Introduction à l'orfèvrerie et à ses marques
L'orfèvrerie, depuis le XVIIIe siècle, se distingue par l'utilisation de métaux précieux comme l'or et l'argent. Pour garantir la qualité et l'authenticité des pièces, un système de poinçons a été mis en place par l'État français. Ces marques, apposées sur les ouvrages, indiquent la pureté du métal et l'identité du fabricant.
Les poinçons d'État et de garantie
Les ouvrages en or et en argent sont généralement marqués de deux poinçons : le poinçon d'État, ou de Garantie, et le poinçon de fabricant. Ces poinçons ont évolué au fil du temps. Depuis 1838, le poinçon de Garantie de l'argent est une tête de Minerve, tandis que depuis 1919, le poinçon de Garantie de l'or est une tête d'aigle.
Le troisième titre garantit un alliage à 750 millièmes pour l'or, soit 75% d'or pur. Pour le vermeil, le poinçon de fabricant est accompagné de la lettre "v".
Le poinçon de fabricant
Chaque orfèvre possède son propre poinçon, unique et reconnaissable. Il est généralement encadré d'un losange et comprend les initiales de l'orfèvre ainsi qu'un symbole qu'il a choisi. Le premier poinçon de fabricant de la Maison Christofle, enregistré à la Garantie de Paris en 1832, se compose d'une baïonnette de fusil et des lettres "CC".
Christofle et ses poinçons emblématiques
La Maison Christofle a une histoire riche en matière de poinçons. Le poinçon à la balance a été utilisé par la Maison Christofle de 1844 à 1935. Au cours de son existence, pour identifier des collections spécifiques, Christofle a employé d'autres poinçons, tels que le coq pour la collection Gallia et la tête de chat pour les pièces réargentées ou redorées.
Depuis 1983, la Haute Orfèvrerie est marquée par le "poinçon millesimé", propre à la Maison Christofle. Ce poinçon se présente sous la forme d'un losange contenant la lettre "A" pour le XIXe siècle, "B" pour le XXe siècle et "C" pour le XXIe siècle. Les chiffres entourant la lettre indiquent la décennie. Aujourd'hui encore, la Maison Christofle continue de marquer l'univers de l'orfèvrerie par son savoir-faire et ses pièces uniques.
Les métaux argentés et leurs marquages
En France, les poinçons dits de qualité, normalisés depuis 1983, concernent les ouvrages en métal argenté et doré. Ils garantissent l'épaisseur du métal précieux déposée sur l'alliage. Le poinçon de qualité est de forme carrée et indique la qualité en chiffres romains : I ou II.
Objets et descriptions
Le document présente une variété d'objets en métaux précieux et argentés, accompagnés de leurs descriptions, dimensions et poids :
- Un mousqueton à percussion modèle 1829, avec son canon rond et sa queue de culasse marquée.
- Une aiguière en cristal taillé avec des éléments en argent ciselé de feuillages et vagues. Le poinçon de l'orfèvre est effacé.
- Un silex et coffre en bronze, signé "St Etienne" avec un poinçon au "L" couronné. Le couvre-bassinet est poinçonné "B". Le canon est lisse, rond, puis à pans latéraux vers le tonnerre, daté "81" avec des poinçons usés. Le pontet et la calotte sont en laiton.
- Une platine à silex à corps plat, signée "M[anufactu]re R[oya]le de Châtellerault", modifiée à percussion sur capsule. Le canon est rond, daté 1837, marqué "MR" et poinçonné. Le fût et la crosse en noyer sont marqués "TULLE" (x2) avec le cachet de la manufacture, daté "Août 1837" et poinçonné.
- Un coquetier de forme "diabolo" et sa cuillère, partiellement dorée, à décor rocaille, de cartouches et de fleurs, portant l'inscription "Eugénie". Poinçon Minerve.
- Un rond de serviette de forme ovale, portant les initiales "PH". Poinçon Minerve.
- Une paire de candélabres en argent, les bouquets à six bras de lumière et feu central, décor de volutes et feuillage, style Louis XV. Restaurations et poinçon Minerve.
