Van Cleef & Arpels : Une Histoire de Haute Joaillerie et d'Innovation

Publié par l’Atelier EXB, ce catalogue de 678 pages est destiné à établir une nouvelle norme dans la documentation de l’histoire de la haute joaillerie, grâce à son approche scientifique et érudite. « La collection patrimoniale constitue un ensemble unique », déclare Alexandrine Maviel Sonet, Directrice Patrimoine et Expositions de Van Cleef & Arpels. « Représentative des arts joailliers et des principaux mouvements artistiques du 20ème siècle, elle témoigne de la cohérence créative dont la maison a fait preuve depuis sa création. Fruit d’une approche scientifique initiée par le département Patrimoine, ce livre présente la collection d’une manière inédite. »

Émilie Bérard, Directrice de la collection Van Cleef & Arpels, explique : « Il était essentiel que des pièces de la collection patrimoniale ponctuent le catalogue et déterminent les chapitres. »

Couverture du catalogue de Van Cleef & Arpels

L'Évolution Stylistique de Van Cleef & Arpels

Le Boom Créatif (1906-1925)

Le premier chapitre transporte les lecteurs dans les premières années de Van Cleef & Arpels, à compter de 1906 à Paris, avec sa création par Alfred Van Cleef et les frères de son épouse Esther Arpels, Charles et Julien. La maison Van Cleef & Arpels est née de l’association d’Alfred Van Cleef avec son oncle Salomon Arpels en 1896. À la mort de Salomon Arpels en 1906, Alfred Van Cleef s’associe avec Jules Arpels, le frère d’Esther. Ils ouvrent alors leur première boutique au 22 Place Vendôme à Paris. Cette boutique est l’une des premières joailleries à s’installer sur cette place, aujourd'hui connue pour rassembler les plus importantes maisons de joaillerie du monde avec lesquelles nous travaillons.

Une Identité Unique (1926-1937)

Le chapitre 2 met en lumière les années frénétiques et les transformations qui ont suivi l’exposition de 1925. Ce chapitre résume le cheminement de la maison vers l’établissement d’un style caractéristique et reconnaissable, culminant à l’Exposition internationale des arts et des techniques appliqués à la vie moderne en 1937. Courant artistique né en réaction à l’Art nouveau, l’Art déco s’impose dans toutes les pratiques des arts appliqués et visuels, du début du XXe siècle à la Seconde Guerre mondiale. De nombreuses mutations ponctuent cette longévité, qui contribueront à l’hétérogénéité du style 1925. Face aux complexes enchevêtrements des lignes « coup de fouet » du style 1900, est opposée, au début des années 1910, une esthétique d’une « simplicité volontaire [et] d’une symétrie manifeste ». La « beauté de la matière », la « justesse des proportions » et les « franches oppositions de couleurs » sont réhabilitées. Les évolutions sociales et technologiques de l’entre-deux-guerres -⁠ démocratisation de la pratique sportive, généralisation de l’usage de multiples transports, relative émancipation féminine ⁠- conditionnent l’évolution de la silhouette et donc de la parure. Les balbutiements de ce nouveau style dans les arts joailliers apparaissent dès les premières années du XXe siècle. Ce premier témoignage de l’adhésion de Van Cleef & Arpels à l’esthétique Art déco coïncide avec l’arrivée d’Émile Puissant qui, dès 1918, confère une nouvelle impulsion stylistique et commerciale à la Maison. Par leur richesse créative, les productions de Van Cleef & Arpels, entre 1919 et le début des années 1930, sont représentatives des évolutions et de la pluralité du courant Art déco.

