Les débuts de la porcelaine en Europe
La porcelaine dure kaolinique, telle qu'elle fut inventée en Chine entre le Xe et le XIIe siècle, fut rapidement connue en Europe. Pendant plusieurs siècles, les faïenciers européens tentèrent de l'imiter en mélangeant de la poudre de verre à de l'argile. Les premiers succès furent enregistrés par les Iraniens au XIIIe siècle, puis par les Florentins au XVIe siècle, qui parvinrent à produire une centaine d'objets.
Ce n'est qu'à Rouen, à la fin du XVIIe siècle, que la production de porcelaine fut industrialisée. Le principe reposait sur la fabrication d'un verre d'une composition particulière, peu soluble dans l'eau, et susceptible d'être cuit avec une grande facilité.
La création de la manufacture de Vincennes et les innovations de Gérin
La pâte fut définitivement améliorée vers 1738 par un employé de la manufacture de Chantilly, Claude Humbert Gérin, qui fut le fondateur de la manufacture de Vincennes-Sèvres en 1740. C'est à cette remarquable amélioration que la Manufacture de Sèvres doit son existence.
En 1738, Philibert Orry, contrôleur général des Finances, souhaitant combattre l'importation, et avec le financement de son demi-frère Jean Louis Henry Orry de Fulvy, donna suite à la proposition de Claude Humbert Gérin, inventeur de la fabrication d'une pâte d'un blanc parfait. C'est ainsi que deux ouvriers de Chantilly, les frères Dubois, accompagnés de Louis-François Gravant, ouvrier de grand talent, et de quelques compagnons de la manufacture de Chantilly, créèrent une fabrique de porcelaine dans une des ailes du château de Vincennes.
En 1744, les frères Dubois quittèrent la fabrique, mais Gravant resta et il connaissait tous les secrets des fabrications. Dony Alexiev, dans son ouvrage « Motifs sur porcelaines », cite : « ... Gravant, toujours sur place, améliora la composition de la pâte. En outre, le personnel comprenait un préparateur en couleurs et plusieurs peintres spécialisés : deux pour les fleurs, un pour les oiseaux et les paysages. Le développement fut très rapide car en 1746 il y avait dix-huit peintres au travail et en 1749 la manufacture comptait cent vingt personnes... »
Cependant, la manufacture, qui à partir de 1750 faisait contrôler la qualité des pâtes par un chimiste, membre de l'Académie des sciences, ne put faire face à ses engagements financiers et la Compagnie Charles Adam fut dissoute en 1752. Dès lors, la marque de fabrique de Vincennes devint le monogramme de Louis XV : deux L entrelacés. En 1753 apparut également la lettre qui date les pièces. Le marquage alphabétique commence avec le « A » en 1753.
Le transfert à Sèvres et le soutien de Madame de Pompadour
Madame de Pompadour, qui s'intéressait beaucoup à la manufacture, influença Louis XV pour faire transférer la manufacture à Sèvres, plus proche de Versailles. Lorsque la Marquise obtint du roi le transfert de Vincennes à Sèvres de la Manufacture royale de porcelaine, elle arrêta son choix sur la ferme de la Guyarde, propriété située non loin de son château de Bellevue. Cette ferme fut entièrement démolie pour permettre, entre 1753 et 1756, la construction par l’architecte Lindet des bâtiments actuels.
Le bâtiment est situé au creux du vallon de Sèvres, entre Paris et Versailles. Pour aller du Louvre à Versailles, il fallait traverser le bourg d’Auteuil jusqu’à la plaine de Boulogne, puis aller à la boucle de la Seine. Les voitures empruntaient le pont, passant ainsi l’île Dauphine. Du pont, on apercevait Brimborion et son portique de verdure qui se prolongeait vers Meudon. Au-delà des coteaux et terrasses se dressait le château de Bellevue, demeure de Mme de Pompadour. Donnant sur la ville de Sèvres, en contrebas du château, se trouvait la Verrerie puis la silhouette d’une demeure austère, la ferme de la Guyarde. Sise en bordure du chemin de Bellevue, le domaine de la Guyarde s’étendait jusqu’à la route de Versailles.
