Guillermo Santomà : L'Artisan Joaillier Contemporain

Qui est Guillermo Santomà ?

Guillermo Santomà est un créateur d'avant-garde qui refuse d'être enfermé dans des étiquettes. Né à Barcelone en 1984, il évolue dans un univers où la poésie de l'esthétisme rencontre la profondeur du conceptuel. Son travail se caractérise par l'utilisation de matières inattendues, des couleurs vives, des détournements déroutants et un sens aigu du bon goût.

Atelier de Guillermo Santomà, rempli de matériaux divers et d'œuvres en cours

Il préfère réfléchir aux interactions entre les disciplines plutôt que de se restreindre à un seul domaine. Pour lui, son travail est une évolution, un corpus qui parle de lui-même. Il se considère davantage comme un autodidacte, animé par l'envie de faire quelque chose de concret, plutôt que par la définition conventionnelle d'un poste après des études.

Parcours et Influences

Bien qu'ayant étudié l'architecture et le design industriel, des parcours qu'il n'a pas achevés, ces expériences lui ont permis de travailler aux côtés de professionnels qui sont devenus ses mentors. Santomà n'est pas particulièrement convaincu par les formations conventionnelles, qu'il voit comme une construction sociale imposant une définition de carrière.

Sa philosophie s'étend à sa vie personnelle. Père de Jan, né de sa relation avec la designer graphique Raquel Quevedo, il prône une éducation basée sur l'amour plutôt que sur une instruction rigide. Il voit les enfants comme des êtres qui ont avant tout besoin d'être aimés pour s'épanouir.

Guillermo Santomà travaillant avec son fils Jan dans l'atelier

L'Atelier : Un Espace de Création

L'atelier de Guillermo Santomà, situé à Cornellà, en périphérie de Barcelone, est un vaste entrepôt frais. À l'intérieur, un conteneur sert de tanière à certaines de ses œuvres. L'espace est marqué par des giclées de peinture, des résidus de matières postindustrielles (plastique, polystyrène, silicone, bouts de canalisations), de la ferraille et des objets domestiques récupérés, évoquant le célèbre marché aux puces de Barcelone, le Mercat dels Encants.

À l'étage, Guillermo conserve les maquettes de ses œuvres, témoignages de son processus créatif. Son approche consiste à partir de ce qu'il connaît et a appris pour le mettre en pratique de manière novatrice.

Reconnaissance et Œuvre

Le travail de Guillermo Santomà a été exposé dans de prestigieux musées et galeries, tels que la Side Gallery à Miami, le Centre de Culture Contemporaine de Barcelone, et le Palais de Tokyo à Paris. Ses créations sont reconnues mondialement, et l'Art Institute of Chicago lui consacrera une rétrospective.

Bien que la création artistique ait toujours été une évidence pour lui, la paternité l'a rendu moins nombriliste et a donné plus de valeur au temps. Avec Raquel, ils sont devenus plus casaniers, appréciant les moments simples en famille, comme jouer au sol ou manger une pizza au lit. Leur maison, Casa Horta, a été artistiquement remodelée par Guillermo, chaque recoin portant sa signature et regorgeant d'œuvres conçues par lui et ses amis créateurs.

Maison Casa Horta, réaménagée par Guillermo Santomà, avec des œuvres d'art

Collaboration et Famille

Guillermo et Raquel unissent parfois leurs talents sur des projets communs, dans une démarche complémentaire. Leur fils Jan est décrit comme leur premier projet commun, symbolisant leur union créative et personnelle. Leurs conversations fusionnent et s'enrichissent mutuellement, renforçant leur lien et leur productivité dans leurs projets.

Le Joaillier Niederman : Une Histoire Tragique

L'histoire de Geza Niederman, joaillier parti de Moukatchevo en 1910 pour émigrer à Paris, est marquée par une tragédie. Immatriculé au registre du commerce de Paris en 1923, son parcours fut brutalement interrompu le 17 juillet 1942, lors de la rafle du Vel' d'Hiv. Arrêté par la police française, il fut transporté au camp de Drancy, d'où il partit pour Auschwitz le 22 juillet 1942 par le convoi n°9.

Geza Niederman était né à Munkacs (aujourd'hui en Ukraine) le 16 mai 1893. Son père, Gaston Niederman, avait immigré en France avant la Première Guerre mondiale. Sa mère, Hélène Krausz, née à Budapest le 5 décembre 1900, le rejoignit juste avant leur mariage à Paris en 1924. Geza et Hélène eurent deux fils : Robert, né en 1925, et Émile, né en 1927.

Geza Niederman avait installé son atelier de joaillerie au 37 boulevard Saint-Martin à Paris en 1924. Durant la Première Guerre mondiale, il fut interné en Corse en tant que ressortissant d'un pays ennemi. Après la guerre, il acquit la nationalité tchécoslovaque. Ses frères, Louis et Marcel, le rejoignirent en France à la fin des années 1930.

Photographie de l'immeuble au 37 boulevard Saint-Martin, Paris, où Geza Niederman avait son atelier

L'Atelier et les Créations de Geza Niederman

En 1924, Geza Niederman demanda un poinçon de maître. Il commença par poser une plaque de laiton sur sa porte. Des dessins de ses créations, datant de 1925, ont été conservés, proposant des boîtes à montres, des bracelets ornés de diamants et des broches. Ces pièces, réalisées entre 1925 et 1930, témoignent de son talent.

Dessins de boîtes à montres et de bracelets de Geza Niederman datant des années 1920

La Persécution et la Déportation

En 1940, les mesures anti-juives poussèrent Geza à se déclarer au commissariat. Légaliste et très attaché à la France, il espérait ne pas être inquiété. La même année, son atelier fut "aryanisé", signifiant la confiscation et la mise en vente de ses biens. Geza souffrait de graves problèmes cardiaques. Alité en raison d'une angine de poitrine lors de la rafle du Vel' d'Hiv, il fut arrêté et déporté.

La Survie de la Famille

Grâce à la vigilance de la concierge, qui avait prévenu de la rafle, la femme de Geza, Hélène, parvint à fuir par l'escalier de service. Hébergée temporairement, elle rejoignit Lyon en septembre 1942, avec l'aide de son fils Robert. Ils retrouvèrent Émile, ainsi que les frères de Geza, Louis et Marcel. Après la fin de l'occupation italienne, la famille dut se cacher dans l'arrière-pays, puis dans la forêt, où elle fut secourue par Joseph et Ludovina Gallo. Émile fut arrêté vers le 19 juin 1944 et interné, sans que sa mère ne puisse le revoir.

Après la guerre, Hélène récupéra son appartement après une année de procès. Elle reprit l'affaire de joaillerie de son mari et travailla jusqu'au début des années 1970. Elle décéda en 2006 au Pérou.

L'histoire de Geza Niederman illustre les difficultés rencontrées par de nombreux Juifs en France pour récupérer leurs biens spoliés durant la Seconde Guerre mondiale.

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