Dans le monde des accessoires masculins, la sélection de bijoux peut souvent sembler limitée, manquant de caractère pour les véritables amateurs de mode. Si vous recherchez des pièces qui se distinguent par leur personnalité et leur originalité, la marque William Henry propose des créations uniques.
Fondée en 1997 par Matt Conable, l'entreprise a été conçue comme un atelier d'artisanat où les créateurs de bijoux peuvent concevoir des pièces exclusives pour une clientèle exigeante. Bien que l'entreprise ait considérablement évolué depuis ses débuts, elle continue de proposer des collections limitées de bijoux et d'accessoires fabriqués à la main. L'accent est mis sur l'exclusivité et les pièces uniques, garantissant ainsi que vous ne rencontrerez pas les mêmes créations que vos amis les plus stylés.
Matt Conable souligne l'importance de cette exclusivité : « Pour de nombreuses marques de montres haut de gamme, une édition de 1 000 pièces numérotées pourrait être considérée comme une offre 'exclusive'. » Chez William Henry, pour maintenir le luxe et la qualité, chaque pièce est entièrement fabriquée à la main, de l'argent ciselé à l'or incrusté et poli à la main, conférant ainsi à chaque bracelet, collier et pendentif un design distinctif. Certaines créations s'inspirent même de techniques ancestrales de fabrication d'épées.

La marque William Henry a également séduit de nombreuses célébrités, parmi lesquelles Chris Pine, Nick Jonas, Harrison Ford, Laurence Fishburne, Brad Pitt, Angelina Jolie, Jared Leto, Pierce Brosnan et Zac Brown, tous ayant été aperçus portant les bijoux du créateur.
« Il est important pour moi que chacune de nos pièces touche une corde sensible chez nos clients », affirme Conable. « Il est essentiel d'investir dans des objets qui sont personnels et immédiatement utiles, tout en conservant un attrait et une pertinence intemporels. »
L'Histoire Fascinante des "Trois Frères"
Le joyau connu sous le nom des Trois Frères (ou Les Trois Frères, Die Drei Brüder, The Three Brothers, The Three Brethren) est une pièce d'exception créée à la fin du XIVe siècle. Au fil des siècles, il a appartenu à de nombreuses personnalités influentes, dont le duc Jean sans Peur de Bourgogne, son petit-fils Charles le Téméraire, le banquier allemand Jakob Fugger, la reine Élisabeth Ire d'Angleterre et le roi Jacques VI et Ier d'Écosse et d'Angleterre.
Il a fait partie des joyaux de la couronne anglaise entre 1551 et 1644. La reine Henriette-Marie, épouse de Charles Ier, pourrait l'avoir vendu en 1644. Les Trois Frères sont restés intacts pendant plus de 250 ans, et bien que le bijou ait été remonté au moins une fois, sa forme et sa composition d'origine semblent avoir été préservées.
Le pendentif était centré sur un diamant bleu d'environ 30 carats, taillé en forme de pyramide, d'octaèdre ou de trioctaèdre régulier. Les Trois Frères étaient une commande du duc de Bourgogne Jean sans Peur à la fin des années 1380 et sont devenus l'un des trésors les plus précieux de la Maison de Bourgogne.

Des Origines Bourguignonnes à la Couronne Anglaise
La création des Trois Frères est attribuée à l'orfèvre parisien Hermann Ruissel en 1389, comme en témoignent une facture et un récépissé conservés aux archives départementales de Côte-d'Or à Dijon. Après sa livraison dans les années 1390, le duc Jean sans Peur a mis le bijou en gage en 1412, mais l'a racheté peu avant 1419.
Lors de l'assassinat du duc Jean sans Peur en 1419, le joyau fut transmis à son fils, Philippe le Bon, qui régna sur la Bourgogne. À sa mort en 1467, il passa à son fils, Charles le Téméraire. Ce dernier, connu pour emporter avec lui des objets précieux sur les champs de bataille comme talismans, incluait les Trois Frères parmi ses possessions, aux côtés de tapis ayant appartenu à Alexandre le Grand et de l'énorme diamant Sancy.
Le Butin de Grandson et les Magistrats de Bâle
La défaite de Charles le Téméraire près de Concise en mars 1476, lors de la bataille de Grandson, entraîna la perte de son artillerie et d'un immense butin, dont les Trois Frères, pillés dans sa tente par l'armée confédérée. Le pendentif fut finalement vendu aux magistrats de la ville de Bâle. Ces derniers firent évaluer la pièce et commandèrent une miniature à l'aquarelle, qui constitue aujourd'hui le premier témoignage visuel connu des Trois Frères, conservé au Musée historique de Bâle.
Cependant, les magistrats craignaient que la maison de Habsbourg, héritière du duché de Bourgogne, ne revendique ces biens. En 1504, après un an de négociations, Bâle réussit à vendre les Trois Frères au banquier d'Augsbourg Jacob Fugger pour la somme de 40 200 florins. Cette somme était considérable, équivalant au salaire de 3 300 ouvriers ordinaires pendant un an.