- Un étui à cigarettes en argent (84 zolotniks / 875 / min. 800) entièrement ciselé de motifs géométriques et niellé, au couvercle centré d'un médaillon orné d'une troïka avec trois personnages.
- Un couvert de table en argent (950), décor de rinceaux fleuris.
- Un couteau de service, manche en nacre, lame en acier. Poinçons Minerve et d'orfèvre : JAMET.
- Une jatte circulaire chantournée en argent à bords filet et godrons, et à cinq agrafes. Poinçon de Maître orfèvre incomplet. Province, XVIIIème siècle.
- Une paire de petits plats dormants, creux, quadrilobés, au bord souligné de filets et à l'ailée gravée de réserve et de guirlandes de laurier et palmettes. Poinçon Minerve.
- Six cuillères à café avec cuillerons en vermeil (950).
- Une cuillère saupoudreuse en vermeil (925) à décor de cornes d'abondances.
- Quatre cuillères à café, modèle filets. Poinçons Ancien Régime.
- Quatre cuillères à moka en argent doré (950), modèle filets.
- Une louche uniplat, marquée X. Paris, 1797-1809.
- Un passe-thé en argent (800) tripode.
- Un objet en argent (950) au col souligné de filets.
- Un objet en métal argenté au col souligné de filets.
- Une cafetière en balustre à fond plat en métal argenté.
- Un grand plat ovale en métal argenté à bords contours et moulures de filets.
- Trois étuis en argent (min. 800) : un en forme de pingouin, un en forme de poisson articulé.
- Une miniature en argent (min. 800).

Dimensions et poids
Les dimensions et poids varient considérablement selon les objets :
- Canon : 19 cm (longueur), 103 cm (longueur).
- Total : 33.5 cm (longueur).
- Poids : 667 g, 372 g, 16.3 g (brut), 68 g (net total), 62 g, 53 g, 782 g (net), 128 g, 61 g, 58 g, 141 g (brut), 22 g (net), 156 g (net total), 2.179 g (total), 280 g et 401 g (net), 426 g, 77 g, 240 g, 243 g, 109 g (total net), 24 g (brut), 27 g (brut), 555 g, 136 g, 12.8 cm (H.), 127 g, 564 g, 34.8 x 24.5 cm, 71 g, 5.5 cm (H.), 5.2 cm (H.), 3.7 g, 2.3 cm (Diam.), 255 g (brut total), 97 g (net), 31 g (net), 77 g (brut), 52.4 g, 19 g (brut), 6 cm (H.), 3.3 g (brut), 2.3 cm (H.).
- Diamètre : 30 cm, 25 cm, 23 cm, 25.5 cm.
- Dimensions : 20 cm, 19.3 cm, 36.5 cm, 35.2 cm, 15.5 cm, 34.8 x 24.5 cm.
Références bibliographiques
Le texte mentionne plusieurs références bibliographiques qui peuvent éclairer sur le contexte de certains objets ou sur l'histoire de l'orfèvrerie :
- Gérôme, Jean-Léon, Collectionneur (cf. Juvin, Carine, « Civilian Elite and Metalwork: A View from the Edge », Mamluk Studies, 24, 2021, 285-317, p. 292 n.
- Wiet, Gaston (dir.), Catalogue général du musée arabe du Caire : objets en cuivre, [Musée arabe du Caire], Le Caire, Imprimerie de l'Institut français d'archéologie orientale (IFAO), 1932, p.
- Dimand, Maurice S, « Unpublished Metalwork of the Rasulid Sultans of Yemen », Metropolitan Museum Studies, Vol. 3, n° 2, 1931, p.
- Ahlenstiel-Engel, Elisabeth, Arabische Kunst, Breslau, Hirt, 1923, p. 83, fig.
- Casanova, Paul (dir.), 2e exposition de peintres orientalistes français. Galeries Durand-Ruel... Du 26 février au 16 mars 1895 , cat. exp. (Paris, Galerie Durand-Ruel, 1895), Paris, A. Lahure, 1895, p.
- Art of the Islamic and Indian Worlds, [Vente Christie's London, Londres, 08/10/2015], p.