches peuvent être classées par pression maximale et compatibilité.
| Type de Cartouche | Pression Maximale | Diamètre des Billes | Compatibilité |
|---|---|---|---|
| SP (Pression Standard) | Inférieure à 830 bars | Max. | B.S.P. |
| B.S.P. | B.S.P. | ||
| B.G.5 - 953 gr | pour le tir de l'obus F.A. |
Obus et leurs composants
Un obus est un projectile qui contient une matière active permettant de le faire exploser. Sa forme aérodynamique peut varier.
Le mécanisme d'explosion de l'obus peut être activé selon différentes conditions : sur la trajectoire, à l'impact, ou après l'impact.
Les munitions peuvent être semi-encartouchées, où l'obus est dissocié de la douille et mis en place juste avant le tir. La charge propulsive de poudre est enfermée dans une gargousse.
La douille, fabriquée en laiton étiré et vernie intérieurement, est sertie sur le culot de l'obus. Un tube porte-amorce contenant une amorce est fixé au centre du culot.
Poudres et Charges
La poudre B, inventée en 1884, était une poudre sans fumée, une innovation par rapport à la poudre noire. Sa composition a été modifiée pour la rendre plus stable.
- La charge réduite pour certains modèles d'obus explosifs limite la vitesse initiale de l'obus.
- Certaines charges dîtes "de décuivrage" contiennent un appoint d'alliage décuivrant (étain-plomb 60/40).
Poids et Portée des Obus
Le poids des obus peut varier, même pour des modèles identiques, entraînant des différences de vitesse initiale et de portée.
Types d'obus et leur usage
Différents types d'obus ont été développés pour des usages spécifiques sur le champ de bataille.
- Obus explosifs Mle 1900 ou Mle 1915, Mle 1917, F.A. : Ils sont en fonte à parois épaisses et équipés de fusées à double effet. La fusée fusante permet de régler le délai avant l'explosion sur la trajectoire.
- Obus à balles : Conçu pour éclater avant de toucher le sol, projetant des balles. Il était peint en blanc et avait une portée de 8500 mètres.
- Obus à balles mélangées : De forme similaire à l'obus explosif, il projetait des balles vers le sol grâce à la poudre noire située derrière un diaphragme métallique.
- Obus anti-aérien : Fonctionnait de manière similaire à l'obus d'artillerie de campagne, avec une fusée fusante.
- Obus fumigène : Utilisé pour masquer les vues de l'adversaire grâce à un écran de fumée dense et persistant.
- Obus éclairant : Utilisé de nuit pour illuminer le champ de bataille, éjectant un cylindre contenant un parachute et une cartouche éclairante.
- Obus à gaz : Destiné à disperser un produit toxique sous forme de gaz ou de gouttes.
- Obus perforant : Conçu pour perforer les blindages, avec des parois épaisses et un profil aérodynamique.
- Obus d'exercice : En fonte, lestés par un mélange de sable et de résine ou de ciment, et peints en noir avec une bande bleue.
- Cartouche d'exercice : En bois de hêtre, peinte en noir ou en vert.

Trench Art : Douilles gravées et leur signification
Le Trench Art désigne des objets créés par les soldats pendant la Première Guerre mondiale, souvent à partir de douilles et d'obus. Ces pièces sont des œuvres artistiques et patrimoniales.
Une douille ancienne de 75 mm, portant les marquages "SP611", "15", "200", et un poinçon rond avec une étoile, a été découverte. Elle est gravée à la main avec des motifs floraux et décoratifs, suggérant un possible Trench Art.
Les marquages sur ces douilles peuvent indiquer le fabricant, l'année de fabrication, et le numéro de lot.
- SP611 : Marquage d'inspection d'une usine de munitions.
- 15 : Année 1915, date de fabrication de la munition.
- 200 : Numéro de lot 200 de l'année 1915.
- Le losange arrondi peut être le symbole de Rheinmetall AG.
L'interprétation de ces marquages, combinée aux gravures, permet de retracer l'histoire de ces objets et du contexte dans lequel ils ont été créés.

Neutralisation des armes à feu
La neutralisation d'une arme à feu vise à la rendre impropre au tir de munitions par la modification irréversible de son mécanisme de fonctionnement.
De nouvelles normes de neutralisation, décrétées en 1978, permettent aux collectionneurs de conserver en toute sécurité juridique les armes à feu du XXe siècle.
Le poinçon AN couronné de Saint-Étienne est considéré comme une garantie de conformité.
La neutralisation des armes importées de l'UE doit être conforme aux normes françaises. Des doutes subsistent quant à l'équivalence de certaines neutralisations étrangères, notamment celles réalisées en Allemagne, Autriche, Espagne et Russie.
Il est important de noter que la neutralisation des obus ou autre gros calibre n'est pas reconnue, mais les douilles ciselées, repoussées ou gravées sont considérées comme des œuvres artistiques et patrimoniales.
Les munitions d'armes légères ne peuvent pas être neutralisées par un particulier.