L'Héritage du XVIIIe Siècle et l'Influence Orientale

Les premières manifestations de l’Art déco, dans les années 1910, témoignent d’une esthétique nettement traditionaliste. Afin de renouveler les arts décoratifs français, les créateurs puisent dans le répertoire stylistique de l’Ancien Régime, regardant notamment vers le style Louis XVI. Ils empruntent ainsi aux XVIIe et XVIIIe siècles des motifs naturalistes « groupés en […] corbeille ou tressés en […] guirlande », mais dans une stylisation plus ou moins affirmée. Ces réminiscences se retrouvent dans l’œuvre de Van Cleef & Arpels à l’aube des années 1920. La référence à « la tradition française » cohabite néanmoins avec un intérêt pour les arts extra-européens favorisé par l’accroissement des échanges internationaux. Alors que l’Art déco connaît ses premiers développements au début des années 1910, la scène artistique parisienne assiste aux premières représentations des Ballets russes. Leur riche répertoire iconographique s’étend de l’Égypte ptolémaïque à la Perse onirique des contes des Mille et Une nuits, en passant par « l’Inde fabuleuse » du Dieu Bleu. Ces visions théâtrales suscitent une forte fascination pour un ailleurs pluriel et généralisé ; attrait qui transparaît largement également dans le domaine des arts appliqués. Les créateurs de mode reprennent eux aussi dans leur vestiaire l’éclectisme géographique et culturel ambiant. Cet Orient, indistinct et vaste, comprend aussi bien l’Égypte, l’Inde, la Chine et le Japon. Il apparaît dans la production de Van Cleef & Arpels dès l’extrême fin des années 1910 avec les premières broches agrafes à têtes lotiformes et papyriformes. Dès lors, la Maison entend conjuguer à la joaillerie traditionnelle occidentale des formes, matériaux et iconographies orientales. Les inrō (petites boîtes originaires du Japon portées par les hommes) inspirent de nouvelles typologies de nécessaires de dame au début des années 1920. Puis peu à peu, ces nécessaires sont incrustés de décors figuratifs en laque ou de pierres ornementales sculptées. L’intérêt pour les arts asiatiques et africains favorise la riche diversité matérielle qui caractérise les arts décoratifs des années 1920, notamment dans les arts joailliers. Les dessinateurs et les artisans œuvrant pour la Maison « étudient comment l’Asie emploie des jades, des coraux, des émaux, des perles afin d’obtenir des effets de couleurs particuliers ». Lorsque les contraintes induites par l’échelle du bijou proscrivent l’utilisation de ces matières, celles-ci sont imitées au moyen d’émaux colorés. Les arts de ces horizons lointains offrent également un vaste répertoire figuratif. « Les ornements magnifiques […] [des] bronzes archaïques de Chine » sont adaptés sur des étuis à cigarettes et des nécessaires « pour en tirer des effets d’une puissante simplicité ». La multiplicité des sources iconographiques inspire des bijoux aux typologies variées - sautoirs, broches, montres châtelaines, bracelets - mais dans lesquels on retrouve une facture commune. Ceux-ci « reproduisent en pierres de couleur, [rubis, émeraudes et saphirs suiffés] sur un fond de brillants, des personnages […] [et] motifs […] empruntés à […] [des bas-reliefs] égyptiens », à l’orfèvrerie indienne ou aux estampes japonaises.

Broche Art Déco inspirée de motifs égyptiens

Le « Style Cubiste » et l'Abstraction Géométrique

Parallèlement à cette iconographie figurative se développe un vocabulaire décoratif purement abstrait, composé de formes géométriques simples inspirées du cubisme. Les liens entre cette seconde esthétique de l’Art déco et les avant-gardes du début du siècle s’observent dès les années 1910. Ils se cristallisent sous la forme d’une réalisation collective, la Maison cubiste, qui témoigne des relations entretenues entre les acteurs de différentes pratiques artistiques. Présentée au Salon d’Automne de 1912, cette œuvre offre une version cubiste de l’architecture et du design. Dès lors - et bien que l’intérieur de la Maison cubiste imaginé par André Mare soit encore empreint d’une certaine tradition mobilière -, les compositions angulaires et géométriques du cubisme trouvent un écho dans la stylisation et le dépouillement ornemental des arts décoratifs des années 1920. Celles-ci sont rehaussées par des « couleurs franches, heureusement harmonisées ». Van Cleef & Arpels déploie de préférence ces motifs sur la longueur de « bracelets souples et larges », devenus « le bijou à la mode » de cette décennie. L’enchevêtrement angulaire de lignes droites est rendu possible grâce à la grande variété de tailles des pierres : le brillant, de forme ronde, est associé à la taille baguette, de forme rectangulaire. Le serti calibré fait adopter aux gemmes des contours géométriques. Les jeux sur les oppositions de formes peuvent être soulignés par des contrastes chromatiques : des pierres d’une même couleur - saphirs, rubis ou émeraudes - dessinent un décor sur un pavage de diamants. Ce jeu de contrastes colorés se retrouve également sur des bracelets bandeaux au dessin plus traditionnel. De fait, le nouveau style géométrique, loin de remplacer les décors néoclassiques, coexiste avec des styles plus anciens. Cela se perçoit particulièrement dans l’ensemble pensé par Van Cleef & Arpels pour l’Exposition internationale des arts décoratifs de 1925. Les réalisations de la Maison se distinguent alors par des surfaces empierrées d’une plus grande ampleur, au service d’une opulence joaillière. Tout en conservant la « logique rigoureuse » développée dans la première moitié des années 1920, ces pièces offrent une « richesse de composition » jusqu’alors inédite dans la Maison. « Le goût de la pierre pour elle-même est plus marqué » et en conséquence, « elle est employée avec moins d’encadrement ». Sont ainsi privilégiées les gemmes cabochons en serti clos et les poires en pendeloque, afin de rendre la monture la moins visible possible. Par leur volume, les pierres confèrent aux bijoux de la fin des années 1920 une nouvelle tridimensionnalité, bien qu’encore timide. L’une des innovations majeures apportées par Van Cleef & Arpels, en cette fin des années 1920, est un renouvellement des formes joaillières induisant une ingénieuse diversité dans le port du bijou. Les bracelets se boutonnent, par exemple, en brassard sur le haut du bras grâce à un cabochon d’émeraude, tandis que le sautoir, privilégié au début de la décennie, laisse place, à partir de 1928, à la « tendance de raccourcir les colliers ».