La bâtisse est longue de 130 m et haute de 4 étages, d'une ordonnance toute classique. Le pavillon central est surmonté, à l’étage des combles, d’un fronton sans sculpture orné de l’horloge de l’ancienne Verrerie royale. Les extrémités de la façade sont terminées par deux pavillons d’angle. Le pavillon central est précédé d’une cour dite du public entourée d’une grille en fer forgé.
Le rez-de-chaussée du bâtiment contenait les réserves de terres, le bûcher, les dépôts de matière première. Le premier étage comprenait les ateliers pour les mouleurs pour « la plâterie, la sculpture et la gravure ». Un long couloir permettait la circulation entre les différents services et les fours, dominés au sud par une terrasse. Au deuxième étage, travaillaient les sculpteurs, tourneurs, réparateurs, et garnisseurs. De l’entrée principale partaient les deux escaliers qui se développent côte à côte, l’un jusqu’à la salle d’exposition et de vente située au 2ème étage, dite Grande Bibliothèque, l’autre jusqu’aux combles où se situaient les ateliers largement éclairés des artistes. L’escalier d’honneur était naturellement celui des clients. Agrémenté de fenêtres sur la façade, il n’offrait aucune vue ni aucune porte sur l’intérieur du bâtiment : on protégeait ainsi le secret de la fabrication des pièces.
La salle d’exposition et magasin de vente était un salon aux portes sculptées en plein bois, couronnées de guirlandes qui encadraient le médaillon du roi et les armes de France. Madame de Pompadour venait souvent y vendre elle-même les productions de la Manufacture qu’elle protégeait. Les œuvres étaient exposées dans les vitrines, à l’exception des créations récentes, mises à part dans une réserve pour Louis XV.
Le plus connu des artistes fut Étienne Falconet (1716-1791) à qui la Marquise de Pompadour confia en 1757 la direction des ateliers de sculpture.

Les appartements du roi occupaient l’angle du bâtiment à l’est de la cour d’honneur. Le roi pouvait de son salon gagner les ateliers par un escalier réservé à son seul usage ou se rendre directement à la chambre dans laquelle on mettait de côté pour lui les créations récentes. Dans le même corps de bâtiment se trouve ce que l’on appelait la « salle des gardes » : associés et artistes y attendaient le roi.
En 1756, la manufacture emménage dans ses nouveaux locaux splendides. Bush, Stadelmayer et Pierre-Antoine Hannong, artistes de renom, rejoignirent la manufacture afin de fabriquer de la véritable porcelaine. Vers 1758, les ateliers comptaient deux cent cinquante personnes.
La Manufacture Royale de Sèvres et son développement
Les frais occasionnés par ce nombreux personnel de qualité, ajoutés au coût du transfert à Sèvres, entraînèrent une fois de plus un gouffre financier qui ruina la société. Louis XV décida alors en 1759 d'intégrer la manufacture dans le domaine de la Couronne, et Sèvres devint Manufacture Royale.
La manufacture, à l'abri des soucis financiers, connut un développement extraordinaire et poursuivit sa production prestigieuse sous le règne de Louis XVI, qui la protégea jusqu'à sa mort.
C’est seulement en 1768, avec la découverte près de Limoges d'un gisement de kaolin, ingrédient essentiel à la fabrication de la porcelaine telle qu’on la connaît aujourd’hui, que la manufacture commence à produire des pièces en porcelaine « dure », semblable à celle de Chine ou de Meissen. Cette nouvelle porcelaine ainsi créée est différenciée de la porcelaine « tendre » par une marque aux « L » entrelacés surmontés de la couronne royale.
En 1800, Alexandre Brongniart, illustre chimiste passionné de minéralogie, est nommé à la tête de la manufacture. La porcelaine tendre est abandonnée, les créations sont de plus en plus diversifiées et les techniques modernisées, comme le coulage de la porcelaine en 1819 ou l’impression pour la pose d’or. Il crée en 1824 le Musée de Sèvres, exclusivement consacré à la céramique. Il s’agit d’un musée pédagogique, présentant les pièces par ordre chronologique. Terres cuites, faïences, grès, porcelaines, tous les arts du feu y sont présentés.