Les Fugger, Henri VIII et l'Accession au Trône Anglais
Les bijoux et les pierres précieuses constituaient pour Fugger une réserve de capital fongible et un investissement rentable. Le joyau resta en possession des Fugger pendant plusieurs décennies. Dans les années 1540, le neveu d'Anton Fugger, Jakob Fugger, décida de liquider une partie des biens familiaux. Face à l'impossibilité pour les monarques continentaux de se porter acquéreurs, les Fugger se tournèrent vers le roi Henri VIII d'Angleterre.
Henri VIII, monarque de la Renaissance passionné par les bijoux, dépensa près de 11 000 livres sterling en bijoux entre 1529 et 1532. Les négociations pour l'acquisition des Trois Frères furent longues, et ne furent conclues qu'en mai 1551 par le successeur d'Henri VIII, Édouard VI, alors âgé de 14 ans. Le jeune roi consigna dans son journal qu'il « devait » acheter le bijou à « Anthony Fulker » (Anton Fugger) pour 100 000 écus, la monarchie devant 60 000 £ à la banque Fugger.
Le 7 juin 1551, Édouard confia le pendentif à la garde de son Lord grand trésorier, William Paulet. En 1553, il fut décidé de le céder à Marie, la demi-sœur d'Édouard, à l'occasion de son mariage avec le prince Philippe d'Espagne en 1554. Un inventaire du 20 septembre 1553 décrit le bijou comme « un grand pendounte acheté des ffowlkers en fflaunders ayant trois ballaces lardge serties sans foyle, une lardge pointue diamounte et iiij lardge perles, dont une est pendaunte », indiquant peu ou pas de modifications depuis sa première possession par Jean sans Peur.
Élisabeth Ire et Jacques Ier : Le Joyau à la Couronne
Après la mort d'Édouard VI, Marie accéda au trône et hérita de la majeure partie des bijoux de son père, y compris les Trois Frères. Le joyau réapparut sous le règne de sa successeure, Élisabeth Ire. La reine, consciente de l'importance des démonstrations ostentatoires de richesse, appréciait visiblement ce bijou voyant, orné d'un arrangement triangulaire inhabituel.
Elle le porta dans le cadre de ses joyaux de la couronne à plusieurs reprises et il est clairement visible dans au moins deux portraits d'elle : le « Portrait à l'hermine » (vers 1585) attribué à William Segar, où les Trois Frères pendent à un collier massif, et le « Elizabeth I d'Angleterre tenant un rameau d'olivier » (vers 1587) par un peintre inconnu, où le pendentif est le seul bijou porté contre une robe blanche richement décorée.
À la mort d'Élisabeth Ire en 1603, le joyau passa à son successeur, Jacques Ier. En 1606, les Trois Frères figuraient dans un inventaire des joyaux de la couronne parmi les pièces « à ne jamais aliéner de la Couronne ». Le pendentif était l'un des préférés de Jacques, qui le transforma en bijou de chapeau, comme le montre un portrait de 1605.

Le Mariage Espagnol et la Vente par Henriette-Marie
Vers la fin du règne de Jacques Ier, le bijou fut remonté. En 1623, le fils de Jacques, Charles, fut envoyé en mission secrète en Espagne pour négocier un mariage avec l'infante Maria Anna d'Espagne. Des bijoux somptueux devaient être apportés pour impressionner Philippe III d'Espagne. Le joaillier de la Couronne, George Heriot, travailla intensivement pour remonter les bijoux choisis, retirant notamment le grand diamant pointu du bijou appelé les Frères.
Le mariage espagnol n'ayant pas eu lieu, Jacques Ier mourut en mars 1625. Le nouveau roi Charles Ier épousa la princesse française Henriette-Marie. En proie à des difficultés financières et des conflits constants avec le Parlement, Charles Ier avait déjà mis en gage les Trois Frères aux Pays-Bas en 1626, ne les rachetant qu'en 1639.
Lorsque la monarchie se retrouva en difficulté financière au milieu des années 1640, Charles envoya Henriette-Marie sur le continent pour vendre des joyaux de la couronne. Arrivée à La Haye en mars 1642, elle constata que les acheteurs potentiels hésitaient à acquérir des pièces importantes comme les Trois Frères. À la fin de son voyage en 1643, la trace du joyau se perd. Il n'y a aucune preuve de sa vente ou de sa mise en gage aux Pays-Bas.
Certains chercheurs postulent que les Trois Frères sont revenus avec elle en Angleterre, où le pays sombrait dans la première guerre civile anglaise. Henriette-Marie s'enfuit à Paris en 1644, où elle tenta à nouveau de lever des fonds. Au début de 1645, elle réussit à vendre un bijou sans nom pour 104 000 florins. La description de cette pièce correspond étroitement à celle des Trois Frères, bien qu'il n'y ait aucune preuve définitive qu'il s'agisse du même article.
Il est suggéré que le bijou a pu être brisé, acheté par le cardinal Mazarin, ou vendu à un acheteur anonyme. La spéculation selon laquelle le pendentif aurait été modifié pour créer un bijou appelé les Trois Sœurs reste infondée faute de preuves tangibles.