Bracelet Art Déco aux motifs géométriques et pierres colorées

De Paris à New York (1938-1953)

Le dernier chapitre explore l’essor de Van Cleef & Arpels outre-Atlantique. La famille Arpels émigre aux États-Unis lors de la Seconde Guerre mondiale et s’inspire de la culture américaine. C'est à Miami que Van Cleef & Arpels a levé le voile sur son nouvel opus de haute joaillerie. Le choix de la ville peut surprendre mais son architecture, ses couleurs exotiques, le temps clément qui y règne et la proximité de l'océan sont les éléments du décor parfait pour présenter la collection baptisée L’Île au trésor. Inspirés du célèbre roman d’aventures éponyme de Robert Louis Stevenson, paru en 1883, les joyaux évoquent des coffres à bijoux, les voyages au long cours, les teintes solaires des Caraïbes, des voiles de bateaux en diamants gonflées par le vent et la vie de des pirates qui voguaient sur les mers tropicales.

Van Cleef & Arpels : le secret magique derrière les bijoux les plus mystérieux 💎

L'Innovation au Cœur de la Création

Van Cleef & Arpels se caractérise par son ingéniosité technique et son goût pour les pièces transformables. En témoignent les créations telles que le collier Passe-Partout en 1938 ou le collier Zip en 1950. Dans les années 1930, la maison crée la Minaudière : alors que Charles Arpels voit une de ses amies jeter un rouge à lèvres, un poudrier, des cigarettes et un briquet dans une boite à cigarettes, il imagine une boite précieuse dotée de compartiments dans laquelle la femme peut ranger tous ses objets indispensables. Van Cleef & Arpels a renouvelé son expertise des pierres précieuses et a gagné une reconnaissance pour la procédure du sertissage connu comme le Serti Mystérieux dont la technique a été brevetée en 1933. Cette technique consiste au sertissage de pierres sans aucune griffe de métal apparente et nécessite un précis savoir faire. En 1938, la société dépose un brevet pour son collier Passe-Partout, dont l’avantage premier est de permettre à la femme d’adapter ses bijoux à ses tenues et envies. L’innovation de ce collier réside dans le système de rails métalliques permettant de glisser une chaine flexible (Tubogaz) et de régler ainsi la longueur du collier grâce à deux clips qui ont la forme de fleurs et qui peuvent également être portés aux oreilles. Cette même année, c’est l’idée du collier Zip qui émerge probablement à la suggestion de la duchesse de Windsor mais celui-ci ne verra le jour qu’en 1950.

Exemple de collier Passe-Partout de Van Cleef & Arpels

L'Amour, la Danse, les Voyages : Sources d'Inspiration

L'amour est au cœur de la fondation même de la maison grâce à l’union d’Alfred Van Cleef et d’Estelle Arpels. Louis Arpels était passionné par la danse et c’est sous son impulsion qu’ont été créés à New York dans les années 1940 de nombreux modèles illustrant des ballerines et des fées. Cette passion de la danse a également été reprise par Claude Arpels qui a fait la connaissance de George Balanchine, chorégraphe et cofondateur du New-York City Ballet. De cette rencontre est né le ballet Jewels en 1967. Les créations de la maison sont fortement inspirées des nombreux voyages réalisés par les têtes pensantes de la Maison. Ainsi, certains bijoux sont inspirés de l’Inde à la suite des voyages de Claude et Pierre Arpels qui s’y rendaient pour y chercher des pierres précieuses.