De nouveaux bâtiments sont construits et inaugurés en 1876.

Successivement manufacture privée, royale, impériale puis nationale, Sèvres produit des pièces d’une qualité remarquable grâce à des techniques manuelles transmises de génération en génération depuis le XVIIIème siècle. Aujourd’hui, la production s’adapte aux nouvelles tendances grâce au travail de célèbres artistes contemporains ou de designers.
Au fil des siècles, les productions de la manufacture de Sèvres, maintenues au plus haut niveau de qualité, ont considérablement évolué. Au contact des plus grands peintres comme Boucher ou Bachelier, des plus grands sculpteurs comme Falconet ou Rodin, des plus grands designers comme Ruhlmann ou Ettore Sottsass, les décors, les techniques et les formes se sont énormément enrichis.
En 2010, La Cité de la céramique est née du regroupement de la manufacture nationale de Sèvres et du musée national de la céramique. En renforçant ses liens avec les créateurs et designers contemporains et en développant le domaine de la formation, la Cité a enregistré une augmentation de 20 % de son nombre de visiteurs par rapport à 2009. En 2011, elle s'ouvre aux familles en organisant des vernissages réservés aux enfants.
Les productions remarquables de Sèvres et d'autres manufactures
Le musée de Sèvres, fondé par Alexandre Brongniart en 1824, regorge aujourd’hui d’une collection extraordinaire, reflet de siècles de recherches, de créations, d’innovations et de styles.
Parmi les pièces remarquables, on trouve :
- Statuette de perdrix en porcelaine, décor polychrome au naturel.
- Paire d’assiettes en porcelaine à décor polychrome au centre des armes de « de Knyff »*. L’aile avec des rehauts en or et en grisaille.
- Assiette en porcelaine à décor peint en grisaille d’une scène représentant « Les oies du frère Philippe » (conte de La Fontaine inspiré d’une nouvelle de Bocace).
- Groupe en porcelaine de Meissen représentant Vénus et l’Amour à décor polychrome au naturel.
- Bol en porcelaine à décor polychrome de scènes villageoises dans des cartouches polylobés à filet brun, se détachant sur un fond pourpre avec des branchages fleuris.
- Groupe en porcelaine représentant une scène de chasse ; trois chiens entourant un taureau sauvage. Décor polychrome au naturel. Modèle de Johan Joachim Kaendler, marqué en bleu aux deux épées croisées.
- Groupe en porcelaine représentant un garçon assis près d'un léopard. Modèle de J.F.
- Paire de statuettes en porcelaine représentant un berger avec son chien et une bergère accompagnée d’un mouton. Modèle de J.J.
- Boîte à thé rectangulaire et son couvercle en porcelaine de Meissen à décor polychrome et or sur toutes les faces de scènes portuaires animées de marchands à la manière de Christian-Friedrich Herold, encadrées de rinceaux en rouge de fer et or avec le lustre de Böttger.
- Figurine en porcelaine représentant Arlequin assis jouant de la cornemuse. Modèle de J.J. Kandler.
- Figurine en porcelaine représentant Pantalone de la série de la Comedia del Arte pour le duc de Weissenfels, modèle de J.J. Kandler et P. Reinicke, vers 1743.
- Figurine en porcelaine de Meissen à décor polychrome représentant un dandy, le châtelain d’Alsatia* de la série des « Cris de Londres ». Modèle de J.J. Kandler et Peter Reinicke. Marque aux épées croisées en bleu, chiffre 9 incisé sous la base correspondant au numéro du modèle.
- Paire de statuettes de carlins en porcelaine de Meissen à décor polychrome et or au naturel. Les chiens, mâle et femelle avec un chiot, portent un collier orné de grelots et d'un nœud, ils reposent sur une terrasse ovale décorée de fleurs et feuilles en relief. Modèle de Kandler et Reinicke, vers 1745. Marqués aux épées croisées en bleu.
- Groupe en porcelaine de Meissen représentant la famille chinoise d'après les "Délices de l'enfance" de François Boucher. Une femme chinoise assise portant un manteau vert tient un enfant sur son genou gauche, l'autre enfant se tient debout à ses côtés. Modèle P.