Clientèle d'Exception et Reconnaissance Royale

La maison a su séduire une clientèle prestigieuse, témoignant de son statut exceptionnel dans le monde de la haute joaillerie. Le prince Rainier de Monaco passa commande à Van Cleef & Arpels en 1955 d'une parure qu'il offrit à sa future femme, Grace Kelly, en cadeau de mariage. La Maison devint par la suite le fournisseur officiel de la principauté de Monaco. Barbara Hutton, socialite des années 1930, était passionnée par la joaillerie. L'impératrice Farah d'Iran, dont Van Cleef & Arpels créa la couronne et un collier d’émeraudes pour son couronnement ainsi que les parures des sœurs de l’empereur. La cantatrice Maria Callas était une admiratrice de bijoux et une cliente régulière. La cantatrice Ganna Walska était propriétaire d’un diamant jaune de 96 carats dans les années 1930. La princesse Salimah Aga Khan, passionnée par la joaillerie, collectionnait les bijoux notamment une parure créée par la Maison comprenant un collier transformable en deux bracelets et un pendentif détachable.

Couronne de l'Impératrice Farah Pahlavi

L'Art de la Haute Joaillerie : Une Expérience Immersive

Au-delà de son riche contenu, le catalogue raisonné est un chef-d’œuvre visuel. Chaque pièce est photographiée avec soin, afin d’assurer une image de qualité optimale et une présentation harmonieuse. Plus qu’un simple catalogue, c’est une célébration de l’héritage de la maison et un témoignage de son influence durable dans le monde de la haute joaillerie et de l’horlogerie, une passerelle entre un illustre passé et un avenir prometteur. Van Cleef & Arpels insuffle légèreté et mouvement à chacune de ses créations, à travers des jeux de volume et de relief. Depuis son origine, la Maison s’attache à mettre en valeur la beauté des pierres. Pour Van Cleef & Arpels, la recherche d’émotion est au cœur du processus créatif. Le choix des matières, tout comme l’esthétique des pièces concourent à enchanter le regard.

Présentation d'une pièce de haute joaillerie Van Cleef & Arpels

Le Savoir-Faire Van Cleef & Arpels : Excellence et Valeur

Van Cleef & Arpels, avec son héritage riche et ses créations intemporelles, occupe une position enviable dans le monde du luxe. Ce n’est pas simplement une question de chiffres, mais plutôt de l’impact émotionnel que chaque pièce suscite chez vous. Tenir entre vos mains un "nécessaire", ces petits trésors qui incarnent l’élégance parisienne des années vingt, vous transporte dans une époque où chaque détail comptait. La maison a su se démarquer par sa capacité à transformer chaque création en une œuvre d’art vivante. Prenez, par exemple, les collections emblématiques telles qu'Alhambra ou Perlée. Chaque ligne raconte une histoire unique, capturant l’essence même de la beauté intemporelle. L'impact des certifications obtenues par Van Cleef & Arpels renforce également sa réputation d’excellence. Ces labels sont un gage de qualité qui rassure et attire les connaisseurs en quête de pièces authentiques et impeccables. La rareté est synonyme de désirabilité, Van Cleef & Arpels continue d’enchanter et de captiver par son approche unique du luxe.

Le logo de Van Cleef & Arpels incarne une symphonie visuelle d’élégance et de raffinement, exprimant à lui seul l’âme intemporelle de la maison. À travers ses lignes épurées et son design subtil, il évoque une histoire riche en tradition et en innovation. La symbolique du logo repose sur des éléments qui capturent l’essence même de la marque. Les formes géométriques délicatement entrelacées rappellent les motifs floraux emblématiques des collections, tels que "Alhambra" ou "Flora", où chaque détail est minutieusement pensé pour raconter une histoire unique. L’évolution du logo témoigne d’une capacité remarquable à s’adapter tout en préservant son héritage. Au fil des décennies, il a su intégrer des touches contemporaines sans jamais perdre son essence originelle. Cette transformation subtile reflète non seulement l’évolution stylistique mais aussi la volonté de rester pertinent dans un monde en perpétuel mouvement.

Les labels et certifications ne sont pas de simples distinctions dans le secteur du luxe. Ils incarnent une promesse de qualité, d'authenticité et d'excellence. La maison a su s'entourer des plus prestigieuses certifications qui témoignent de son savoir-faire unique. Parmi elles, le label "Joaillerie de France" se distingue par sa rigueur. Il certifie que chaque pièce est fabriquée en France selon des critères stricts, garantissant ainsi une origine irréprochable. Pour vous, amateur éclairé ou collectionneur passionné, ces labels sont bien plus que des symboles ; ils sont la garantie que chaque bijou Van Cleef & Arpels est conçu avec un respect profond pour les traditions joaillières tout en intégrant les avancées modernes.

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