- Deux pots couverts en porcelaine tendre de Mennecy à décor polychrome de larges bouquets de fleurs.
- Petit seau à rafraîchir en porcelaine de Saint-Cloud à décor en relief de "rocher percé" et de fleurs de chrysanthème, prises en forme de mascarons, godrons à la base et sur le bord.
- Assiette à palmes en porcelaine tendre de Sèvres à fond vert et décor polychrome d'oiseaux dans des cartouches entourés de fleurs et guirlandes or, bouquet de fleurs au centre.
- Écuelle ronde et son plateau circulaire en porcelaine tendre de Sèvres à décor polychrome de guirlandes de fleurs et galon bleu et or. Marqués : lettre date DD pour 1781, marque de peintre J.J.
- Plateau carré à jours (première grandeur) en porcelaine tendre de Sèvres, à décor polychrome et or au centre d’une couronne de fleurs, filet bleu hachuré en or, le bord ajouré en forme de vagues et fleurettes soulignées de camaïeu bleu, filet or sur le bord.
- Manufacture de Capodimonte : une manufacture royale de porcelaine qui a produit une porcelaine caractéristique, la porcelaine de Capodimonte, à Naples, de 1743 à 1820. La manufacture ouvre ses portes, à Naples, en 1743 sous l'égide de Charles de Bourbon, roi de Naples et futur Charles III d'Espagne.

Les armoiries et les collections de porcelaine
Les manufactures ont, en effet, rapidement recherché la protection d’un membre de la famille royale. L’intérêt principal pour les manufactures est de lutter plus efficacement contre le privilège de la manufacture royale de Sèvres, mais également de bénéficier de certains avantages comme la possibilité d’apposer les armoiries illustres au-dessus de la porte ou sur les factures ou encore d’utiliser comme marque un monogramme formé des initiales des protecteurs.
En 1740, la Manufacture de Vincennes est fondée, grâce au soutien de Louis XV et de Madame de Pompadour, afin de concurrencer les productions de Chantilly et de Meissen. Le comte de Provence, celui qu’on nommait « Monsieur » car il était le premier frère du roi Louis XVI (il sera plus tard le roi Louis XVIII), il s’intéressa à la manufacture de Clignancourt. Le petit-fils de Louis XV, le comte d’Artois, futur Charles X, s’intéressa à l’ancienne manufacture royale de Limoges, située dans son apanage et qui avait été fondée en 1737 ; elle devint en 1773 la « Manufacture du comte d’Artois ».
Marie-Antoinette, épouse de Louis XVI, patronnait de son côté une fabrique fondée par André Leboeuf en 1776, située rue Thioux à la Chaussée d’Antin.
La manufacture de Capodimonte est une manufacture royale de porcelaine qui a produit une porcelaine caractéristique, la porcelaine de Capodimonte, à Naples, de 1743 à 1820. La manufacture ouvre ses portes, à Naples, en 1743 sous l'égide de Charles de Bourbon, roi de Naples et futur Charles III d'Espagne. Avec sa femme, la reine Marie-Amélie, ils instituent la Manufacture royale de Capodimonte attenante au palais de Capodimonte, ancienne résidence royale d'été.
Lorsque Charles de Bourbon monte sur le trône d'Espagne, il fait démolir la manufacture sise au palais de Capodimonte pour la transférer en Espagne avec ses artistes et leur matériel.
Les figurines et les groupes de Giuseppe Gricci permettent à la manufacture de compter parmi les plus importantes d'Europe avec celles de Meissen, Nymphenburg et Sèvres. Sa production se distingue par la manière dont les thèmes sont traités et par leur esprit baroque. Son œuvre comporte aussi des masques de théâtre où il réinterprète des sujets picturaux de Gian Domenico Ferretti.
Le 6 octobre 1759, après avoir nommé son fils Ferdinand, âgé de neuf ans, héritier du royaume de Naples et Sicile, Charles III embarque avec son épouse et ses enfants pour l'Espagne, emportant tout le matériel transportable de la fabrique de Capodimonte. Pendant l'enfance de Ferdinand, la régence est menée par Bernardo Tanucci et le prince Domenico Cattaneo. Avec la complicité du marquis Luca Ricci, directeur de la fabrique d'armes royale de Torre Annuciata, Ferdinand fait des expériences secrètes dans des locaux cachés à la lisière du parc du Reggia di Portici afin d'obtenir de la pâte de porcelaine.
Dirigée par Tommaso Perez, la Real Fabbrica Ferdinandea est active dès 1773, dans un bâtiment jouxtant le palais royal de Naples. La manufacture connaît son âge d'or à partir de 1780, après la mort de Perez, avec l'archéologue Domenico Venuti comme intendant et l'arrivée du sculpteur Filippo Taglioni.
Cadeau de Ferdinand à Charles III, le « service d'Herculanum » est envoyé en Espagne en 1782, prototype de décoration qui est imité par toutes les manufactures européennes. À la fin du XVIIIe siècle, la manufacture développe des collections de céramiques antiques, notamment des services de style étrusque car ce style est recherché à cette époque par les riches particuliers. Vers 1788-1790, la fabrique, désireuse de se renouveler, explore le védutisme et les figures de paysans en costume traditionnel. En 1787, un premier « service des Costumes du Royaume » est réalisé, probablement pour le site royal de Carditello. Venuti conçoit entre 1793 et 1795, le « service des Vues de Naples » ou « service de l'Oie », pour les banquets officiels du Palais royal, connaissant la prédilection de Ferdinand IV pour le védutisme.
Arrivé à Naples en 1806, Joseph Bonaparte fait fermer la fabrique. Au cours de la période napoléonienne, Murat préfère dépenser son argent dans les guerres impériales et entraîne un changement dans la production d'objets en porcelaine. L'important service de table n'intéressant pas le souverain français, la production s'oriente vers les objets décoratifs faits de fleurs qui sont plus prisés par la classe moyenne. C'est l'origine de ce style particulier appelé Capodimonte. La porcelaine de Capodimonte se distingue finalement par des tasses, vases et, plus généralement, par des objets comportant des fleurs.
La porcelaine de Capodimonte a survécu au temps grâce à la créativité des artistes napolitains. De fait, les premiers artisanats sont apparus au cours de la seconde moitié du XIXe siècle. Chacun était géré par les membres de la famille.
La porcelaine de Sèvres au XVIIIe siècle : une production d'exception
La porcelaine de Sèvres du 3e quart du XVIIIe siècle représente un sommet de l'art céramique français. La manufacture, d'abord installée à Vincennes, a vu le jour grâce à Orry de Fulvi, conseiller d’état et intendant des finances de Louis XV. En 1740, dans un désir de rivaliser avec la manufacture de Meissen et celle de Chantilly, la fabrique de Vincennes est fondée.
Très vite, elle acquiert une grande notoriété, produisant des pièces remarquables grâce au talent de personnalités de renom comme le chimiste Hellot, le peintre Bachelier ou encore l’orfèvre du roi, Duplessis.

En 1756, la manufacture est transférée à Sèvres, au plus près du roi et du château de Bellevue, résidence de la marquise. Louis XV l’achète finalement en 1759.
Marque porcelaine tendre de Sèvres : LL entrelacés. C’est seulement en 1768, avec la découverte près de Limoges d'un gisement de kaolin, ingrédient essentiel à la fabrication de la porcelaine telle qu’on la connaît aujourd’hui, que la manufacture commence à produire des pièces en porcelaine « dure », semblable à celle de Chine ou de Meissen. Cette nouvelle porcelaine ainsi créée est différenciée de la porcelaine « tendre » par une marque aux « L » entrelacés surmontés de la couronne royale.
Au fil des siècles, les productions de la manufacture de Sèvres, maintenues au plus haut niveau de qualité, ont considérablement évolué. Au contact des plus grands peintres comme Boucher ou Bachelier, des plus grands sculpteurs comme Falconet ou Rodin, des plus grands designers comme Ruhlmann ou Ettore Sottsass, les décors, les techniques et les formes se sont énormément enrichis.
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